Archives mensuelles : juillet 2016

Ombre et Lumière

On lit souvent dans le milieu païen, voire même dans des articles de psychologie, que nous avons tous une part d’ombre et de lumière. Nous sommes des êtres humains, donc des êtres imparfaits. Il est donc inutile de se culpabiliser inutilement de ne pas être la personne demandée par la société.

Ceci dit, selon la société,  il faudrait être gentil(le) tout en ouvrant sa bouche, tout en respectant autrui, tout en n’hésitant pas à mal agir si c’est pour se protéger, mais sans pour autant choquer le politiquement correct … Argh ! Incorporer vos croyances païennes dans la recette et vous êtes bon pour l’asile.

Pour en revenir au sujet païen, certaines personnes ont l’air de s’en contreficher pas mal, car pour eux c’est du domaine de développement personnel et ils n’en voient pas là l’utilité. D’autres au contraire   » adorent  » explorer leurs côtés obscurs pour montrer qu’ils n’ont pas peur de qui ils sont eux et, que de toute façon, même les Dieux ont une part sombre d’abord ! Entre ces deux gros clichés qui comptent un certain nombre de partisans, nous avons la majorité des païens dans tout ce qu’il y a de nuances, de ressentis, de différences de compréhensions et d’interprétations. Ce que j’apprécie, c’est qu’on les entend de plus en plus s’exprimer.

Personnellement, j’ai longtemps culpabiliser de ne pas être celle qu’on me demandait d’être. Finalement, c’est le jour où tu annonces  » c’est comme ça que je suis, que  tant que je ne te manque pas de respect TU n’as rien à me dire et que tant tu ne me manques pas de respect, JE n’ai rien à te dire « , que les choses changent. Les personnes si sûres d’elles-même sur comment vous deviez être deviennent muettes et vous montrent qu’elles ne savent même pas qui elles sont elles-mêmes.

Lorsque j’ai débuté dans le paganisme avec les cours de Morgane Lafey, il y avait un long et fastidieux travail pour apprendre à nous connaître dans nos aspects positifs et nos aspects négatifs. Elle partait du principe que nos croyances ne durent pas que le temps d’une cérémonie. Au contraire, elles sont  un mode de vie, une manière de concevoir notre existence et qu’au-delà des belles paroles, il fallait agir et les vivre.  J’avais adoré ! Point d’hypocrisies et de faux-semblants !

Donc, ce fut une lente, longue et douloureuse remise en question avec mise en application du célèbre  » Connais-toi toi-même « . A l’époque, je me disais que je n’y arriverai jamais. Petit bilan quelques années plus tard, j’en ai bavé, mais j’ai bien avancé. Alors je me suis dit, que même si c’est le travail d’une vie, je pouvais un peu lâcher du lest.  BAM ! Si toi, tu oublies, la Vie, les Dieux ne l’oublient pas et ne te ratent pas. Je me suis relâchée, je me suis faite avoir et j’ai mal agi .

Tes erreurs, tu les payes, tu les assumes. Tes expériences, tu les apprends et tu avances. On éjecte la personne malintentionnée, on garde les véritables ami(e)s . Et retour à la case départ.

Mais est-ce que mes défauts, les mauvais aspects de ma personnalité, mes erreurs sont ma part d’Ombre ?

Petite révélation du soir, bonsoir. Et bien non. C’est pas bien joli, je ne les affiche pas au grand jour, c’est dans l’ombre. Mais ce n’est pas mon Ombre

Tous les ans, après Lugnasadh, tous les petits cailloux d’indices que j’ai croisé sans rien comprendre m’arrivent tous d’un coup en pleine figure. Cette année, il faut croire que j’ai pris de l’avance. Pour la première fois, j’ai vraiment rencontré mon Ombre. Ce n’est pas faute de l’avoir souvent côtoyé. Je viens de comprendre qu’à chaque fois que je pensais l’aborder, je ne faisais que lui imposer le filtre de  » c’est pas bien de faire ça, penser ça, etc  » et que ça m’en éloignait. Mon Ombre n’est rien de tout ça.

Mon Ombre me terrifie. Car je suis arrivée au point de non retour où je ne peux plus l’esquiver et que je suis obligée de la traverser. Mais la franchir signifie pour moi  » mourir « . Certains diront plutôt « mûrir ».

Je suis assise au bord de la falaise et je ne sais pas si je dois descendre en rappel, au risque de m’écorcher ou plonger dans le tréfonds de l’eau glacée, au risque de suffoquer.  Mon Ombre est une partie souterraine de mon moi intérieur dont je ne soupçonnais pas l’existence et encore moins la force.  Je vais être hachée menue, réduite à néant, pour mieux renaître la même et toute différente. Bilan dans un an.

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La légende de Bagger Vance

C’est le titre d’un film réalisé par Robert Redford. Ce qui pour moi est un gage de qualité. Sans parler des bons acteurs qui s’y trouvent.

Pour résumer, cela se passe pendant la crise de 1929. Les habitants d’une petite ville vivotent comme ils peuvent.  Une femme décide d’inaugurer le terrain de golf, crée juste avant la crise par son père (qui s’est suicidé depuis), par une compétition réunissant les deux grands joueurs de golf du moment et leur champion local.  Manque de chance, leur champion Junuh (prononcé Juna) est revenu traumatisé par la Première Guerre Mondiale.

C’est l’histoire d’une ville qui retrouve espoir et union en vibrant pour un sport qu’ils vénèrent. C’est l’histoire d’un homme qui sort de son obscurité pour mieux renaître à lui-même. C’est une histoire qui donne une vraie leçon de vie et un vrai message spirituel.

Ce film est l’un de mes préférés. Malgré toutes ces années, il me bouleverse toujours autant. Et encore aujourd’hui, de nouvelles révélations se font à moi.   C’est pour ça que je ne me lasse jamais de le voir ni de le partager.

 

« Vous voyez ce drapeau ? C’est un dragon que vous devez tuer. Si vous regardez les choses sereinement, vous verrez l’endroit où les marais, les saisons et la course de la Terre se retrouvent. Tout ce qui peut exister ne forme plus qu’un.  Cherchez cet endroit maintenant, avec votre âme, Junuh ».

 

Bande originale du film :

Soleil d’été

Sensation

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoter par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baignait ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud

 

J’ai fêté le solstice d’été le lundi 20 juin. Le matin, je me posais au soleil, m’imprégnant de sa force, laissant son feu raviver mon corps et vidant mon esprit pour mieux ressentir l’instant. J’ai remercié Bélénos pour ses bienfaits de force, protection et guérison.

L’après-midi, je retournai sur le lieu où j’ai fêté Beltaine, rendre visite à la Souche.

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J’ai voulu faire quelque chose de simple. Alors, pieds nus dans la mousse humide, à l’écoute du chant des oiseaux et des branches qui grincent, j’ai partagé un simple goûter de jus de pommes bio et de sablés maison. Offrande à la Souche, libation à la Déesse-mère, offrande au Petit Peuple et Esprits de la Nature qui se joindraient à nous.  Tout cela sous l’oeil rayonnant de Bélénos et le souffle apaisant de Taranis. Une méditation et un tirage de carte. Un beau moment de présence dans l’instant et d’énergie bienfaisante de la Nature.