Archives mensuelles : avril 2017

Alimentation : Manger Bio ? Oui, mais ….

Je suis assez naïve. Pour moi, l’agriculture bio c’était l’image du petit paysan qui aimait son travail et sa terre, qui cherchait à produire des plantes et élever des animaux sans polluer la nature, à fournir une production de bonne qualité nutritive, avec une éthique morale et sociale, etc.

Oui mais …

J’ai d’abord entendu parler des cultures hors sol. Damned ! Pour en savoir plus => La culture hors sol . Perso, moi ça me rappelle le film Matrix avec tous les embryons humains « connectés » à la Matrice.

Ensuite, j’avais vu cette émission sur les pâtes (Arte ou France 5) où un expert déclarait que le Bio était la garantie d’une agriculture bonne pour la terre, mais n’avait rien à voir avec la qualité des aliments. Et là, on comprend que le cahier des charges demandé pour le bio au niveau européen est très loin de nos espérances. De plus, quand je vois les tomates bio venue d’Espagne pleines d’eau et sans goût, je veux bien le croire.

Et il y a les boutiques bio. Les deux dernières où je suis entrée m’ont choquée. Comme j’essaie d’avoir une démarche plus écologiste, c’est comme si soudainement j’ouvrais les yeux. Tous ces emballages ! Dont beaucoup ne sont pas recyclables !  Sans parler de l’origine des produits !  Si j’achète des produis qui ont fait des milliers de kilomètres pour parvenir jusqu’à moi, bonjour le bilan carbone ! Le bienfait d’une agriculture biologique finit étouffer sous des tonnes de CO2.  Et puis, je veux bien croire que la production en bio est plus chère. Mais j’ai quand même l’impression qu’il y a une sacrée marge de faite sur les produits finis. Bref ….

Puis, je suis tombée sur un article dans un magazine de ma mère, Avantages de mai 2017, « Nutrition : Bio, pas bio, …. je choisis quoi ? ». Si les magazines féminins s’y mettent  🙂 . Cet article est assez intéressant. Il note sur 5, par catégorie d’aliment, l’intérêt de le manger bio.  Par exemple pour les produits laitiers, ils ne mettent que 2/5. Car en dehors d’un meilleur bien-être animal, le lait n’a pas d’apport nutritionnel supplémentaire. Tout en finissant par remarquer que consommer du lait bio permettra d’éviter d’avaler des doses d’hormones et d’antibiotiques. Euh, justement, le bien-être des animaux, leur santé et la nôtre, ça ne justifie pas plus d’un 2/5 ? Autre exemple, les légumes secs qui obtiennent 5/5. Car ils sont noyés de pesticides en agriculture conventionnelle. Et en bio, ils restent à des prix abordables et sont des aliments extrêmement riches au niveau nutritionnel (vitaminesB, fibres, protéines végétales, minéraux). J’aurais bien mis des photos de l’article, mais je ne sais pas si j’y suis autorisée et elles sont de très mauvais qualités.

Enfin, il y a cet excellent reportage de 51 minutes ci-dessous, qui nous montre l’envers du décor : nitrites de sodium dans le jambon, agriculture bio intensive (?!), l’industrialisation du bio par les grandes marques comme Carrefour, l’exploitation de salariés pauvres en Espagne, etc etc.

Conclusion : je prends les aliments de base en bio : farine, sucre, lait, oeufs ; si je ne les trouve pas en local.  J’évite le plus possible tout ce qui est marque de grande surface. Je privilégie les fruits et légume de saisons (voir article précédent) Tout en essayant de rentrer dans mon budget. Et voilà comment une chose qui devrait être simple et naturelle, manger sainement, devient compliqué car il faut toujours rester sur ses gardes.

Le libre-arbitre

Dans quelques heures aura lieu le premier tour des élections présidentielles.  Sincèrement, j’ai peur de ce qui va nous tomber dessus. Et en même temps, la démocratie c’est ça : devoir accepter que la volonté de la majorité l’emporte. Même si elle nous paraît des plus absurdes.

Et dans nos croyances ? Un jour, je me suis amusée à chercher les différentes clairières druidiques sur le net. Comment dire …..

J’ai vu une clairière dont le discours me rappeler le christianisme, une autre limite facho, une qui se vantait d’avoir « l’élite » des druides, une qui prône l’orthopraxie (au moins j’aurais appris un mot) basé sur les rites védiques,  certaines qui ont l’air franchement très cool (dans le bon, comme dans le mauvais sens), etc. Donc, il faut se retrouver dans toutes ses clairières et accepter que ces groupes religieux aient des divergences de l’un à l’autre dans leurs systèmes de croyances.

Sachant qu’un groupe est composé d’individus, chacun unique en fonction de qui il est, son vécu, son ressenti, son expérience, son savoir et sa compréhension.

=> bon ça, c’est dans n’importe quel groupe humain, quelque soit le domaine.

Seulement, j’imagine que comme moi, lorsqu’on se lance dans le paganisme, on a une soif de vérité, de connaissance. De lumière, j’ai envie de dire ! Alors on écoute, on lit . Et il faut beaucoup lire si on veut se forger son propre avis. Cela aide également à ne pas hésiter à se remettre en question, à avoir un regard plus critique.  Il m’est arrivé de lire des textes qui me semblaient d’une telle évidence que je les brandissais comme la seule vérité.  Pas bon, je peux vous le dire. Car, on peut découvrir assez vite d’autres textes tout aussi intéressant, sonnant tout aussi juste et qui pourtant donne un autre point de vue.

Je pourrais me contenter de lire toujours le même auteur et de le prendre comme guide spirituel. Ou de dire que c’est la dernière personne qui a parlé/écrit qui a raison. Mais non ça ne me convient pas.

Viens aussi les rencontres, avec d’autres païens. Avec des discussions sur des thèmes généraux au paganisme (le rapport à la nature par exemple) ou plus précis selon la voie choisie (comme le druidisme pour moi). Ces discussions peuvent être vraiment enrichissantes et m’ont, par exemple, souvent permise, en formulant ce que je voulais dire, de préciser ma pensée. Et il y a les confrontations.  J’ai parfois eu envie d’étrangler mes interlocuteurs. Enfin d’avoir un sac de boxe pour me défouler dessus. Quand j’ai pu lire ce qui me paraissait des absurdités, de non-sens, d’incohérences et d’incompréhensions. Oui, sauf que c’est mon point de vue. Et si je ne tolère pas qu’on me retire mon libre arbitre, qui suis-je pour vouloir le supprimer à mon interlocuteur ?

Le libre-arbitre est à la fois une liberté et une prison.  Maintenant, quand je vois qu’une discussion tournera court ou virera en pugilat verbal, je préfère y mettre fin. J’ai donné mon avis, j’ai écouté celui de l’autre et basta ! J’ai autre chose à faire que d’user mon énergie dans du vent. Et qu’on me sorte que je ne sais pas débattre ne me pose aucun problème.  Les débats stériles où seul l’ego s’exprime ne me dérange pas. C’est par contre parfois douloureux de voir de quelle personne ça vient …

Oui, mais au sein d’un groupe. Au sein d’une nation qui a élu son président. Que faire ?

Ma seule réponse est une forme d’individualisme.

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J’aime cette phrase de sagesse. Je remplace seulement le début par le nom d’une divinité que j’honore ou le terme général de « Dieux et Déesses » ou « Ô Divinités ». Si ce qui arrive autour de moi ne me plaît pas mais que j’ai aucun moyen d’action pour le changer, je me concentre sur ma personne, mon cheminement, mes valeurs.  Si je me retrouve dans d’autres personnes, cool. Regroupons-nous. Néanmoins que cela se fasse naturellement, sans forcing. Si les similitudes sont superficielles, le reste n’évoluera pas en profondeur.

Suivre mon chemin de vie, encore et toujours. Travailler à la transformer pour arriver à mon projet, pour acquérir plus de connaissance, évoluer, me remettre en question. Ne pas hésiter à m’opposer, même pacifiquement,  avec sagesse et diplomatie.  Et que si une personne me dit « ta croyance est erronée », si un druide me dit « ce que tu dis/crois/fais est faux », accepter son libre-arbitre. Mais ne jamais renoncer au mien.

Alimentation : manger de saisons

Dans l’idéal, il ne faudrait manger que des plats préparés par nous-mêmes, à partir de produits frais, biologiques et locaux.

Dur dur, pour une nana comme moi qui n’aime pas cuisiner à la base et qui ne sait pas faire grand chose. Pas évident d’en avoir le temps quand on travaille à temps plein, qu’on a des enfants à charge, qu’on passe beaucoup de temps dans le métro / train / la voiture chaque jour et/ou quand on a pas les boutiques adaptées à cette demande à proximité. Et question budget, c’est une autre histoire !

C’est pourquoi j’ai commencé en douceur sur le sujet, quand je  m’y suis intéressée. Première étape : manger de saisons ! Tout d’abord, ça permet de se reconnecter au cycle naturel. Car à force de voir des fraises en hiver, je ne savais plus à quelle époque je vivais. Et depuis, je redécouvre le plaisir de manger un bon melon juteux et sucré en été ou une fondue de poireaux en hiver. C’est comme une forme de rite dans le temps qui me permet de mieux me positionner dans le temps et l’espace dans lequel je vis. Cela m’a également permis de repenser à l’agriculture, de ceux qui en vivent, de la manière dont ils la pratiques, etc. Et puis, ce n’est pas encore du bio, mais un fruit ou un légume de saison est souvent une meilleure source de vitamines et autres compléments alimentaires nécessaires à notre santé qu’une tomate gorgée d’eau 12 mois sur 12.

C’est pourquoi j’ai placardé sur mon frigo un  « calendrier » des fruits et légumes que je consulte toujours avant de faire mes courses 😀  . Vous en trouverez plein sur internet. Voici celui que je me suis imprimé .

calendrier fruits et legumes

 

Deuxième étape : manger français. Je sais que l’agriculture française n’est pas la reine de la santé et du bien-être. Mais comme aux dernières nouvelles, la législation française est un peu plus regardante et stricte sur la réglementation agricole, j’ai plus confiance dans les produits français que dans les produits espagnols par exemple. De plus, quand on sait qu’il ne reste à ce jour plus que 500 000 agriculteurs sur 60 millions de français, qu’ils sont endettés jusqu’au cou (une moyenne de 159 700 € d’endettement en 2010 !) et qu’ils gagnent moins de 500 euros par mois, je veux rajouter une forme d’éthique sociale à ma démarche écologique.

 

La Thuile des Fées

Je l’ai découvert dans mon livre Lieux mystérieux en Auvergne (éditions Ouest-France) et cela faisait un moment que je voulais aller la voir. La Thuile des Fées, ou Teoula de las Fadas, ou encore Tombe des Fées, est un dolmen brisé. On ne sait si c’est naturel ou dû à des fouilles clandestines du 19ème siècle. La légende dit « qu’autrefois par une nuit de pleine lune, alors qu’elles filaient la laine, le tonnerre gronda, qu’il y eut des éclairs et que le diable changea les fées en statues de pierre … hormis la reine qui s’échappa ! »

Pour rappel, les mégalithes (menhirs, dolmens) n’ont pas été érigés par les Celtes. Mais bien avant, au Néolithique. Bien que fortement endommagé, ce dolmen est l’un des plus imposant de Haute-Loire. Une de ses dalles aurait servi à la construction d’un moulin voisin.

Cahin-caha, me voici partie pour la commune de Taillac pour trouver ce trésor. Manque de chance, j’ai la capacité phénoménale d’interpréter toutes indications géographiques que l’on me donne. Cela n’a pas raté. Je suis allée au mauvais endroit. Même deux mauvais endroits.

Pourtant la forte pente et le sentier forestier à peine dessiné (plutôt la marque du passage des animaux) auraient dû m’alerter. Têtue, j’ai insisté pour finir par me poser sur la mousse moelleuse, admirée le paysage et me rendre compte que je n’étais pas au bon endroit. Repartons.

Je descend la route et traverse le joli petit village de Taillac.

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Je me retrouve au deuxième endroit possible selon les indications que j’ai comprise (ou pas lol). Ce n’est plus un sentier mais un chemin que j’imagine utilisé par les bûcherons. Entre les grands arbres, la musique joyeuse du ruisseau et le chant des oiseaux, un vrai bonheur ! Mais ça monte ! ça monte ! C’est raide et la non-sportive que je suis souffre / souffle. Je rencontre même un pin qui s’est effondré. Je découvre qu’il est recouvert de guis ! Et je suppose que c’est ce qui l’a affaibli. La raison me dit que ce n’est pas le bon arbre, ni la bonne période pour la cueillette du gui. Mon intuition me dit que c’est une chance et un porte-bonheur 🙂 . J’en cueillerai un rameau sur le chemin du retour.

Je finis de m’écarter du large chemin, une route de terre devrais-je dire, pour m’évader un peu dans les bois. Je suis trop haute pour entendre encore l’eau qui s’écoule. Cependant, les oiseaux sont plus présents. Un vrai enchantement. Et je retrouve ma mousse encore plus moelleuse que la première fois .

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Je n’ai pas marché longtemps.  Mais l’effort m’a épuisée. Le repos ne me semble que plus merveilleux. Le paysage, la forêt m’apaise. Je laisserai une petite offrande de remerciement avant de repartir.

Je retourne à ma voiture. Heureusement qu’on est en avril  et qu’on a changé d’heure, le soleil n’est pas encore couché. Quand même, malgré le bonheur d’avoir marché en forêt et de ne plus sentir aucune tension dans mon corps, je suis déçue. C’est alors que je regarde une autre carte et tout s’illumine !

Le dolmen n’est pas près du village mais bien au-dessus ! Je reprends la voiture !

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Je trouve enfin la bonne route. Je me gare, marche 20 mètres et je suis devant le dolmen.

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A 1 400 mètres d’altitude, la vue est magnifique. Mais à cette heure, le vent s’est levé et je commence à avoir froid. Pourtant, je n’ai pas envie de partir. Le lieu est magnifique et le dolmen m’attire comme un aimant. Une belle énergie se dégage du lieu. La difficulté pour s’y rendre est si facile, que je me moque de moi-même quand je vois à quel point j’ai physiquement souffert. La Thuile, je l’aurais mérité. Mais quel bonheur ! Et oui, je veux bien croire que des fées y résident 🙂 . Une forme de sérénité et de puissante énergie m’habitent. Oubliées les fatigues de la journée.

J’ai ramassé les 3 déchets qui y traînaient (j’étais équipée). J’ai déposée une offrande parfumée, fait une prière, je me suis imprégnée des lieux. J’en ai fait 3 fois le tour, caressé les pierres, mitraillé de photos et je suis repartie à regret. J’avais de la route à faire …. Néanmoins, j’y reviendrai avec plaisir, ainsi qu’explorer le chemin forestier qui part du Dolmen. Il y a bien une randonnée qui part de Taillac. Un circuit de 5 h 30 avec de sacrées montées ! Non, ça va, j’ai déjà donné lol.

Merci pour ce moment parfait. ❤