Archives pour la catégorie Lieux sacrés, lieux inspirés

Grands Jeux Romains – 2017 – Nemausus

Cette année, les Grands Jeux Romains avaient pour thème la reine icénienne Boadicea ou Boudicca. L’équivalent féminin de Vercingétorix en Grande Bretagne (pour en savoir plus  => La révolte de Boudicca).

boadicae 2

Je souhaitais vraiment y aller et je n’ai pu être sûre qu’au dernier moment. Un pote a eu des places et nous y voilà.

Je crois que c’est la première fois que j’entrais dans les Arènes de Nîmes. En moi se mêlait la joie béate de la passionnée d’histoire à découvrir ce lieu magnifique et l’excitation enfantine de voir un spectacle de capes et d’épées. Euh pardon ! De cuculles et de glaives !  Du haut des gradins, la vue est magnifique sur ce monument et sur la colline des Jardins de la Fontaine et la Tour de Magne.

Tour Magne

Le spectacle était en deux parties. Lors de la première, nous avons eu droit au défilé de l’empereur Hadrien et de ses armées, de combats de gladiateurs et d’une course de char. Puis nous avons eu l’abordage des plages bretonnes (Grande-Bretagne) par César avec combat contre les Bretons. Et enfin, l’histoire de Boudicca avec l’outrage qui lui a été fait à ses filles et elle,  le non-respect de la parole du procurateur romain,  la rébellion de la reine contre Rome avec 120 000 hommes derrière elle. Avec quelques adaptations.  Dans la réalité, ses filles étaient pré-pubères au moment de ces événements. Ici, nous avons deux jeunes femmes qui nous ont fait de belles cascades équestres. La robe de la Reine qu’on ne voit pas entièrement sur ma photo. Argh !!! C’est du Moyen-Âge ça ! Et la Reine qui invoque Cernunnos et Teutates pour obtenir vengeance, damned ! Nous n’avons aucune preuve de la « présence » de Cernunnos en Grande-Bretagne.

Mon pote n’a pas aimé ce spectacle qu’il a trouvé long, avec moins d’action et de suspense qu’il a pu voir les années précédentes. Moi, sous un ciel magnifique la clarté de Belenos et le souffle de Taranis, même si je dois reconnaître une certaine longueur, j’ai beaucoup aimé 🙂 .

Nîmes est la ville qui possède les monuments romains les mieux conservés du monde : les Arènes (fin du Ier siècle ap JC), la Maison Carrée (début du Ier siècle), la Tour Magne,etc. Elle a d’ailleurs déposé sa candidature pour être reconnue au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Extrait de Les Peuples fondateurs à l’origine de la Gaule de F. Régnier et J-P . Drouin :

« Les Volques Arécomiques :

Peuple originaire de la Bohême et de Moravie, ayant longtemps séjourné au sud de la forêt Hercynienne, en Bavière.  […]

Leur chef-lieu était Namausikabo (inscription gauloise), devenus successivement Colonia-Augusta-Nemansus (au 1er siècle ap  JC, selon Strabon), Nemansum, Nemansus (au 1er siècle ap JC , selon Pline), […], devenu Nîmes depuis 1357.

L’ethnique de cette ville était les Namasates que l’on retrouve dans le nom figurant sur une monnaie gauloise. […]

La ville passa sous l’autorité romaine en 121 avant JC. 

Nîmes, avant de devenir gallo-romaine, était partiellement occupée par une agglomération celto-ibérique ou celto-ligure, qui s’était primitivement établie au pied du Mont Cavalier. Il s’agit de la hauteur surplombant la ville actuelle de Nîmes. La première ville est née vers le VIème siècle avant JC. A la population initiale de souche vraisemblablement ibérique se mêla au IVème siècle un premier apport celtique. Son évolution fut marquée par la création d’une enceinte, à la fin du IVème siècle ou au début du IIIème siècle avant JC.  […]

Un sanctuaire religieux celtique a été aménagé avant la période romaine autour de la source coulant en bas du flanc du Mont Cavalier. Il était consacré à un dieu topique appelé Némansus. C’est donc cette divinité locale qui a donné son nom à la ville .On a également trouvé une inscription consacrant la dévotion d’une petite communauté établie au sein de la colonie gallo-romaine de Nîmes, dédiée à MARS AUGUSTUS LACANUS par les Adgentii. […] »

La Tour Magne, citée plus haut, est une tour romaine qui a recouverte l’ancienne tour gauloise. La source sacrée de Nemausus se trouve aux Jardins de la Fontaine, à proximité du Temple de Diane (qui en réalité serait une bibliothèque). Il est surprenant que plus de 2000 ans après (comme pour la  la source sacrée de Glanum), cette source n’a pas bougé et irrigue encore le cœur de Nîmes. Les rares fois où j’ai pu approcher l’eau, il y avait du monde, car les Jardins sont appréciés. Mais quelle fraîcheur bienvenue lorsqu’il fait chaud !

Personnellement,  il y a deux ans, j’ai lancé deux pièces de monnaie dans l’eau pour faire deux voeux. Je ne me souviens plus lesquels lol. Cepandant, c’est comme si j’avais passé un pacte avec la source et sa divinité.  Je ressens comme un lien invisible. Comme pour Glanum. Il faudra que j’y retourne et que je prenne le temps de me poser, et vérifier tout ça …..

 

Publicités

La Thuile des Fées

Je l’ai découvert dans mon livre Lieux mystérieux en Auvergne (éditions Ouest-France) et cela faisait un moment que je voulais aller la voir. La Thuile des Fées, ou Teoula de las Fadas, ou encore Tombe des Fées, est un dolmen brisé. On ne sait si c’est naturel ou dû à des fouilles clandestines du 19ème siècle. La légende dit « qu’autrefois par une nuit de pleine lune, alors qu’elles filaient la laine, le tonnerre gronda, qu’il y eut des éclairs et que le diable changea les fées en statues de pierre … hormis la reine qui s’échappa ! »

Pour rappel, les mégalithes (menhirs, dolmens) n’ont pas été érigés par les Celtes. Mais bien avant, au Néolithique. Bien que fortement endommagé, ce dolmen est l’un des plus imposant de Haute-Loire. Une de ses dalles aurait servi à la construction d’un moulin voisin.

Cahin-caha, me voici partie pour la commune de Taillac pour trouver ce trésor. Manque de chance, j’ai la capacité phénoménale d’interpréter toutes indications géographiques que l’on me donne. Cela n’a pas raté. Je suis allée au mauvais endroit. Même deux mauvais endroits.

Pourtant la forte pente et le sentier forestier à peine dessiné (plutôt la marque du passage des animaux) auraient dû m’alerter. Têtue, j’ai insisté pour finir par me poser sur la mousse moelleuse, admirée le paysage et me rendre compte que je n’étais pas au bon endroit. Repartons.

Je descend la route et traverse le joli petit village de Taillac.

CIMG6770

Je me retrouve au deuxième endroit possible selon les indications que j’ai comprise (ou pas lol). Ce n’est plus un sentier mais un chemin que j’imagine utilisé par les bûcherons. Entre les grands arbres, la musique joyeuse du ruisseau et le chant des oiseaux, un vrai bonheur ! Mais ça monte ! ça monte ! C’est raide et la non-sportive que je suis souffre / souffle. Je rencontre même un pin qui s’est effondré. Je découvre qu’il est recouvert de guis ! Et je suppose que c’est ce qui l’a affaibli. La raison me dit que ce n’est pas le bon arbre, ni la bonne période pour la cueillette du gui. Mon intuition me dit que c’est une chance et un porte-bonheur 🙂 . J’en cueillerai un rameau sur le chemin du retour.

Je finis de m’écarter du large chemin, une route de terre devrais-je dire, pour m’évader un peu dans les bois. Je suis trop haute pour entendre encore l’eau qui s’écoule. Cependant, les oiseaux sont plus présents. Un vrai enchantement. Et je retrouve ma mousse encore plus moelleuse que la première fois .

CIMG6771

Je n’ai pas marché longtemps.  Mais l’effort m’a épuisée. Le repos ne me semble que plus merveilleux. Le paysage, la forêt m’apaise. Je laisserai une petite offrande de remerciement avant de repartir.

Je retourne à ma voiture. Heureusement qu’on est en avril  et qu’on a changé d’heure, le soleil n’est pas encore couché. Quand même, malgré le bonheur d’avoir marché en forêt et de ne plus sentir aucune tension dans mon corps, je suis déçue. C’est alors que je regarde une autre carte et tout s’illumine !

Le dolmen n’est pas près du village mais bien au-dessus ! Je reprends la voiture !

CIMG6756

Je trouve enfin la bonne route. Je me gare, marche 20 mètres et je suis devant le dolmen.

CIMG6776

CIMG6777

CIMG6793

CIMG6783

A 1 400 mètres d’altitude, la vue est magnifique. Mais à cette heure, le vent s’est levé et je commence à avoir froid. Pourtant, je n’ai pas envie de partir. Le lieu est magnifique et le dolmen m’attire comme un aimant. Une belle énergie se dégage du lieu. La difficulté pour s’y rendre est si facile, que je me moque de moi-même quand je vois à quel point j’ai physiquement souffert. La Thuile, je l’aurais mérité. Mais quel bonheur ! Et oui, je veux bien croire que des fées y résident 🙂 . Une forme de sérénité et de puissante énergie m’habitent. Oubliées les fatigues de la journée.

J’ai ramassé les 3 déchets qui y traînaient (j’étais équipée). J’ai déposée une offrande parfumée, fait une prière, je me suis imprégnée des lieux. J’en ai fait 3 fois le tour, caressé les pierres, mitraillé de photos et je suis repartie à regret. J’avais de la route à faire …. Néanmoins, j’y reviendrai avec plaisir, ainsi qu’explorer le chemin forestier qui part du Dolmen. Il y a bien une randonnée qui part de Taillac. Un circuit de 5 h 30 avec de sacrées montées ! Non, ça va, j’ai déjà donné lol.

Merci pour ce moment parfait. ❤

 

 

Le Val des Nymphes

C’était en novembre 2015. Je partais rejoindre un ami dans la Drôme. Ce furent des jours merveilleux de discussions passionnées sur l’histoire des terres parcourues, de leurs habitants anciens et récents, de réflexions sur nos croyances, d’émerveillement face à la nature ou aux traces du passé, de fous rires et de silences sereins.

Pour le début de notre périple,  il me fit la surprise de m’amener au Val des Nymphes, près de La Garde-Adhémar.

Je découvre le site au creux d’un vallon, au milieu d’une forêt de chênes centenaires. Ce jour-là, malgré la saison, le ciel est d’un bleu limpide et le soleil chauffe agréablement l’air. Un panneau à l’entrée indique que les Nymphes de ce site étaient honorées comme des Déesses-Mères.

L’endroit dégage une atmosphère sereine et reposante. Les arbres magnifiques sont très présents et nous couvrent de leurs ombres.

CIMG5689.JPG

Tout de suite, le regard est attiré vers une petite église. Les chrétiens ne sont jamais loin des anciens lieux sacrés païens (il y aurait eu un culte gallo-romain, voir même plus ancien). Et l’endroit incite à la paix et au recueillement.

CIMG5693.JPG

« Cette chapelle du XIIe siècle constitue un des plus beaux exemples d’art roman provençal inspiré de l’antique. » (extrait de Prieuré du Val des Nymphes sur Wikipédia)

Puis, il y a la source.

Nichée au pied de la paroi calcaire, on peut même observer à côté une pierre dont la forme rappelle une vulve. Un mince filet d’eau s’en écoule.Parfait symbole de la Déesse-Mère féconde . Depuis la source a été creusé un petit canal qui alimente un autre bassin. La source étant un peu à part, car elle est physiquement séparée du reste du site, je me suis demandée si le petit bassin était pour donner accès à l’eau sacrée au simple croyant. Ainsi la source reste pure et préservée. Néanmoins, j’avoue que cette manière de penser est influencer par le fonctionnement que j’ai pu découvrir chez certains druides qui marquent hiérarchiquement l’espace entre les différents degrés de sacerdotes, puis entre les sacerdotes et les croyants.Et je trouverais ça plutôt triste.Ou alors, c’est pour faire des bains de pieds, qui sait 😉

C’est un très bel endroit où je me suis sentie bien accueillie par ses habitants (arbres, nymphes, …). Approche de l’hiver sûrement, son énergie était présente mais semblait passive. Observatrice quand même. Je serai curieuse de voir si son énergie est plus active à la belle saison.  Et j’aurais grand plaisir de nouveau m’y poser et d’en savourer l’équilibre et la douce harmonie.

 

Bodilones

BODILONES, Miđ Cantlos XV MMMDCCCLXXXVIII M.T. – jour – Dernier quartier.

Alors, non je n’ai pas appris de nouvelle langue. D’ailleurs sans les informations nécessaires, j’aurais été dans l’incapacité de vous le traduire.

Il s’agit de la célébration des Bodilones, du mois de Cantlos, le quinzième jour, de l’année 3888 de l’ère de Magos Turatiom.

Les Bodilones sont la dernière  célébration avant le nouvel an celtique (Samonios) pour remercier les Divinités de tous leurs dons et bienfaits. C’est également l’occasion de reconnaître ses erreurs (nul n’est parfait) et de s’en purifier.

Cette célébration et sa date sont tirées du Calendrier de Coligny.

coligny

Calendrier de Coligny reconstitué

« Le calendrier de Coligny, ou « calendrier gaulois », est une grande table de bronze du IIe siècle, trouvée à Coligny (Ain), dont les inscriptions se sont révélées être celles d’un calendrier en langue gauloise » (Wikipédia).

Certaines personnes se sont penchées sur ce calendrier pour en tirer le plus d’information possible. Le druide Auetos y a consacré des années. C’est pourquoi il suit rigoureusement ce calendrier dans sa pratique.  Cette année, les Bodilones ont eu lieu le mardi 25 octobre avant midi (jour) en dernier quartier de lune.L’ère de Magos Turatiom a débuté à la seconde Bataille de la Plaine des Tertres,  lorsque les Tuatha dé Danann ont vaincu les Fomores.  Sincèrement, j’ai lu des extraits de son travail. Et je n’y ai très vite rien compris. C’est un calendrier luni-solaire qui tient compte des lustres (période de 5 ans) avec des mois supplémentaires selon les années et des mois coupés en deux ( une quinzaine claire et une quinzaine sombre) . Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur son forum Druuidiacto où vous trouverez des articles comme celui-ci : L’ère de Magos Turatiom.

Cela fait plusieurs années que je connais virtuellement ce druide. Je peux le dire, je ne m’en suis pas cachée auprès de lui , j’ai eu parfois beaucoup de mal.. Et pourtant, je revenais à chaque fois vers Auetos, car il est un véritable puits de connaissances (respect !). Et quoique j’en dise, nos échanges m’ont énormément enrichie. Oui, parce que c’est bien joli de ne pas être d’accord. Mais pourquoi ? J’étais repartie pour « tourner-méninge » et trouver ma réponse.

Et bien cette année, l’occasion s’est présentée. J’ai eu la joie d’être accueillie  et reçue  en son Teges (Temple, prononcer Téguess) avec un rameau d’olivier en signe de paix. Je précise que c’est une coutume chez lui, pas spécialement pour une colérique comme moi ;-). J’ai eu la joie de le voir ritualiser à sa manière. Ce qui n’a strictement rien à voir avec ce que j’ai vu jusqu’ici. C’est très ritualisé, très carré. J’ai trouvé cette célébration passionnante, même si je ne me sens pas de pratiquer de cette manière. Néanmoins, j’y reviendrai avec un énorme plaisir. J’ai eu le bonheur de voir un homme totalement investi dans son paganisme .

Le lieu où il a construit son Teges est  isolé de la civilisation, mais pas de la vie. J’ai bien ressenti que nous n’y étions pas tout seul. Ce nemeton (sanctuaire) fait parti pour moi de ces lieux sacrés, inspirés, où il est bon de revenir.

cimg6472

Il y eut des moments magiques …..

Les oiseaux se sont tus durant toute la célébration, comme à l’écoute.

Lorsque les offrandes furent déposées dans le feu et qu’il prononça, « Gloire aux Dieux », le vent s’est levé fort dans les branches. Comme il s’est levé à d’autres reprises à des moments bien précis. Les Dieux et Déesses ont été honorées. Je pense sincèrement qu’ils ont apprécié. Moi, qui n’avait pas pu célébrer depuis longtemps avec un druide, ma joie fut réellement grande. Je me sens de nouveau présente dans le temps sacré.

En dehors de la cérémonie, nous nous sommes retrouvés en petit groupe à parler, discuter et partager des éclats de rire.  Que demander de plus ….. 🙂

Le Caylar, mon Pays des Brumes

cimg9741

 

C’est un gros rocher à l’entrée du plateau du Larzac, surmonté d’un calvaire, que l’on voit de l’autoroute. Décrit comme cela, il n’y a pas de quoi rêver .

Et pourtant … En passant à proximité, j’ai toujours senti comme un appel. Je me suis parfois arrêtée sur l’aire de l’autoroute, mais sans jamais prendre le temps de gravir les quelques mètres qui me séparaient du sommet.

Un jour d’hiver, il faisait un soleil magnifique et un Mistral puissant. J’avais décidé de faire une balade dans l’arrière pays. Une fois sur place, je n’étais plus aussi motivée. Le ciel était bas, il bruinait et l’endroit ne me semblait pas accueillant. Soit. Changement de  programme, va pour Le Caylar. Je  pars à l’assaut du plateau par les petites routes. En haut, surprise. Il neige ! Je pénètre un autre monde. Le plateau apparaît devant moi désert. Seuls les quelques flocons lui donnent un semblant de vie. La brume s’invite dans mon équipée.

Le Caylar apparaît au bout du chemin. Je sors la grosse doudoune, car il fait vraiment froid et je commence la petite montée. Des petits panneaux indiquent l’histoire de ce lieu. Une occupation du lieu connu depuis le Moyen-Âge, les dernières fouilles ont permis de retrouver des traces de vie dès la Préhistoire. L’hypothèse d’un oppidum y est même énoncé.

cimg9704

Je suis seule sur le chemin et le brouillard omniprésent me donne le sentiment d’être seule sur Terre. Le froid et le manque d’exercice me coupent les jambes.

cimg9722

La petite église se dessine. Je passe devant et me dirige vers les rochers du sommet. Tout est blanc. La neige, le ciel. L’autoroute a complètement disparu, Je n’entends même pas son écho.

cimg9742

Comment raconter cet instant. Je me suis sentie coupée du temps, coupée du monde profane. Je sentais cette énergie m’envahir et me sentir tout autre. Mes yeux ne savaient où se poser, tant la beauté semblait infinie. Je pris un élément de ce lieu pour m’en rappeler la force et la magie. Je laissais une offrande alimentaire en retour. Pendant une semaine, c’est comme si mes pieds ne touchaient pas terre et que mon esprit était resté là-bas.

cimg9749cimg9733

 

Depuis, j’y suis retournée. L’instant fut plus posé mais toujours aussi fort. Je ne sais quelle(s) entité(s) y habite(nt). Un lieu de plus où retourner pour rencontrer ses habitants. Je n’ai juste pas encore trouvé la méthode 🙂 .

cimg1697cimg1646cimg1644

Glanum, la source sacrée

Tout d’abord, un peu d’histoire …

Glanum est un très beau site archéologique, situé à Saint-Rémy-de-Provence .C’est un vaste oppidum sur la chaîne des Alpilles . De la roche, de la garrigue qui évoquent plus pour moi l’aridité qu’une source bienfaisante. La première fois que je l’ai visité,  au mois de mai 2013, le ciel était couvert. Mais dès que le ciel reparaissait, on se sentait dans un four. Comment des gens pouvaient y vivre dans la canicule de l’été ?

Le site que l’on visite n’est qu’une infime partie de la totalité du site, mais il vaut sacrément le détour .

 

« […] Glanum est né le la présence d’une source permanente, fréquentée dès la préhistoire. A ses abords se fixa à l’âge du fer (VI°-II° siècle av. J-C.) un habitat occupé par des Salyens.
[Le peuple des Salyens est le plus important des peuples gaulois de Provence, à la tête d’une fédération de tribus avec Entremont (près d’Aix)  comme capitale.]

Des poteries, des monnaies jetées en offrande dan le bassin de la source, des stèles de pierre peintes et gravées autour d’elle et d’un antre rocheux qui la surplombe témoignent de la motivation religieuse, dès l’origine, de cette implantation gauloise : un dieu celtique; Glanis, et ses compagnes bienfaisantes, les Mères Glaniques, habitent ces eaux limpides et guériesseuses.  […]

Le caract_re celtique de Glanum est évident. Toutefois, la proximité de Marseille grecque (fondée par les Phocéens en 600 av JC) et un accès aisé à la mer favorisent les contacts entre le delta rhodanien et la civilisation méditerranéenne ; les grandes familles indigènes, aristocratiques et guerrière, se montrent ouvertes aux apports de l’hellénisme. Ainsi naît une culture originale, dite  » gallo-grecque » , dont Glanum est la plus belle expression qui nous soit parvenue . […] « 

La Cité de Glanum fut conquise par les Romains dans la deuxième moitié du II ème siècle av JC.

Sur les divinités qui y ont été honnorées

Glanis et les Mères Glaniques
Bona Dea
Valetudo, une déesse romaine de la santé qui y a un temple et « qui semble réincarner l’une des Mères Glaniques salutaires et secourables de la tradition celtique « .
Mais aussi Appollon, Bélénos, Sucellus (dont les carriers appelaient la protection)
Mercure et la Fortune.
Ainsi qu’Hercule comme gardien de la source et ouvreur de passage dans les défilés rocheux.

Autel dédié  » aux oreilles  » de Bona Dea par la prêtresse Loraia (à gauche).                       Autel dédié  à Glanis et aux Mères Glaniques (à droite).

Mon vécu

La première fois que je me rendis à Glanum, ce fut lors d’une rencontre entre païens. Et j’y fis  l’une de mes plus belle rencontre :-). Les arbres de Judée étaient encore en fleurs et je pris réellement conscience de l’énergie de ce lieu, lorsqu’il me fallut près d’une semaine pour  atterrir.  » D’abord simple bassin dans la roche, elle est aménagée au IIème siècle avant JC en édifice couvert surmonté d’un étage « . Quand je repense à la lumière de ce lieu et que je vois les escaliers qu’il faut descendre pour accéder à la source, je me dis qu’on devait vraiment avoir l’impression de s’enfoncer sous terre, quitter le monde profane pour accéder au monde sacré.  De plus, face à la source se trouve un escalier qui monte vers une grotte. Grotte inaccessible et invisible pour le public. Mais cette association bas/haut, sous et dans la terre a de quoi interpellé. Les rites de guérison devaient être très puissants.

Je suis retournée l’année suivante avec deux amies païennes à la source. Ce jour-là, il faisait plus frais.  On se demandait s’il allait pleuvoir ou non. L’expérience fut complètement différente. Alors que nous nous sommes assises sur les marches face à l’eau, nous avons toutes les trois ressenties un malaise. Je sentais une pression désagréable au niveau du chakra du cœur.  J’avais le sentiment que l’esprit de la source me jaugeait. Comme s’il voulait savoir qui j’étais et qu’il voulait me tester. Sur le moment, nous avons peu échangé avec mes amies, trop surprises. Mais nous avons senti toutes les trois au même moment la pression céder. Nous étions acceptées par l’esprit. Lors de ces deux fois, j’avais envisagé prendre de l’eau de la source t la ramener chez moi. La première fois, le niveau de l’eau était trop bas pour y accéder. La deuxième fois, j’ai compris que c’était une très mauvaise idée.

Comment l’expliquer ….. Sequana, Matrona, etc, sont des noms de Déesses celtes liées à des rivières et fleuves (ici, la Seine et la Marne). Elles sont ces eaux mouvantes, mais elles sont bien plus et ne s’y limitent pas. Ces rivières et ces eaux guérisseuses sont des dons qu’elles nous font.  Pour ce qui est de la source de Glanum, je ressens une entité très localisée. Elle est la source. En ramenant de l’eau chez moi, j’eus soudain le sentiment que je l’amputais et que je n’en tirerais rien de bon. Je me trompe peut-être totalement. Mais je ne prendrais pas le risque. L’une de mes amies païennes a une anecdote au sujet de cette source qui me confirme dans ma pensée.  Cette source peut s’avérer néfaste. Pas dans le sens, d’une source méchante et tout le tralala. Néfaste dans le sens que l’être humain ne peut pas en supporter les effets dans certaines situations. Au point que ça peut le rendre malade. L’entité, l’esprit, le dieu de cette source, je ne sais comment l’appeler, fait son job.  Mais son rôle n’est pas tout le temps de tenir compte du  bien-être de l’être humain. Or, c’est une source réputée guérisseuse dans l’Antiquité. Ces variations apparaissaient-elles déjà dans l’Antiquité ? Ou est-ce une évolution sur le long terme ?

Alors que nous étions encore devant la source, nous primes la décision de rentrer. Soudain, le ciel s’est obscurci, le vent s’est levé et il s’est mis à pleuvoir. Nous nous sommes hâtées et la pluie s’est rapidement arrêtée. J’ai ressenti ce changement de météo comme venant de la source.  Je dirais presque, comme si elle aurait aimé que nous restions un peu plus longtemps. Nous l’avons toutes ressenties comme telle.

L’année dernière, je suis retournée à St-Rémy-de-Provence, toujours avec mes deux amies. Nous ne sommes pas allées voir la source, mais nous avons pique-niqué près d’un point d’eau à proximité.

Depuis plusieurs jours, j’y repense beaucoup. Il est peut-être temps que je fasse mon pèlerinage pour saluer la source.

NB : Les photos de cet article sont des photos personnelles. Toutes les citations en italique sont extraites de Glanum, De l’oppidum salyen à la cité latine, Editions du Patrimoine, Centre des Monuments Nationaux.

Corent, un sanctuaire arverne

Cet été, j’ai eu l’occasion de passer quelques jours au sud de l’Auvergne.

La tentation était trop grande de prendre ma voiture et de remonter vers le nord, pour aller visiter ce lieu que je voulais tellement voir.

Corent est une commune située une vingtaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand. Sur le sommet du plateau, un oppidum gaulois de la période milieu du IIème siècle au milieu du Ier siècle avant Jésus Christ. Vous trouverez plein d’informations intéressantes sur ce site : Luern. Vous pourrez même y visiter une reconstitution en 3D de la ville gauloise 😉

Y aller début septembre m’a permis d’éviter la foule et d’y croiser peu de monde.

Lorsque je suis arrivée à proximité, j’ai bien ri. Il faut traverser le village « Le Pont des Goules » avant d’arriver à Corent. C’est un nom qui ne s’invente pas !  Puis nous montons une bonne pente, traversons Corent, avant d’arriver au plateau du sommet. Normal pour le site d’un oppidum. Mais jusqu’ici les photos que j’avais vu du site ne laisser pas voir ce relief.

A mon arrivée, juste deux personnes au loin. Des nuages qui flânent devant le soleil. Sur ma droite, au loin, on aperçoit le Puy de Dôme. Pour avoir passé des vacances à proximité et être montée à son sommet il y a deux ans, je trouve sa silhouette familière rassurante.

CIMG5546

Devant mois les fameux poteaux rouges qui marquent les dimensions de la place publique et du sanctuaire.

CIMG5552

« Le sanctuaire gaulois (100 – 50 av. J.C.) est une construction monumentale de terre et de bois, d’environ 50 mètres de côté, comprenant une galerie périphérique ouverte et deux petits temples.[…] Dans cet espace se tenaient régulièrement des banquets qui ont engendré de nombreux vestiges. » (Texte extrait d’un panneau d’information du site).

Les quatre poteaux symbolisent l’entrée monumentale.

CIMG5580

CIMG5589

Le cadre magnifique, le calme, le fait d’avoir pris le temps de faire le vide dans ma tête en arrivant, m’ont rendu ce moment très précieux.  Ce lieu sacré que je voulais découvrir depuis quelques années, j’y étais enfin.

Après en avoir fait le tour, je me retrouve seule sur le site. Parfait. Je sors mes offrandes du sac : rouelle en bois maison, un morceau de pain au céréales et des tartelettes aux fraises de la Drôme (petit clin d’œil à un ami cher qui partage mes croyances).  Je m’adresse aux éléments, aux Dieux et Déesses, je salue la mémoire des Arvernes ayant vécu ici, je remercie sous les rayons du soleil. Après un court moment de recueillement, j’entends une portière qui claque et un homme qui appelle son enfant. Je m’empresse de mettre mes offrandes  à l’abri, afin qu’elles ne soient pas dérangées. Il était temps, un couple de personnes âgées vient d’arriver.

CIMG5615

Puis, je me suis assise sur le bord pour prendre  le temps de savourer cet instant. Quel paix. Un pur bonheur. Loin du tourbillon de la ville, des prises de têtes quotidiennes.

Et puis j’ai essayé de m’imaginer le sanctuaire à l’époque gauloise.  La grande place publique était-elle bruyante ? Entendait-on le bruit du bétail les jours de marché ? Le galop des cavaliers qui traversait la place ?

« La fondation du sanctuaire débute par la délimitation de son enceinte. Cette limite symbolique est matérialisée par un profond fossé creusé dans la roche volcanique, dans lequel était implantée une palissade en bois haute de 4 à 6 mètres. Elle s’interrompt à l’Est, pour ménager un dispositif d’entrée orienté en direction du soleil levant et du Puy  Saint-Romain. Cette première enceinte est rapidement remplacée par une galerie monumentale, d’environ 50 mètres de côté, pour 7 à 8 mètres de hauteur. Sa toiture est supportée, à l’extérieur par un puissant mur continu et en façade, par une colonnade de 12 à 13 gros poteaux de bois. » (Panneau d’information du site)

J’ai du mal à imaginer une structure de 7 à 8 mètres de haut ! L’équivalent d’une maison d’un étage. Une fois à l’intérieur, plus de panorama sur le Puy de Dôme donc. Et la hauteur devait masquer le bruit extérieur. L’image est maladroite, mais je ne connais pas d’équivalent. Entrer dans le sanctuaire devait être semblable à l’impression d’entrer dans le silence d’une église. Le ciel ouvert en plus 🙂 . Il semblerait que le sanctuaire était dédié aux divinités protectrice de la cité.  Que ressentait-on lorsqu’on banquetait à l’intérieur en communauté à la gloire de nos Dieux ? Quand on partageait la viande du sacrifice et le vin entre le divin et le clan ? M’y serai-je sentie aussi bien qu’en cet instant où j’apprécie de laisser ma peau à la caresse de vent et de laisser mon regard parcourir l’horizon ?

Quelle pouvait-être la vie quotidienne du (ou des) officiant(s) du sanctuaire ? Quels étaient les rites quotidiens ?  Beaucoup de questions, encore et toujours. 🙂  Dans tous les cas, je reviendrai.