Archives pour la catégorie Voie sacerdotale

Le temps sacré

Je cours toujours après le temps.

Cependant, il m’arrive parfois de laisser le temps au temps…

Il y a des instants, pourtant éphémères, mais si riches, qu’ils semblent rattacher à l’éternité ….

Le temps du rituel est sacré . Néanmoins, est-il si différent de mon temps quotidien ?

Le temps m’interroge, m’intrigue. J’ai souvent le sentiment de tenter d’attraper un temps qui n’est déjà plus. Le temps semble même s’accélérer et la société nous impose des contraintes de temps à respecter. Au point, que simplement me poser pour lire ou admirer la quiétude du paysage me fait culpabiliser. Et pourtant, cela m’est vital pour mon équilibre et donner du sens.

Me connecter aussi, au divin qui m’entoure. Habituée à me presser, il m’est difficile de le réaliser. Les seuls moments, où je le réalise réellement, est lorsque je me promène dans la nature et que je fais de longues pauses contemplatives. Néanmoins, même cela m’est difficile.

Et pourtant …..

« Désireux de rentrer en possession de ses biens, Oengus expulse Elcmar du Brug, sa résidence de la Boyne, par ruse et jeu verbal : il y entre à Samain, en armes alors que c’est un jour de paix entre les hommes d’Irlandes, et menace Elcmar en exigeant la place et la royauté pour « un jour et une nuit ». Mais comme « c’est en jours et en nuits que le monde se passe », la prise de possession est perpétuelle. Le récit se retrouve notamment dans le Livre de Leinster (De Gabail in tSida) mais aux dépens du Dagda qui est expulsé par le même jeu verbal : « La nuit et le jour sont la durée du monde entier ». 
 (Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques de Philippe Jouët,  dans le texte consacrée à Oengus)

Une nuit et un jour, symbole de la vie et de la « perpétuité » du monde. C’est un concept que je ne suis pas encore sûre de comprendre. En même temps, c’est comme si quelque soit la nuit, quelque soit le jour qui le suit, le temps ne variait pas. Comme si tout était gommé,  les saisons, les célébrations à des dates particulières ….

« L’Autre Monde est non seulement « ailleurs », hors de la dimension spatiale de notre monde, il est aussi en dehors de sa dimension temporelle : en dehors du temps, dans une éternité instantanée puisqu’elle n’a pas de durée … De fait, toutes ses évocations le disent habité par des individus inamoviblement jeunes – un des ses noms irlandais est Tir na nOg, « le Pays de ceux qui sont Jeunes » -, car sa non-durée induit que l’on n’y vieillit pas et qu' »on n’y perçoit par le passage du temps ».
(Mythologie du Monde Celte, Claude Sterckx)

Après lecture de cet extrait, je comprends que le texte qui évoque Oengus concernerait uniquement l’Autre Monde. Le Monde où réside les divinités.

J’avais lu que lorsque nous ritualisons, si c’est bien effectué, nous ouvrons une porte vers l’Autre Monde et nous connectons au « temps » et à l’espace des Dieux. Passage du Divin dans notre dimension. Les quelques cérémonies où j’ai pu participer, j’ai en effet pu ressentir énormément de choses. Comme une ouverture … de mon moi intérieur vers l’infini.  Une connexion vers  une (ou des) présence(s).  Le temps, cependant, ne s’est pas arrêté, mais fut d’une grande intensité.   Plutôt qu’un passage vers l’Autre Monde, ce qui voudrait dire que les Dieux sont totalement en dehors de notre dimension, je le vois plus comme la création d’un point de connexion entre nous pour faciliter la communication.

Il y a quelques temps, j’évoquais ces notions de temps sacré avec W. Les différents calendriers connu dans le monde païen. Ceux qui collent à l’année civile ( 2 février = Imbolc, 1er août = Lughnasad, etc…). Mais le calendrier civile  est une vision du temps qui a été remaniée pendant des siècles . C’est un calendrier « actuel  » qui ne colle pas forcément à la conception ancienne des dates et du temps.  J’ai vu le calendrier d’une clairière druidique qui faisait en fonction de la date civile et de la pleine lune la plus proche pour fixer la date de ces célébrations. Je connais un collège druidique dont un des druides a énormément travailler sur le calendrier de Coligny (le seul calendrier fait par des druides de l’Antiquité, connu à ce jour). Quand on s’y penche, c’est passionnant. Néanmoins, on y trouve beaucoup de fêtes pour combler les vides, qui sont inspirées de l’Hindouisme.  Au début, j’y opposais un véto. Ok, il y a des similitudes. Cependant, les Celtes ne sont pas les hindous. Etc. En m’y intéressant un peu plus, au vu des similitudes dans certains mythes, je me suis dit pourquoi pas. Il y a une certaine cohérence dans toutes ces fêtes et font sens. Et certaines me parlent énormément.

J’expliquais également à W, que selon moi, on voulait trop se fixer sur des dates alors que certaines fêtes concernent plus des périodes au final et que je le ressens comme tel.  Comme la renaissance du Soleil. Yule pour les Asatrù.  Les 12 jours ( Joyeux Noël (et les 12 jours ?) ). Le solstice d’hiver pour un néophyte.  Pourtant, astronomiquement, le solstice d’hiver n’est pas qu’une histoire de nuit la plus longue et jour le plus court de l’année !

« Le solstice d’hiver correspond à l’instant où la longitude apparente géocentrique du Soleil est égale à 270° », précise l’IMCCE. Traduction : au moment du solstice d’hiver, la position de la Terre par rapport au Soleil va atteindre son inclinaison maximum, avec, encore une fois, un ensoleillement rasant du côté de l’hémisphère nord. » =>  Solstice d’hiver : découvrez les secrets de notre entrée dans l’hiver ! (L’Internaute)

Malgré toutes les qualités d’astronomes attribués dans les récits aux druides, j’ai quand même peu de doute sur leur capacité de calculer l’heure de cette inclinaison à 270 °. Et je trouve vraiment qu’il y a une magie dans l’air durant cette période. Pour citer d’autres périodes sacrées, Lughnassad dans les temps celtiques duraient 15 jours. J’ignore s’il y avait des cérémonies sacrées tous les jours, mais les peuples se rassemblaient à l’occasion pour des foires, des marchés, pour régler des affaires politiques et autres. Le Roi devait prouver sa capacité à régner en redistribuant les richesses. On y effectuait également des jeux funèbres en mémoires du sacrifice de Tailtiù.

Parlant de toutes ces périodes, W. me parle du calendrier des paysans sur ses terres. Ainsi, pour eux, ce n’est pas l’équinoxe de printemps qui compte, mais la lune de mars. La lune prend ici le sens de lunaison (de la nouvelle lune  à la nouvelle lune suivante). La lunaison de mars, faisant fi de notre calendrier civil, peut très bien démarrer fin février ou finir début avril. Ce qui compte c’est qu’elle comprend l’équinoxe du printemps.  Or, ce que W observe tous les ans, c’est à cette lunaison que la montée se sève commence et que tous les arbres de la famille des Prunus se réveillent. Les abricotiers vont même jusqu’à fleurir. Or, à la Pleine Lune de la lunaison de Mars, le froid tombe au risque de geler les bourgeons naissants. Et de détruire la future récolte à venir.  Au contraire à la Nouvelle Lune, les paysans se sentent  à l’abri.  « Même s’il y a un décalage dans le calendrier, cela a toujours été vérifié » m’a précisé W.

La lunaison suivante est appelée « Lune Rousse ». Même si elle est moins conséquente que celle de Mars sur les plantes, elle peut briser les jeunes pousses et les griller, leur donnant cette couleur rousse.   Ce qui correspond à peu près au moment des Saints de Glace.

De fil en aiguille, W. me reparler d’un site qu’il voudrait me montrer. Et je dois dire qu’avec ses talents de conteur, il m’en a donné vraiment envie !

L’oppidum de Sainte-Luce dans la Drôme. Site gaulois, récupéré par les Romains et qui était déjà occupé avant l’Âge de Fer. Un monastère s’y est même installée des siècles après.  A cet oppidum a été creusé dans la paroi un occulus d’environ 1,50 m de diamètre. C’est une trouée pas particulièrement impressionnante, creusée par la main de l’homme dans le roc. Au cours de l’année, le soleil le touche sans plus. Juste en contrebas se trouve un petit vallon avec une ferme. Du 1er décembre au 1er janvier, ce vallon ne reçoit aucune lumière. (Bigre ! Je ne sais pas comment ses habitants font !)

Pourtant, du 13 décembre au 25 décembre, une personne de ce vallon peut voir que le soleil se lève au centre de l’occulus et sa lumière donne sur une source du vallon. Soit plusieurs km en contrebas … Puis la le soleil dépasse la montagne pour éclairer la vallée encore plus basse ….. Wow ! Mais comment ont-ils fait ?!

Pour l’anecdote, le 13 décembre est le jour de Sainte Lucie. Lucie du latin lux, la lumière. Cela se déroule à l’oppidum de Sainte Luce.  Et, en plus de la signification de son nom, je me demandais pourquoi Sainte Lucie était associée à une fête des Lumières, célébrée en Scandinavie. Car à l’origine, Sainte Lucie est de Syracuse en Sicile Et bien, j’ai découvert ceci : « Fait surprenant, le rallongement des jours a en fait commencé depuis le 13 décembre, jour de la Sainte-Lucie : à partir de ce jour-là, le soleil s’est mis à se coucher de plus en plus tard. Un dicton imagé existe d’ailleurs, qui dit « à la Sainte Luce, le jour croit du saut d’une puce ». Il date du 14e siècle, quand l’on se référait encore au calendrier Julien instauré par Jules César… et dans lequel le solstice d’hiver avait lieu aux alentours du… 13 décembre !  » (Solstice d’hiver, L’Internaute)

Et l’éclairage par  l’occulus à lieu durant ….. 12 jours.

Pour ce qui est du rallongement du jour à compter du 13 décembre, oui mais non. 😛  A compter de cette date, le soleil se couche un peu plus tard. Mais il se lève également un peu plus tard. Donc les jours continuent à raccourcir. Puis la durée d’ensoleillement stagne quelques jours aux alentours du solstice. Enfin, ils rallongent petit à petit. Il est amusant de remarquer, que même si la Sainte Lucie ne correspond plus au solstice d’hiver depuis le passage du calendrier julien au calendrier grégorien, cette date reste quand même attachée à une évolution de la lumière solaire dans notre hémisphère.

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Une belle ode à la Déesse

Je vous laisse découvrir cette magnifique vidéo à la fois épurée et riche de symboles, sur un air de musique que je trouve mystique ❤ . Bon visionnage.

 

Livre : Petits et Grands Mystères des Maths

Il est des livres qui vous font du bien  🙂

Au collège, j’avais été dégoûtée des mathématiques. Trop abstrait, c’était comme apprendre quelque chose qui n’avait pour moi aucun sens, ni raison d’être. Or, les mathématiques sont un domaine qu’on ne peut repousser éternellement quand on veut apprendre, ne serait-ce que dans les autres sciences. Et forcément dans mon cheminement druidique, je ne pourrais pas y faire l’impasse éternellement…3.

Ce petit livre destiné aux enfants de 7 à 77 ans a été un vrai plaisir à lire. On suit l’histoire d’une famille italienne. Essentiellement, celle de Filippo (surnommé Filo), un petit garçon de 8 ans et son grand-père, un professeur de mathématiques à la retraite. Chaque activité de la vie quotidienne est l’occasion pour ce grand-père d’aborder les mathématiques.  Mais ce que j’ai également aimé, c’est qu’il explique la personne, le contexte et le pourquoi de ces découvertes mathématiques. Je me suis retrouvée à m’amuser à retrouver les formules  apprises ou à faire les exemples donnés avant de lire la réponse. J’ai pris plaisir à redécouvrir Pythagore,Thalès et bien d’autres encore.  C’est le genre de petit livre qui réconcilie avec les mathématiques et qui nous montre que cette matière peut être amusante. Si je pouvais trouver ce genre de livre pour le niveau de difficulté au-dessus, ce serait parfait !

Un livre simple, agréablement écrit à lire et à relire 😀

Petits et grands mystères des maths d’Anna Cerasoli (Flammarion Jeunesse)

Les maths nous livrent leurs secrets ! De l’invention du boulier aux probabilités, en passant par les découvertes historiques de Pythagore, d’Archimède ou de Thalès, vingt leçons drôles et impertinentes pour découvrir ou redécouvrir les mystères, petits et grands, des mathématiques. Grâce à Filo, qui a toujours une question sur le bout de la langue, le quotidien se révèle une source d’expériences …. inépuisable !

Belotennia

Après les Bodilones, j’ai eu la joie de retrouver le druide Auetos en son temple avec mon meilleur ami. Que dire ….. J’ai retrouvé ce sentiment si rare et à la fois si précieux que j’étais là où je devais être, à cet instant, en ce lieu….

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Mélange de profondeur et de légèreté, de sérieux et de (fous) rires.

Auetos nous a de nouveau offert un rameau d’olivier pour nous accueillir. Ce rameau se trouve encore sur mon autel personnel 🙂 . Il n’est pas évident de trouver les mots …. Alors que j’avais apprécié le rituel des Bodilones et sa signification, son souvenir m’a semblé s’estomper, à en devenir « fade » comparée à cette célébration.

Les Belotennia, ou les « Feux Resplendissants », ou Beltaine,  ont été célébrées sous un Belenos bienveillant et flamboyant, et un Taranis au souffle léger mais bien présent. Auetos fête ce tricobrextio (fête obligatoire à célébrer) en l’honneur de Taranis et de son union avec la déesse Riganissa.  Il fait appel également à lui dans un registre plus guerrier où il demande sa protection, le retour à l’envoyeur pour tout mal reçu et la victoire sur l’ennemi.  Cela m’a un peu dérangé au début. Je ne suis pas habituée à ce domaine dans ma pratique. Et pourtant, c’est d’une logique avec un druide comme Auetos ,qui s’efforce de retrouver ce qui se pratiquait à l’époque des Celtes. Les Belotennia sont les 3 jours de fête qui ouvraient la saison de la guerre, des razzias et autres jouissances violentes de ce peuple.

Les hommes ont élevé un arbre symbolisant l’union des dignités. Avec le tronc d’un arbre mâle. Ici un pin, mais normalement ce devrait être un chêne. Avec les branchages d’un arbre femelle. Ici un olivier.

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Et nous sommes passés entre la fumée odorante de deux feux de sorbiers au cœur desquels se trouvaient des herbes médicinales (de mémoire ; romarin, thym, sauge, …). Nous avons été purifiés par le feu et de nous, toute maladie a été écartée. 🙂

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Jusqu’ici, j’avais lu que les Belotennia étaient consacrées à Belenos.  Il n’a pas été cité à cette cérémonie qui était réellement dédiée à Taranis. Etrangement, cela n’a pas surprise sur le moment. Sûrement que depuis le temps que je lis et suis Auetos sur son forum, je deviens plus coutumière avec cette manière de célébrer. Cependant, cela fait également sens pour moi.  Taranis, le Dieu du Ciel, maître des Vents et de la Foudre, qui libère les pluies pour fertiliser la Terre.

Pour ce qui est de sa parèdre Riganissa, vous pouvez lire ici que

 

Les noms de la Déesse : […] En tant que personnifiant l’érotisme, elle est appelée Désirable, Cassia, Amour, Carantia, la Noble, Aria, la Reine, Riganissa, Celle-qui-frotte, Crebettia, Celle-qui-serre, Crappetiia, Très bienveillante, Rosucara. […]

Cette journée magnifique s’est enjolivée d’un excellent repas avec des personnes bienveillantes et accueillantes.  Un pur bonheur.

 

Le libre-arbitre

Dans quelques heures aura lieu le premier tour des élections présidentielles.  Sincèrement, j’ai peur de ce qui va nous tomber dessus. Et en même temps, la démocratie c’est ça : devoir accepter que la volonté de la majorité l’emporte. Même si elle nous paraît des plus absurdes.

Et dans nos croyances ? Un jour, je me suis amusée à chercher les différentes clairières druidiques sur le net. Comment dire …..

J’ai vu une clairière dont le discours me rappeler le christianisme, une autre limite facho, une qui se vantait d’avoir « l’élite » des druides, une qui prône l’orthopraxie (au moins j’aurais appris un mot) basé sur les rites védiques,  certaines qui ont l’air franchement très cool (dans le bon, comme dans le mauvais sens), etc. Donc, il faut se retrouver dans toutes ses clairières et accepter que ces groupes religieux aient des divergences de l’un à l’autre dans leurs systèmes de croyances.

Sachant qu’un groupe est composé d’individus, chacun unique en fonction de qui il est, son vécu, son ressenti, son expérience, son savoir et sa compréhension.

=> bon ça, c’est dans n’importe quel groupe humain, quelque soit le domaine.

Seulement, j’imagine que comme moi, lorsqu’on se lance dans le paganisme, on a une soif de vérité, de connaissance. De lumière, j’ai envie de dire ! Alors on écoute, on lit . Et il faut beaucoup lire si on veut se forger son propre avis. Cela aide également à ne pas hésiter à se remettre en question, à avoir un regard plus critique.  Il m’est arrivé de lire des textes qui me semblaient d’une telle évidence que je les brandissais comme la seule vérité.  Pas bon, je peux vous le dire. Car, on peut découvrir assez vite d’autres textes tout aussi intéressant, sonnant tout aussi juste et qui pourtant donne un autre point de vue.

Je pourrais me contenter de lire toujours le même auteur et de le prendre comme guide spirituel. Ou de dire que c’est la dernière personne qui a parlé/écrit qui a raison. Mais non ça ne me convient pas.

Viens aussi les rencontres, avec d’autres païens. Avec des discussions sur des thèmes généraux au paganisme (le rapport à la nature par exemple) ou plus précis selon la voie choisie (comme le druidisme pour moi). Ces discussions peuvent être vraiment enrichissantes et m’ont, par exemple, souvent permise, en formulant ce que je voulais dire, de préciser ma pensée. Et il y a les confrontations.  J’ai parfois eu envie d’étrangler mes interlocuteurs. Enfin d’avoir un sac de boxe pour me défouler dessus. Quand j’ai pu lire ce qui me paraissait des absurdités, de non-sens, d’incohérences et d’incompréhensions. Oui, sauf que c’est mon point de vue. Et si je ne tolère pas qu’on me retire mon libre arbitre, qui suis-je pour vouloir le supprimer à mon interlocuteur ?

Le libre-arbitre est à la fois une liberté et une prison.  Maintenant, quand je vois qu’une discussion tournera court ou virera en pugilat verbal, je préfère y mettre fin. J’ai donné mon avis, j’ai écouté celui de l’autre et basta ! J’ai autre chose à faire que d’user mon énergie dans du vent. Et qu’on me sorte que je ne sais pas débattre ne me pose aucun problème.  Les débats stériles où seul l’ego s’exprime ne me dérange pas. C’est par contre parfois douloureux de voir de quelle personne ça vient …

Oui, mais au sein d’un groupe. Au sein d’une nation qui a élu son président. Que faire ?

Ma seule réponse est une forme d’individualisme.

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J’aime cette phrase de sagesse. Je remplace seulement le début par le nom d’une divinité que j’honore ou le terme général de « Dieux et Déesses » ou « Ô Divinités ». Si ce qui arrive autour de moi ne me plaît pas mais que j’ai aucun moyen d’action pour le changer, je me concentre sur ma personne, mon cheminement, mes valeurs.  Si je me retrouve dans d’autres personnes, cool. Regroupons-nous. Néanmoins que cela se fasse naturellement, sans forcing. Si les similitudes sont superficielles, le reste n’évoluera pas en profondeur.

Suivre mon chemin de vie, encore et toujours. Travailler à la transformer pour arriver à mon projet, pour acquérir plus de connaissance, évoluer, me remettre en question. Ne pas hésiter à m’opposer, même pacifiquement,  avec sagesse et diplomatie.  Et que si une personne me dit « ta croyance est erronée », si un druide me dit « ce que tu dis/crois/fais est faux », accepter son libre-arbitre. Mais ne jamais renoncer au mien.

L’humour des Dieux

Et je commence cet article par une planche du dessinateur brésilien Carlos Ruas de sa série Un samedi quelconquewww.unsamediquelconque.net), traduite en français par Gilles Nuytens. Je les ai découvert sur Facebook, quand Gilles a commencé à les traduire. Une critique humoristique et souvent juste du Dieu chrétien, avec des références aux autres religions. Et nos Dieux païens ne sont pas les derniers à y apparaître 😀

Cette année débute …. avec pleine de surprises et de rebondissements. Je pense trouver une solution, je me rends compte que je me plante. Le lendemain, une autre solution s’offre à moi, je m’enthousiasme, puis je me rends compte que je me plante. Le lendemain, etc etc. Et j’ai l’intime conviction que les Divinités de mon panthéon n’y sont pas pour rien ! 😀

A croire que les Dieux et Déesses me testent pour voir si j’ai compris certaines leçons de vie, de choix, d’être. Et ils ont l’air franchement de bien s’amuser XD.

En tout cas, je suis reboustée . Mon corps et mon esprit, enfin, recouvrent la santé. J’ai le cerveau tellement en ébullition que j’ai l’impression que mes neurones sont en train de s’embraser. Si je me vois avec de la fumée sortir de mes oreilles, je ne serai même pas surprise ! Et petit à petit, la solution devant moi se dessine. Fruit de réflexion, d’instinct et d’intuition.

Ô Dieux et Déesses, merci pour ce rappel à l’essentiel,
La connaissance de moi-même et toujours l’humilité.
Et devant vous , pieds en terre, face au ciel,
Toujours vous honorer !

 

 

Au cœur de la Terre (et « l’universalité » de nos divinités)

Hier, je suis tombée sur l’émission Au cœur de la Terre sur France 5. J’ai tout de suite était happée par cette émission fascinante qui date de 2009.

Au coeur de la terre

 » On pense souvent que l’énergie nécessaire aux différents organismes vient du Soleil. Certes, ce gigantesque réacteur nucléaire réchauffe l’atmosphère, influe sur la météo et permet aux cultures de pousser.  Sans lui, la faune et la flore disparaîtraient et nous avec. Mais les forces de l’intérieur de notre planète jouent un rôle tout aussi essentiel. La vie est possible grâce à un équilibre délicat entre l’énergie du Soleil à la surface de la Terre et celle qui est générée par le noyau terrestre.  » (voir à 6 min 30 dans la première vidéo ci-dessous)

Dans mon article La tête dans les étoiles, j’évoquais mon questionnement sur les connaissances à acquérir si je veux avancer dans la voie sacerdotale du druidisme. J’y évoquais surtout le côté science avec la Cosmologie.

Ici, je n’ai plus la tête dans les étoiles. Au contraire, je garde les pieds sur Terre. Je plonge même en son cœur. Cette émission m’a rappelée mes cours sur le volcanisme et la géomorphologie.

J’y ai également appris énormément. De la surface au noyau. Notre planète est fascinante et « vivante ». Il se déroule tellement de choses sous nos pieds dont on a pas conscience et qui nous sont pourtant vitales ! Terre-Mère est pleine de surprises .

« Ce qui a amené les scientifiques à se poser la question suivante : et si la vie n’avait pas commencé sur terre, mais sous la terre ? » (24 min 12 dans la première vidéo).

Une fois j’ai lu que, lorsque Cronos émascula Ouranos et que ce dernier se retira de Gaïa, laissant un espace dégagé entre la Terre et le Ciel, cela représentait symboliquement le moment où la lumière put surgir dans l’Univers. Soit vers 380 000 ans après le Big Bang. Or, quand on lit la théorie ci-dessus, on pourrait également dire que l’épisode de l’émasculation correspond au moment où la vie souterraine a surgi en surface sur notre planète. Ce mythe pourrait-il se lire à plusieurs échelles ? Je le pense sincèrement. Cela se recoupe avec ma conception des Fomores, Titans et autres Géants (ou la quête du mythe de la création), qu’il ne faut pas hésiter à voir nos mythes et connaissances avec différents angles de vue.

Je continue à m’intéresser aux sciences pour mieux comprendre le monde qui m’entoure.  Et il m’arrive souvent d’y trouver des échos dans mes croyances. Je ne cherche pas à adapter mes croyances aux sciences ou l’inverse.  J’apprends ce qui est connu à l’heure actuelle (ne pas oublier que cela ne cesse d’évoluer, quelque soit le domaine étudié). Et s’il m’arrive de sentir un lien avec mon paganisme, j’en suis ravie, puis j’essaie d’y réfléchir, de l’approfondir. Dans cette émission par exemple, le côté maternel (donneuse de vie) de la Déesse-Terre ne me paraît que plus évident ! Et beaucoup plus complexe ! Si au contraire, j’y vois une grande divergence, je le mets temporairement de côté. Afin d’y repenser quand d’autres éléments de réflexion me parviennent.

J’avoue que pour le moment, en dehors des grandes lignes assez généralistes du paganisme, j’éprouve tout de même une certaine frustration. Les mythes grecs de création m’intéressent grandement et me parlent. Je m’y réfère souvent quand je lis des articles de sciences. Mais j’aimerais tellement savoir quels étaient ceux des Celtes et des Druides ? Il va falloir que j’accepte que LE mythe de création celte n’existe pas/plus. Et que néanmoins, avec du travail, je peux voir effleurer des informations dans les mythes irlandais, gallois et britanniques existants.

Une autre question qui parfois me turlupine. La Grande Déesse est Terre-Mère (en tout cas, elle l’est pour moi). Mais se limite-t-elle à notre planète ? Je ne pense pas que nos Dieux aient des frontières physiques de ce genre. Pour l’exemple de notre planète ou encore de celle qu’on appelle Mère-Nature, ce ne sont qu’un aspect de la Déesse-Mère. Mais les Dieux régissent-ils l’Univers dans son entier ? En ce cas, pourquoi avons-nous sur Terre, à travers l’histoire, des Dieux limités à un peuple et/ou un espace géographique ? Le Dagda était connu en Irlande, mais pas en Gaule ou à Rome ? Le Shintoïsme est japonais. Il y a donc une notion de divinités locales (que ce soit la source locale ou le pays) qui existent.

« Les inscriptions et les textes nous ont livré les noms d’environ 400 divinités celtes dont probablement les 3/4 correspondent à des dieux locaux. Il ne semble pas, en effet, que le monde celte ait eu de véritable panthéon officiel, comme l’Olympe pour les Grecs et les Romains. […] En tout cas, la plupart des divinités celtes étaient des genii loci ou « esprits locaux », associés à un endroit précis. » (* voir annotation en bas de page)

Y aurait-il une forme de hiérarchie d’influence  chez nos dieux comme chez les catholiques et orthodoxes (Dieu, anges, saints nationaux, saints locaux, etc) ? Je commence à le croire, quand on découvre la quantité de divinités locales qui existent. Cependant, je crois aussi que certaines divinités sont au-dessus de tout ça, même si leurs noms et certains de leurs attributs et fonctions changent. Je pense notamment à Bélénos, Taranis, et Ana.  Je crois que la Roue Cosmique dont Taranis est le gardien, n’est pas celle de la Terre seule, mais de l’Univers entier. Je crois que Bélénos se retrouve en chaque étoile. Je crois qu’Ana prend forme dans chaque planète. Qui sait, peut-être que sur une autre planète, un Dieu-Soleil  comme le percevait les Celtes est honoré, alors que la planète voisine l’honore comme  Amaterasu  au Japon ?

Cela reste pour l’instant un point de vue bien trop vaste pour mon petit cerveau humain pour que je prenne position et à éclaircir complètement le sujet.

 

(* extrait de L’Aube mystique en Europe – Les Celtes, collection Time Life. La première édition de ce livre date de 1997 et aurait besoin d’une sacrée mise à jour vu les clichés passéistes qui y sont écrits. Mais je suis d’accord avec le passage que je vous ai cité ci-dessus)

La Solitude

Actuellement, je vis deux solitudes.

Une que j’ai choisie.

Une que je subis.

Du faites de mon état actuel, j’ai choisi de prendre de la distance avec des personnes que j’apprécie ,  dont je suis plus ou moins proche. 

Ce n’est pas toujours évident.  Cependant, cette solitude « choisie »m’a permise de resserrer les liens avec ma famille qui connaît ma situation et de me recentrer sur mon équilibre personnel. Je prends soin de moi, je me replonge dans ce qui m’intéresse. Dont l’écologie 🙂 . Des intérêts  que j’avais trop longtemps mis de côté alors qu’ils font partis de mes valeurs.  

Pour m’aider à passer ce cap,  j’ai le bonheur d’avoir ma famille qui me soutient et une personne très proche qui me fait rire, comprend ce que je vis pour y être aussi passée. Ce qui aide à ne pas culpabiliser. 

Cet équilibre personnel est une condition nécessaire pour mon cheminement païen. 

Par contre, je n’ai pas vraiment choisi ma solitude dans mon paganisme. J’ai intégré une clairière druidique qui a fini par disparaître.  C’est la vie. J’ai pu rencontrer d’autres  personnes dans le druidisme, très sympathiques et enrichissantes. J’ai passé de très beaux moments avec elles. Païens et humains. Des personnes qui exprimaient le désir de garder contact avec moi. 

 Je vis loin de ces personnes. Elles ont leurs vies. Je comprends qu’elles soient très occupées.  C’est pourquoi je les contacte peu souvent.  Je ne veux pas abuser de leur temps et ne surtout pas déranger. Elles ont bien à faire aussi avec leur clairière. Pourtant lorsque je ne reçois pas de réponse  à un simple message de bonne année pour Samonios, je me sens un peu abandonnée. Les personnes qui m’ont répondu,  leurs réponses m’ont été douces et chères. Et pas forcément les personnes que je connaissais le mieux. 

Peut-être est-ce le prix pour les personnes que j’ai mise à l’écart. …. Même si j’ai essayé de leur expliquer pourquoi j’agissais ainsi, la compréhension n’est pas forcément évidente. 

La voie sacerdotale est faite de solitude.De par nos expériences, nos recherches, nos vécus,  nos ressentis. Je le sais.  C’est une « épreuve » nécessaire.Pour se construire.   Mais je sais également que le partage de réflexions, d’échanger, permet aussi d’avancer,  progresser, aborder les sujets sous un angle nouveau. Je ne suis pas sûre d’être sur la voie en ce moment. J’ai plutôt le sentiment de tituber et de me raccrocher aux branches. Je reviens à cette idée que je ne suis pas certaine d’aller jusqu’au bout du chemin. Et pourtant,j’ai le sentiment que les divinités que j’honore ne sont pas loin. Peut-être dois-je me contenter d’être une simple croyante finalement. 

Les Dieux en décideront. …

Bodilones

BODILONES, Miđ Cantlos XV MMMDCCCLXXXVIII M.T. – jour – Dernier quartier.

Alors, non je n’ai pas appris de nouvelle langue. D’ailleurs sans les informations nécessaires, j’aurais été dans l’incapacité de vous le traduire.

Il s’agit de la célébration des Bodilones, du mois de Cantlos, le quinzième jour, de l’année 3888 de l’ère de Magos Turatiom.

Les Bodilones sont la dernière  célébration avant le nouvel an celtique (Samonios) pour remercier les Divinités de tous leurs dons et bienfaits. C’est également l’occasion de reconnaître ses erreurs (nul n’est parfait) et de s’en purifier.

Cette célébration et sa date sont tirées du Calendrier de Coligny.

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Calendrier de Coligny reconstitué

« Le calendrier de Coligny, ou « calendrier gaulois », est une grande table de bronze du IIe siècle, trouvée à Coligny (Ain), dont les inscriptions se sont révélées être celles d’un calendrier en langue gauloise » (Wikipédia).

Certaines personnes se sont penchées sur ce calendrier pour en tirer le plus d’information possible. Le druide Auetos y a consacré des années. C’est pourquoi il suit rigoureusement ce calendrier dans sa pratique.  Cette année, les Bodilones ont eu lieu le mardi 25 octobre avant midi (jour) en dernier quartier de lune.L’ère de Magos Turatiom a débuté à la seconde Bataille de la Plaine des Tertres,  lorsque les Tuatha dé Danann ont vaincu les Fomores.  Sincèrement, j’ai lu des extraits de son travail. Et je n’y ai très vite rien compris. C’est un calendrier luni-solaire qui tient compte des lustres (période de 5 ans) avec des mois supplémentaires selon les années et des mois coupés en deux ( une quinzaine claire et une quinzaine sombre) . Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur son forum Druuidiacto où vous trouverez des articles comme celui-ci : L’ère de Magos Turatiom.

Cela fait plusieurs années que je connais virtuellement ce druide. Je peux le dire, je ne m’en suis pas cachée auprès de lui , j’ai eu parfois beaucoup de mal.. Et pourtant, je revenais à chaque fois vers Auetos, car il est un véritable puits de connaissances (respect !). Et quoique j’en dise, nos échanges m’ont énormément enrichie. Oui, parce que c’est bien joli de ne pas être d’accord. Mais pourquoi ? J’étais repartie pour « tourner-méninge » et trouver ma réponse.

Et bien cette année, l’occasion s’est présentée. J’ai eu la joie d’être accueillie  et reçue  en son Teges (Temple, prononcer Téguess) avec un rameau d’olivier en signe de paix. Je précise que c’est une coutume chez lui, pas spécialement pour une colérique comme moi ;-). J’ai eu la joie de le voir ritualiser à sa manière. Ce qui n’a strictement rien à voir avec ce que j’ai vu jusqu’ici. C’est très ritualisé, très carré. J’ai trouvé cette célébration passionnante, même si je ne me sens pas de pratiquer de cette manière. Néanmoins, j’y reviendrai avec un énorme plaisir. J’ai eu le bonheur de voir un homme totalement investi dans son paganisme .

Le lieu où il a construit son Teges est  isolé de la civilisation, mais pas de la vie. J’ai bien ressenti que nous n’y étions pas tout seul. Ce nemeton (sanctuaire) fait parti pour moi de ces lieux sacrés, inspirés, où il est bon de revenir.

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Il y eut des moments magiques …..

Les oiseaux se sont tus durant toute la célébration, comme à l’écoute.

Lorsque les offrandes furent déposées dans le feu et qu’il prononça, « Gloire aux Dieux », le vent s’est levé fort dans les branches. Comme il s’est levé à d’autres reprises à des moments bien précis. Les Dieux et Déesses ont été honorées. Je pense sincèrement qu’ils ont apprécié. Moi, qui n’avait pas pu célébrer depuis longtemps avec un druide, ma joie fut réellement grande. Je me sens de nouveau présente dans le temps sacré.

En dehors de la cérémonie, nous nous sommes retrouvés en petit groupe à parler, discuter et partager des éclats de rire.  Que demander de plus ….. 🙂

Taranis ou le visage que l’on donne à nos Dieux

Au début de mon paganisme, j’avais une vision assez simpliste du sujet. Les divinités que je connaissais avant tout étaient les divinités gréco-romaines. On avait donc Zeus, roi des Dieux et maître du ciel ; Vénus, déesse de l’amour ; Vulcain, dieu des Forgerons, etc.

Puis je me suis intéressée aux divinités celtiques et je me suis rapidement rendue compte que c’était beaucoup plus compliqué que cela. J’imagine qu’il en est de même pour toutes les divinités de tous les panthéons. Il y a ce qu’on sait d’une divinité, ce qu’on ressent. Il y a l’interprétation personnelle de chacun. Il y a la volonté de ne pas enfermer une divinité dans une case figée, sans pour autant en faire un fourre-tout « parce-que-ça-le-fait-trop-bien-d’avoir-un-super-dieu-qui-fait-tout « .

Par exemple, Taranis.

Nous savons par César dans La Guerre des Gaules, que les Gaulois croyaient en un Jupiter qui avait l’empire du ciel. Mais dans sa liste de Divinités, ce Jupiter n’apparaît qu’en quatrième position après Mercure, Apollon, Mars et après lui Minerve. A l’époque Gallo-Romaine, Jupiter fut associé à Taranis. (1)  Cependant, Taranis ne serait pas un roi des Dieux contrairement à Jupiter.

« Sa fonction définie imperium caelestium tener, avoir l’empire des choses célestes, ne fait pas pour autant de lui un roi des dieux, comme l’est Jupiter à Rome (César, dans ce cas, l’aurait cité en premier dans sa liste), mais un dieu-orage. «  (2)

Nous voici donc avec Taranis, maître du ciel et de l’orage et c’est ainsi que je me le suis représenté au début.  Son nom, Taranis, est donné par Lucain dans La Pharsale. Mais dans une dédicace à Orgon (Bouches-du-Rhône) qui date du IIème siècle avant notre ère, il est orthographié Taranus. (2)

Taranus est comparable au vieil irlandais torann =  » orage, vacarme de combat  » ; au vieux breton taran =  » tonnerre  » et remonterait à la racine indo-européenne *(s)ten =  » tonner, gronder  » (3). Je devrais me mettre à le nommer ainsi.

Étrangement, dès le début, j’ai pris la Foudre comme élément secondaire de cette divinité. Sûrement cette histoire de Feu que j’ai à régler. Mais, également, car c’est le bruit provoqué par l’orage, et non la foudre elle-même, qui est privilégié dans son nom.  Je me suis concentrée sur son royaume, le Ciel et sa maîtrise des vents.  La première cérémonie druidique à laquelle j’ai participé en tant que simple spectatrice, lorsque Taranus a été invoqué, le vent s’est levé. J’en ai été émue. Lorsque j’attendais à l’écart avant d’entrer officiellement dans la clairière, j’ai posé soudainement la question : Taranis, où es-tu ?  Je devais bien être à 10 mètres du lieu de cérémonie, à ce moment précis, je n’ai pas senti le vent, mais une bouffe du parfum de l’encens qui brûlait.

Je me suis posée la question si ces signes étaient le fruit de mon imagination, si c’était des manifestations ordinaires ou si le Dieu utilisait des signes qui me parlent. Cela  me pose problème. Souvent les Divinités nous parlent avec des signes qui ont du sens pour nous. Et je les en remercie.  Cependant, comment voir si c’est juste pour communiquer ou si je m’approche de la vérité ? Oui je me prends facilement la tête. Alors je mets de côté, car je sais que la réponse me viendra plus tard.

Pour moi, Taranus est le ciel dans son immensité, le vent qui y souffle, la course des nuages apportant pluie, foudre ou lumière. De plus, sans me l’expliquer, j’ai associé Taranus à la saison claire. Je ne savais pas comment me l’expliquer. Après tout, c’est plus la mauvaise saison qu’on associe à la pluie et aux orages. Mais voilà, lorsque le jour rallonge, que la Terre s’éveille, je ressens la présence de Taranus. Je sens son énergie croître, prendre de l’ampleur et occuper tout l’espace.  Au contraire, lorsque la saison sombre pointe son nez, je sens Taranus s’effacer, au second plan. Comme s’il se recentrait sur lui-même.

Pour beaucoup c’est une évidence. Moi, il m’a fallu ce ressenti et cette déduction de la Terre-Mère qui s’éveille en même temps que Taranus à la belle saison pour associer Taranus à la fécondation. La pluie fertilisatrice et son souffle qui dégage le ciel pour permettre au Soleil de réchauffer la Terre.

Et parce que son souffle dégage le ciel et évoque l’éveil de l’esprit, je l’ai associé à la Lumière. Car le Soleil peut briller tant qu’il peut, si le ciel est sombre de nuages, la lumière ne nous parvient pas.  J’en suis parvenue à une vision que je peux simplifier à la Terre-Mère et Ciel-Père.

Chez les Hindous, il se rapproche du dieu Indra. Ce dernier au temps de la Religion Védique était l’un des dieux principaux. Il n’y a qu’à voir tous les hymnes qui lui sont dédiés dans les Védas.

 » Dans les Veda-s, Indra est le dieu de la sphère de l’espace. Il est le dispensateur des pluies et réside dans les nuages. Craint, en tant que Seigneur des tempêtes et lanceur d’éclairs, il est aussi la source de toute fertilité. En tant que souverain du Ciel, il est le compagnon du Dieu-des-vents, Vâyu, qui est le souffle vital du Cosmos. Dans plusieurs hymnes du Rig Véda, les attributs et les fonctions divines les plus hautes lui sont donnés « .  Extrait de Mythes et Dieux de l’Inde :  Le polythéisme hindou d’Alain Daniélou

J’aurai tendance à associer Indra et Vâyu en Taranus.

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J’ai un peu travaillé sur le symbole sur la Roue, le symbole qui lui est associé. J’ai lu à plusieurs reprises que le bruit de cette roue sur la route (sûrement caillouteuse) évoquait le fracas de l’éclair et sa répercussion dans l’espace. Encore le son provoqué qu’on privilégie à la Foudre elle-même. J’ai également lu qu’elle était la Roue Cosmique. Taranus en serait une forme de gardien pour le maintien de l’Ordre et de l’Equilibre.

Dans son livre hyper intéressant Mythologie du Monde Celte , Claude Sterckx désigne Taranus comme l’un des Dieux qui fait tourner les cycles du monde .

« Le dieu-père  » insémine  » constamment la vie dans le sein de la Terre-mère. C’est lui aussi qui gouverne le monde en ce sens qu’il assure la perpétuation  des cycles vitaux : celui des naissances et des morts, celui des hivers et des étés, celui des nuits et des jours, etc.  » (4)

 Ce que je reproche par contre à cet auteur, c’est qu’une même fonction se retrouve dans plusieurs divinités donc toutes ces divinités sont un seul et même Dieu. Or, d’après ce que j’ai lu et surtout d’après mon ressenti, Taranus n’est pas Sucellos, n’est pas Esus, n’est pas Teutates, etc.

Je ne suis pas non plus d’accord avec Philippe Jouët (5), quand il résume Taranus au tonnerre-divinisé.  Par contre, cet historien des religions  m’a sacrément chamboulé dans ma conception personnelle des divinités. J’en reparlerai plus tard.

Il y a donc ces aspects positifs de Taranus.  Cependant, comme toutes divinités, il a des aspects sombres. Tout d’abord, les destructions et inondations que peuvent provoquer la foudre et la pluie. De plus, j’associe Taranus à la colère. Encore une lecture ? Je ne sais plus. Mais pour avoir été témoin de grandes colères, quand elles explosent, elles ont la soudaineté, la violence et le bruit du tonnerre. Tous aux abris ! Et on connaît les effets destructeurs que peuvent avoir la colère.  Ayant moi-même un lien avec la colère, ce n’est peut-être pas pour rien que je me sens des affinités avec Taranus.

Cependant, au-delà de ses aspects sombres, je ressens réellement Taranus comme un dieu avec une partie sombre enfouie. Je ne sais comment l’expliquer. Il y a quelque chose de redoutable en lui, dont je sens qu’il faut en garder une grande prudence.

Taranus est une divinité guerrière. Selon moi, la colère appelle à une réaction, le combat. Le roulement de tonnerre peut évoquer une bataille. En tant que divinité qui maintient l’ordre cosmique, je l’imagine prendre les armes quand l’équilibre peut-être rompu.

On peut lire son côté guerrier dans Taranis, caelestiorum deorum maximus (*) de Daniel Gricourt et Dominique Hollard, mais aussi dans Teutates, Esus, Taranis de Paul-Marie Duval (commentaire sur La Pharsale de Lucain, avec Taranus en dieu sanguinaire à qui on sacrifie des hommes et on offre les têtes coupées).

Le premier texte, assez long (60 pages) privilégie le Taranis-Jupiter gallo-romain et ses représentations de Colonnes à l’Anguipède. Je ne souhaite pas me plonger dans cette période. Néanmoins, j’y ai trouvé énormément d’éléments de réflexion.

Ce que j’y trouve très intéressant, c’est son comparatif à un des mythes concernant le dieu Indra. Indra aurait été à l’origine un dieu de la deuxième fonction (force guerrière) de Ciel-Nocturne. Or, un jour s’emparant de la Foudre, il blessa un « démon » libérant ainsi les eaux du ciel (sous forme de vaches) et le Soleil.  Ce fait héroïque lui permit d’évoluer  ainsi en dieu de la première fonction (autorité religieuse) et devint un Dieu du Ciel-Diurne. De plus, il a un pouvoir de fertilité qui peut le rattacher à la troisième fonction (satisfaction des besoins vitaux). Indra a un pied dans chaque fonction. Taranus également. Néanmoins, cela ne fait pas de lui un Dieu primordial, supérieur à tous les autres.

Plus haut, j’évoquais le livre de Philippe Jouët (5) qui avait chamboulé ma conception des divinités. En effet, il se réfère énormément à la conception indo-européenne des dieux du Ciel-Diurne et des dieux du Ciel-Nocturne.

La lecture du mythe d’Indra et du dictionnaire de Philippe Jouët m’a, à la fois, apporté des réponses sur Taranus et complètement déroutée pour les autres divinités.

Taranus, que je ressens dans la saison claire en pleine puissance, mais avec une part d’ombre qui m’inspire de la méfiance (pas de lui, plutôt de ce que je pourrais provoquer par erreur), m’évoque ces notions de Ciel-Diurne et Ciel-Nocturne. Et le mythe d’Indra m’explique nombre de mes ressentis à son égard.

Après toute cette réflexion, auxquelles je rajouterai sûrement des éléments durant mon apprentissage, me fait me sentir à la fois plus proche et bien plus éloignée de Taranus.

Le visage que je lui donne n’est pas prêt d’être figé.

 

  • (1)   Les Dieux de la Gaule de Paul-Marie Duval
  • (2)   Merde à César de Jean-Paul Savignac
  • (3)   Dictionnaire Français-Gaulois de Jean-Paul Savignac
  • (4)   Mythologie du Monde Celte de Claude Sterckx
  • (5)   Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtique de Philippe Jouët
  • (*)   Ces textes peuvent être retrouvés sur le site Persée

 

 

La tête dans les étoiles

Quand vous lisez ici et là une description des druides,  on a le portrait du superman spirituel : histoire, médecine, astronomie, géométrie, justice, conseiller du roi, botanique, divination, mythologie ……

Euh ….. ok.  Alors je sais qu’on leur connaît 20 ans d’études et que des domaines tels que la médecine, n’étaient pas aussi poussées qu’aujourd’hui. Mais il s’agit malgré tout d’un vaste programme. Sans parler des rites, pratiques spirituelles, etc.

Personnellement, je pense plutôt qu’ils avaient un socle de connaissances de base commun à tous. Puis qu’ils se perfectionnaient dans certains domaines par la suite, tout en approfondissant leur connaissance et leur rôle spirituels.

Pour ma part, je ne tiens pas à me lancer dans des études de médecine. Dès qu’on m’avance des chiffes et formules mathématiques, mon cerveau bugue complètement et il me faut un temps infini pour visualiser un objet, un lieu en 3D.  Donc j’avais tendance à rejeter la majorité des sciences.

Du coup, je me demandais (et me demande encore),  en tant que druidisante qui envisage d’aller plus loin, quels sont les domaines que je devrais apprendre.

Et bien je me suis découverte de passion pour la Cosmologie depuis que j’ai découvert Hubert Reeves et cette vidéo :

Du Big Bang au vivant

 

Vidéo que je recommande chaudement à ceux dont le sujet les intéresse.  J’ai adoré cette vidéo, car elle ne me noie pas sous des formules mathématiques. Mais qu’au contraire, elles me racontent des histoires. L’histoire de la création du monde, l’histoire des étoiles, etc. J’ai adoré y entendre le chant de notre Soleil et y découvrir tant de merveilles.

Et plus je m’intéresse à cette science, plus j’y trouve des échos à mon paganisme.  Je ne deviendrais pas une experte éclairée dans ce domaine. Cependant, quel nouveau regard quand on se place dans l’angle de l’infiniment grand !

Alors depuis quelques temps, je lis des ouvrages de vulgarisations et regarde quelques sites internet. L’inconvénient, j’ai beaucoup de mal à mémoriser dans cette matière.  L’avantage, c’est que ça m’apporte une meilleure compréhension du monde qui m’entoure et m’oblige à voir les choses sous un autre angle. Exercice très utile dans la vie de tous les jours, mais aussi dans la spiritualité

Quelques informations sur le sujet supplémentaire :

  • Cours d’astronomie : des articles simples et clairs pour aborder la matière
  • Scienceclic : chaîne youtube de vidéo de 2 à 6 mn sur des sujets scientifiques
  • Les Contes de l’Univers : série d’émission de 15 mn qui allie mythes et astronomie, présentée par l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet

 

 

Corent, un sanctuaire arverne

Cet été, j’ai eu l’occasion de passer quelques jours au sud de l’Auvergne.

La tentation était trop grande de prendre ma voiture et de remonter vers le nord, pour aller visiter ce lieu que je voulais tellement voir.

Corent est une commune située une vingtaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand. Sur le sommet du plateau, un oppidum gaulois de la période milieu du IIème siècle au milieu du Ier siècle avant Jésus Christ. Vous trouverez plein d’informations intéressantes sur ce site : Luern. Vous pourrez même y visiter une reconstitution en 3D de la ville gauloise 😉

Y aller début septembre m’a permis d’éviter la foule et d’y croiser peu de monde.

Lorsque je suis arrivée à proximité, j’ai bien ri. Il faut traverser le village « Le Pont des Goules » avant d’arriver à Corent. C’est un nom qui ne s’invente pas !  Puis nous montons une bonne pente, traversons Corent, avant d’arriver au plateau du sommet. Normal pour le site d’un oppidum. Mais jusqu’ici les photos que j’avais vu du site ne laisser pas voir ce relief.

A mon arrivée, juste deux personnes au loin. Des nuages qui flânent devant le soleil. Sur ma droite, au loin, on aperçoit le Puy de Dôme. Pour avoir passé des vacances à proximité et être montée à son sommet il y a deux ans, je trouve sa silhouette familière rassurante.

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Devant mois les fameux poteaux rouges qui marquent les dimensions de la place publique et du sanctuaire.

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« Le sanctuaire gaulois (100 – 50 av. J.C.) est une construction monumentale de terre et de bois, d’environ 50 mètres de côté, comprenant une galerie périphérique ouverte et deux petits temples.[…] Dans cet espace se tenaient régulièrement des banquets qui ont engendré de nombreux vestiges. » (Texte extrait d’un panneau d’information du site).

Les quatre poteaux symbolisent l’entrée monumentale.

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Le cadre magnifique, le calme, le fait d’avoir pris le temps de faire le vide dans ma tête en arrivant, m’ont rendu ce moment très précieux.  Ce lieu sacré que je voulais découvrir depuis quelques années, j’y étais enfin.

Après en avoir fait le tour, je me retrouve seule sur le site. Parfait. Je sors mes offrandes du sac : rouelle en bois maison, un morceau de pain au céréales et des tartelettes aux fraises de la Drôme (petit clin d’œil à un ami cher qui partage mes croyances).  Je m’adresse aux éléments, aux Dieux et Déesses, je salue la mémoire des Arvernes ayant vécu ici, je remercie sous les rayons du soleil. Après un court moment de recueillement, j’entends une portière qui claque et un homme qui appelle son enfant. Je m’empresse de mettre mes offrandes  à l’abri, afin qu’elles ne soient pas dérangées. Il était temps, un couple de personnes âgées vient d’arriver.

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Puis, je me suis assise sur le bord pour prendre  le temps de savourer cet instant. Quel paix. Un pur bonheur. Loin du tourbillon de la ville, des prises de têtes quotidiennes.

Et puis j’ai essayé de m’imaginer le sanctuaire à l’époque gauloise.  La grande place publique était-elle bruyante ? Entendait-on le bruit du bétail les jours de marché ? Le galop des cavaliers qui traversait la place ?

« La fondation du sanctuaire débute par la délimitation de son enceinte. Cette limite symbolique est matérialisée par un profond fossé creusé dans la roche volcanique, dans lequel était implantée une palissade en bois haute de 4 à 6 mètres. Elle s’interrompt à l’Est, pour ménager un dispositif d’entrée orienté en direction du soleil levant et du Puy  Saint-Romain. Cette première enceinte est rapidement remplacée par une galerie monumentale, d’environ 50 mètres de côté, pour 7 à 8 mètres de hauteur. Sa toiture est supportée, à l’extérieur par un puissant mur continu et en façade, par une colonnade de 12 à 13 gros poteaux de bois. » (Panneau d’information du site)

J’ai du mal à imaginer une structure de 7 à 8 mètres de haut ! L’équivalent d’une maison d’un étage. Une fois à l’intérieur, plus de panorama sur le Puy de Dôme donc. Et la hauteur devait masquer le bruit extérieur. L’image est maladroite, mais je ne connais pas d’équivalent. Entrer dans le sanctuaire devait être semblable à l’impression d’entrer dans le silence d’une église. Le ciel ouvert en plus 🙂 . Il semblerait que le sanctuaire était dédié aux divinités protectrice de la cité.  Que ressentait-on lorsqu’on banquetait à l’intérieur en communauté à la gloire de nos Dieux ? Quand on partageait la viande du sacrifice et le vin entre le divin et le clan ? M’y serai-je sentie aussi bien qu’en cet instant où j’apprécie de laisser ma peau à la caresse de vent et de laisser mon regard parcourir l’horizon ?

Quelle pouvait-être la vie quotidienne du (ou des) officiant(s) du sanctuaire ? Quels étaient les rites quotidiens ?  Beaucoup de questions, encore et toujours. 🙂  Dans tous les cas, je reviendrai.

Ressentis dans ma voie sacerdotale

Cet article va être un peu fourre-tout. Je vais y parler de druidisme, de filiation, de solitude. Tous les questionnements que je me pose et se mélange dans ma tête depuis quelques temps.

Lorsque j’ai découvert le paganisme, je voulais être une fidèle, non l’officiante. A l’époque Morgane Lafey donnait des cours par correspondances gratuits. J’ai dû les suivre 4-5 ans, sans arriver à passer le premier niveau. Il faut dire que ces cours étaient dans l’optique d’entrer dans la prêtrise païenne. Lors d’un échange, celui où elle me refusait de nouveau le passage au niveau au-dessus, elle me déclarait qu’il se peut que, soit ce n’était pas le moment pour moi « d’entrer » en prêtrise, soit que cette voie n’était pas faites pour moi.

Elle avait deux fois raisons. Je n’étais pas prête et la voie qu’elle proposait n’était pas la mienne. Je ne regrette pas son enseignement. J’y ai beaucoup appris sur les cycles féminins et leurs archétypes, il m’a permis d’aborder des dieux Celtes,d’effectuer un premier travail sur les éléments, etc. Elle y conseillait beaucoup de lectures qui m’ont aidé dans mon cheminement : Femmes qui courent avec les loups,  Le culte de la déesse-mère dans l’histoire des religionsVivre la tradition celtique au fil des saisons, Femme  magie et politique, etc. Ce fut une période sombre pour moi, de remise en questions, de mise à plat, d’apprendre à me connaître vraiment. Ce fut une période douloureuse. Cependant, avec le recul, période ô combien enrichissante. Un travail nécessaire pour me consacrer vraiment au spirituel et ne plus me noyer dans mes colères, mes peurs, etc.

Tout a pris son sens quand je me suis intéressée au druidisme. Sauf qu’à l’origine, le druidisme je le définissais de la manière suivante : religion polythéiste et panthéiste qui honore les Divinités du panthéon celte, avec un fort lien à la Nature, aux cycles saisonniers, à la terre où nous vivons. Définition un peu simpliste. Seulement voilà, il y a le Druidisme et des druidismes. Et il n’y a qu’à faire un tour sur le net  et découvrir la multitude de sites, blogs, clairières, druides pour voir les pratiques et croyances hétéroclites qui composent le druidisme actuel sur le territoire français. Pour ce qui est de l’étranger, je ne me suis pas penchée sur le sujet.

On se retrouve avec des guerres de clocher sans fin. On pourrait croire que ce sont des débats constructifs entre personnes sensées, respectueuses et pleine de sagesse. Ce sont surtout des discussions stériles aux égos surdimensionnés. J’y ai vu des druides chrétiens, des druides à limite du fascisme, des druides hippie flower, des druides austères, des druides illuminés.  Noyée dans tout ceci, j’ai parfois bien du mal à m’y retrouver. Même si j’ai eu la chance et l’opportunité de rencontrer des druides humbles, qui reconnaissent leurs lacunes et qui ont la volonté sincère d’apprendre, comprendre et d’aller de l’avant. Et qui me rappelle que moi aussi, je dois restée humble avant tout. Même si ce que je lis ou entends semble le summum de l’erreur, de l’idiotie. Bref, ne pas faire de lutte d’égo à mon tour. Et sincèrement, ce n’est pas évident. Donc toujours une remise en question, qui je pense perdura jusqu’au bout.

Après l’histoire « des » druidismes, voici celle des filiations.  La majorité des druides rencontrés s’identifie à une filiation. Une filiation, kézako ? Pour l’expliquer simplement avec mes mots, il s’agit d’une chaîne de druides qui remontent dans le temps par laquelle des enseignements, des traditions ont été transmis, mais également, et le plus important, une sorte de lien spirituel, ésotérique. J’ai déjà eu droit à la filiation des atlantes. Oui, oui, le savoir des druides est ce qui a été sauvé de l’Atlantide et a été transmis jusqu’à nos jours. Il y a ceux qui créent totalement leur filiation, car ils se sont auto-proclamés druides et qu’un druide sans filiation, ça ne le fait pas. Oula, je peux vous dire que ça, ce n’est pas du tout toléré,apprécié dans le « milieu » druidique. Et ça y va à coup de moqueries, coups bas et humiliations.  Quand on se trouve au niveau du bac à sable, il y a des fois de quoi perdre la foi.  Du coup, je prends du recul et je m’intéresse vraiment aux druides que je connais et qui m’apportent tant. Je crois que je les en remercierai jamais assez. Ils me permettent de me forger un petit cocon pour m’intéresser à l’essentiel et de ne pas perdre de l’énergie en batailles inutiles.

Mais les filiations les plus courantes, les plus entendues sont celles-ci :

  • Le 21 septembre 1717, The Druid Universal Bond plus connu sous le nom de Druid Order (DO), est créé sous l’impulsion de John Toland (1669-1722).
  • Le 21 novembre 1781, Henry Hurle fonde un second mouvement l’Ancient Order of Druids (AOD). Une scission de celui-ci en 1833, va donner naissance à The United Ancient Order Of Druids (UAOD), friendly society.
  • Le 21 juin 1792, Iolo Morganwg réunit à Londres (Primrose Hill), en présence de John Toland, la premièreGorsedd Beirdd Ynis Prydain (Collège des Bardes de l’Île de Bretagne).

Des Francs-Maçons au XVIIIème siècle qui ont voulu recréer le druidisme. Mise en situation : nous sommes au début de la Celtomanie où on fantasme sur le casque à ailettes et le culte des menhirs. Nous sommes bien loin des découvertes archéologiques actuelles qui nous permettent de beaucoup mieux appréhender qui étaient réellement les Celtes et les Gaulois. Et non, ils ne mangeaient pas de sanglier ! (Tiens ce pourrait être une idée d’article des erreurs les plus couramment admises).  Si vous souhaitez en savoir plus sur les filiations, vous pouvez faire un tour sur Wikipédia =>Néodruidisme

Donc pourquoi se légitimer par une filiation que je trouve personnellement bancale ? Et bien je commence à comprendre que c’est une marque de respect aux Anciens qui ont voulu faire renaître le druidisme, même si leurs objectifs ne sont pas très clair. C’est aussi reconnaître le travail de recherche et de transmission qui a été fait depuis par les différents druides qui se sont passés le flambeau. Donc pour moi, pas de filiation sur un piédestal, mais la reconnaissance du travail effectué par les hommes et les femmes qui m’ont précédée dans cette voie.  Pour ce qui est du lien ésotérique et spirituel…..  Peut-être qu’en avançant dans cette voie, j’y verrai plus clair. Car d’après ce que j’en ai compris, il semble que ce soit bien plus qu’un égrégore.

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La solitude …. J’ai déjà lu à plusieurs reprises que celles et ceux qui entraient dans la voie sacerdotale connaîtraient la solitude. J’ai lu le pourquoi, le comment et je l’ai compris.  Du moins, c’est ce que je croyais. Et l’évocation de ce mot éveille plusieurs impressions, touchent plusieurs domaines.  Depuis que j’ai l’âge de 12 ans, je veux être mère, Peu de temps avoir pensé devenir nonne. Les idées fixes sont parfois bien étrange. J’ai dépassé la trentaine, je vis seule et je n’ai pas d’enfant. Je ne regrette pas d’en avoir eu avant. Au delà du faites que je n’ai pas rencontré la bonne personne pour fonder une famille, j’ai pleinement conscience qu’avec toute la colère qui me brûlait de l’intérieur, quelque soit l’amour dont je suis capable, j’aurais rendu mes enfants malheureux.

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai la certitude que je finirai seule sans enfant. Comme une évidence. Et j’ai le sentiment que c’est lié à ma voie sacerdotale. En ce moment, je l’accepte.  Il faut dire que les vies de couple de mes amies ne me font pas vraiment regretter mon célibat.  Mais lorsque viendra l’heure où la fertilité me quittera  définitivement, si je ne m’y suis pas bien préparée, je m’effondrerai….

J’ai le sentiment que tout ceci est liée à la voie sacerdotale que j’ai prise, car je me rends compte que si je vais jusqu’au bout, cela m’engagera pleinement, complètement. Qu’il ne faudra pas que je sois parasitée par des problèmes du quotidien que peut apporter le facteur humain (les activités du petit, la crèche de la petite, les papiers administratifs du conjoint, etc). Je me rends compte que c’est mon côté féministe qui s’exprime ici et que je généralise sûrement à tort. Mais combien de père sont-ils prêts à laisser leurs femmes être très occupées au point de souvent mettre de côté leur vie de couple, leur vie de famille ? Je ne parle pas d’abandonner complètement le rôle de femme et de mère (quel horreur !), mais bien de pouvoir partir souvent sur les lieux de célébrations ou simplement de rentrer dans sa bulle pour se consacrer à sa fonction sacerdotale. Bien sûr, peu de femmes accepteraient également un tel sacrifice, un conjoint absent, un père peu présent. Mais j’en vois également beaucoup le dire et l’accepter par amour. Des hommes, je vois de tout. Des hommes à la parlote fier, qui ne lancent pas un regard aux morveux, puisque y a bobonne pour s’en occuper. Des hommes qui comparent et ne supportent pas qu’on se consacrent plus à leurs enfants qu’à eux. Alors ne s’occuper ni de l’un, ni de l’autre, …….  Et je vois des hommes totalement investis dans leurs rôles de pères, parfois maladroits mais qui ne l’est pas, et vraiment aimant avec leurs enfants.  Néanmoins, ce sont les mêmes qui appellent Madame toutes les 5 minutes, car sans la veille rassurante de leur tendre moitié, ils ne savent rien. Je sais que mon propos est injuste. Mais c’est ce que je vois. Et quand je ne le vois pas, je n’ai qu’à écouter mes amies discuter de leurs vies de familles. Donc, si je vais jusqu’au bout, vais-je devoir sacrifier mon désir d’enfant, de vie de famille ?  Trouverai-je un compagnon de route, ami-amant, qui supporterait une telle concession ?

Depuis le début, je parle de fonction sacerdotale, sans préciser laquelle. Etant dans le druidisme, la logique voudrait que ce soit pour devenir druidesse. Oui mais voilà, si on reprend les sources historiques, nulle trace de druidesse au temps de l’indépendance des Gaules. Après lors de l’Empire Romain, certains empereurs aimaient se faire lire l’avenir par des druidesses. Il semblerait surtout qu’elles s’étaient attribuées ce titre pour se faire une meilleure pub. Devineresse, prophétesse peut-être. Mais pas d’enseignement druidique pour ces femmes. Sur les druidesses, je lis de tout.  Et de n’importe quoi. Selon mon point de vue personnel comme toujours.  Mais dans tout ceci, je ne trouve que des discours pro-druidesse et anti-druidesse. Perso, je connais des druidesses d’aujourd’hui qui ont amplement mérité leur titre. Mais devant tout ceci,  et sachant que je ne parviendrai peut être jamais au bout de cette voie sacerdotale, je vais pour l’instant me désigner comme apprentie-prêtresse. Parce que druidesses ou non, femmes de grands savoirs dans tous les domaines ou exclu de cette fonction, je suis certaine que des femmes avaient des rôles religieux, ne serait-ce qu’auprès de certains sanctuaires. Ce n’est qu’une interprétation personnelle. Mais je vais me fixer à celle-ci pour le moment.

=> Je serai curieuse de voir dans quelques temps (mois, années) si ma pensée sera toujours la même, ou si elle aura encore évolué sur ces sujets.