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Le temps sacré

Je cours toujours après le temps.

Cependant, il m’arrive parfois de laisser le temps au temps…

Il y a des instants, pourtant éphémères, mais si riches, qu’ils semblent rattacher à l’éternité ….

Le temps du rituel est sacré . Néanmoins, est-il si différent de mon temps quotidien ?

Le temps m’interroge, m’intrigue. J’ai souvent le sentiment de tenter d’attraper un temps qui n’est déjà plus. Le temps semble même s’accélérer et la société nous impose des contraintes de temps à respecter. Au point, que simplement me poser pour lire ou admirer la quiétude du paysage me fait culpabiliser. Et pourtant, cela m’est vital pour mon équilibre et donner du sens.

Me connecter aussi, au divin qui m’entoure. Habituée à me presser, il m’est difficile de le réaliser. Les seuls moments, où je le réalise réellement, est lorsque je me promène dans la nature et que je fais de longues pauses contemplatives. Néanmoins, même cela m’est difficile.

Et pourtant …..

« Désireux de rentrer en possession de ses biens, Oengus expulse Elcmar du Brug, sa résidence de la Boyne, par ruse et jeu verbal : il y entre à Samain, en armes alors que c’est un jour de paix entre les hommes d’Irlandes, et menace Elcmar en exigeant la place et la royauté pour « un jour et une nuit ». Mais comme « c’est en jours et en nuits que le monde se passe », la prise de possession est perpétuelle. Le récit se retrouve notamment dans le Livre de Leinster (De Gabail in tSida) mais aux dépens du Dagda qui est expulsé par le même jeu verbal : « La nuit et le jour sont la durée du monde entier ». 
 (Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques de Philippe Jouët,  dans le texte consacrée à Oengus)

Une nuit et un jour, symbole de la vie et de la « perpétuité » du monde. C’est un concept que je ne suis pas encore sûre de comprendre. En même temps, c’est comme si quelque soit la nuit, quelque soit le jour qui le suit, le temps ne variait pas. Comme si tout était gommé,  les saisons, les célébrations à des dates particulières ….

« L’Autre Monde est non seulement « ailleurs », hors de la dimension spatiale de notre monde, il est aussi en dehors de sa dimension temporelle : en dehors du temps, dans une éternité instantanée puisqu’elle n’a pas de durée … De fait, toutes ses évocations le disent habité par des individus inamoviblement jeunes – un des ses noms irlandais est Tir na nOg, « le Pays de ceux qui sont Jeunes » -, car sa non-durée induit que l’on n’y vieillit pas et qu' »on n’y perçoit par le passage du temps ».
(Mythologie du Monde Celte, Claude Sterckx)

Après lecture de cet extrait, je comprends que le texte qui évoque Oengus concernerait uniquement l’Autre Monde. Le Monde où réside les divinités.

J’avais lu que lorsque nous ritualisons, si c’est bien effectué, nous ouvrons une porte vers l’Autre Monde et nous connectons au « temps » et à l’espace des Dieux. Passage du Divin dans notre dimension. Les quelques cérémonies où j’ai pu participer, j’ai en effet pu ressentir énormément de choses. Comme une ouverture … de mon moi intérieur vers l’infini.  Une connexion vers  une (ou des) présence(s).  Le temps, cependant, ne s’est pas arrêté, mais fut d’une grande intensité.   Plutôt qu’un passage vers l’Autre Monde, ce qui voudrait dire que les Dieux sont totalement en dehors de notre dimension, je le vois plus comme la création d’un point de connexion entre nous pour faciliter la communication.

Il y a quelques temps, j’évoquais ces notions de temps sacré avec W. Les différents calendriers connu dans le monde païen. Ceux qui collent à l’année civile ( 2 février = Imbolc, 1er août = Lughnasad, etc…). Mais le calendrier civile  est une vision du temps qui a été remaniée pendant des siècles . C’est un calendrier « actuel  » qui ne colle pas forcément à la conception ancienne des dates et du temps.  J’ai vu le calendrier d’une clairière druidique qui faisait en fonction de la date civile et de la pleine lune la plus proche pour fixer la date de ces célébrations. Je connais un collège druidique dont un des druides a énormément travailler sur le calendrier de Coligny (le seul calendrier fait par des druides de l’Antiquité, connu à ce jour). Quand on s’y penche, c’est passionnant. Néanmoins, on y trouve beaucoup de fêtes pour combler les vides, qui sont inspirées de l’Hindouisme.  Au début, j’y opposais un véto. Ok, il y a des similitudes. Cependant, les Celtes ne sont pas les hindous. Etc. En m’y intéressant un peu plus, au vu des similitudes dans certains mythes, je me suis dit pourquoi pas. Il y a une certaine cohérence dans toutes ces fêtes et font sens. Et certaines me parlent énormément.

J’expliquais également à W, que selon moi, on voulait trop se fixer sur des dates alors que certaines fêtes concernent plus des périodes au final et que je le ressens comme tel.  Comme la renaissance du Soleil. Yule pour les Asatrù.  Les 12 jours ( Joyeux Noël (et les 12 jours ?) ). Le solstice d’hiver pour un néophyte.  Pourtant, astronomiquement, le solstice d’hiver n’est pas qu’une histoire de nuit la plus longue et jour le plus court de l’année !

« Le solstice d’hiver correspond à l’instant où la longitude apparente géocentrique du Soleil est égale à 270° », précise l’IMCCE. Traduction : au moment du solstice d’hiver, la position de la Terre par rapport au Soleil va atteindre son inclinaison maximum, avec, encore une fois, un ensoleillement rasant du côté de l’hémisphère nord. » =>  Solstice d’hiver : découvrez les secrets de notre entrée dans l’hiver ! (L’Internaute)

Malgré toutes les qualités d’astronomes attribués dans les récits aux druides, j’ai quand même peu de doute sur leur capacité de calculer l’heure de cette inclinaison à 270 °. Et je trouve vraiment qu’il y a une magie dans l’air durant cette période. Pour citer d’autres périodes sacrées, Lughnassad dans les temps celtiques duraient 15 jours. J’ignore s’il y avait des cérémonies sacrées tous les jours, mais les peuples se rassemblaient à l’occasion pour des foires, des marchés, pour régler des affaires politiques et autres. Le Roi devait prouver sa capacité à régner en redistribuant les richesses. On y effectuait également des jeux funèbres en mémoires du sacrifice de Tailtiù.

Parlant de toutes ces périodes, W. me parle du calendrier des paysans sur ses terres. Ainsi, pour eux, ce n’est pas l’équinoxe de printemps qui compte, mais la lune de mars. La lune prend ici le sens de lunaison (de la nouvelle lune  à la nouvelle lune suivante). La lunaison de mars, faisant fi de notre calendrier civil, peut très bien démarrer fin février ou finir début avril. Ce qui compte c’est qu’elle comprend l’équinoxe du printemps.  Or, ce que W observe tous les ans, c’est à cette lunaison que la montée se sève commence et que tous les arbres de la famille des Prunus se réveillent. Les abricotiers vont même jusqu’à fleurir. Or, à la Pleine Lune de la lunaison de Mars, le froid tombe au risque de geler les bourgeons naissants. Et de détruire la future récolte à venir.  Au contraire à la Nouvelle Lune, les paysans se sentent  à l’abri.  « Même s’il y a un décalage dans le calendrier, cela a toujours été vérifié » m’a précisé W.

La lunaison suivante est appelée « Lune Rousse ». Même si elle est moins conséquente que celle de Mars sur les plantes, elle peut briser les jeunes pousses et les griller, leur donnant cette couleur rousse.   Ce qui correspond à peu près au moment des Saints de Glace.

De fil en aiguille, W. me reparler d’un site qu’il voudrait me montrer. Et je dois dire qu’avec ses talents de conteur, il m’en a donné vraiment envie !

L’oppidum de Sainte-Luce dans la Drôme. Site gaulois, récupéré par les Romains et qui était déjà occupé avant l’Âge de Fer. Un monastère s’y est même installée des siècles après.  A cet oppidum a été creusé dans la paroi un occulus d’environ 1,50 m de diamètre. C’est une trouée pas particulièrement impressionnante, creusée par la main de l’homme dans le roc. Au cours de l’année, le soleil le touche sans plus. Juste en contrebas se trouve un petit vallon avec une ferme. Du 1er décembre au 1er janvier, ce vallon ne reçoit aucune lumière. (Bigre ! Je ne sais pas comment ses habitants font !)

Pourtant, du 13 décembre au 25 décembre, une personne de ce vallon peut voir que le soleil se lève au centre de l’occulus et sa lumière donne sur une source du vallon. Soit plusieurs km en contrebas … Puis la le soleil dépasse la montagne pour éclairer la vallée encore plus basse ….. Wow ! Mais comment ont-ils fait ?!

Pour l’anecdote, le 13 décembre est le jour de Sainte Lucie. Lucie du latin lux, la lumière. Cela se déroule à l’oppidum de Sainte Luce.  Et, en plus de la signification de son nom, je me demandais pourquoi Sainte Lucie était associée à une fête des Lumières, célébrée en Scandinavie. Car à l’origine, Sainte Lucie est de Syracuse en Sicile Et bien, j’ai découvert ceci : « Fait surprenant, le rallongement des jours a en fait commencé depuis le 13 décembre, jour de la Sainte-Lucie : à partir de ce jour-là, le soleil s’est mis à se coucher de plus en plus tard. Un dicton imagé existe d’ailleurs, qui dit « à la Sainte Luce, le jour croit du saut d’une puce ». Il date du 14e siècle, quand l’on se référait encore au calendrier Julien instauré par Jules César… et dans lequel le solstice d’hiver avait lieu aux alentours du… 13 décembre !  » (Solstice d’hiver, L’Internaute)

Et l’éclairage par  l’occulus à lieu durant ….. 12 jours.

Pour ce qui est du rallongement du jour à compter du 13 décembre, oui mais non. 😛  A compter de cette date, le soleil se couche un peu plus tard. Mais il se lève également un peu plus tard. Donc les jours continuent à raccourcir. Puis la durée d’ensoleillement stagne quelques jours aux alentours du solstice. Enfin, ils rallongent petit à petit. Il est amusant de remarquer, que même si la Sainte Lucie ne correspond plus au solstice d’hiver depuis le passage du calendrier julien au calendrier grégorien, cette date reste quand même attachée à une évolution de la lumière solaire dans notre hémisphère.

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Joyeux Noël (et les 12 jours ?)

C’est vrai, j’ai fêté Yule. Mais je continue également à fêter Noël avec ma famille et mes amis.  Cela reste une belle fête de rire et de partage.

Bon raté pour moi cette année, je suis restée chez moi malade. Mais le simple fait de savoir que je suis aimée par ma famille m’a suffi pour passer des moments apaisés, avant de m’effondrer de sommeil. De plus, j’ai eu droit à leurs messages et pensées. Un vrai baume au cœur. Ma mère  sait que je n’ai qu’une envie en ce moment, c’est de me promener en forêt. Sauf que par chez moi, c’est plutôt la garrigue. Elle m’a appelé  en visio alors qu’elle s’y promenait sous un beau soleil, pour me faire partager la forêt ❤ . Son attention m’a beaucoup touchée et d’en reparler, j’en ai déjà le sourire.

Et puis, soit je perds la boule, soit cette nuit j’ai été visité par un petit farceur 😀 . Sur la porte de ma chambre, j’ai attaché une branche de résineux que j’avais depuis des années. Je l’ai entouré d’une guirlande sur laquelle j’avais enfilé des décorations.  Et comme pour un pendentif sur une chaîne, j’ai bien fait attention au sens dans lequel je les ai mises pour qu’elles soient visibles comme il faut. Quelle ne fut pas ma surprise ce matin de voir que l’étoile en bois était inversée, laissant apparaître sa face avec les écorces (j’avais choisi la face sans écorce). Mais surtout, elle n’était pas simplement retournée. Elle avait été enlevée puis remise sur la guirlande qui avait aussi bougé ! Soient mes félins sont devenus magiciens, soit le Lutin de Noël a voulu me faire une petite blague 🙂 .

J’aime vraiment cette période et je repensais aux « 12 jours » . C’est une expression croisée de temps en temps sur le net, que j’ai lu sans jamais vraiment chercher à comprendre. De mémoire, j’en ai surtout entendu parler par les pratiquants de l’Asatrù. Je ne sais pas exactement quand débute cette période des 12 jours. Je l’ai intégré comme une période où la magie est plus présente, où certains Dieux et Déesses peuvent se rendre dans notre monde.  Une période où la moindre petite flamme de bougie est plus puissante qu’elle en a l’air.  Il faudrait que je m’y plonge un peu plus.

« Douze jours : Période bien attestée dans le monde indo-européen ancien (Inde, Anatolie, Grèce, monde germanique) et le folklore du XIX ème siècle (cycle des Douze Jours). […]

Les Douze jours représentent la différence entre les douze mois lunaires et l’année solaire. Plusieurs auteurs on rejeté cette interprétation. […] selon M.P. Nilsson, le mois commençant avec la nouvelle lune, l’intercalation annuelle était impraticable. C’est ce qui explique les flottements observés dans la place des douze jours, comme d’ailleurs les diverses intercalations nécessaires à l’établissement des d’un calendrier. Mais mythe et rituel peuvent conserver la trace d’un comput plus ancien, abandonné dans la pratique pour des raisons de calcul. Or, de nombreux faits montrent que les Douze jours sont une donnée très ancienne. L’homologie entre les principaux cycles temporels a fait de ces jours, dans le rituel indien qui porte leur nom, dvadasaha (il y a des accents que je ne sais mettre avec mon clavier)  l' »image » des douze mois de l’année. […] Le parallèle homérique des douze jours d’absence de Zeus et des dieux (les diurnes) renforce la conception : les Douze Jours on été conservés par la tradition , comme élément mythique et rituel, ainsi que par le folklore.  

Les Douze Jours sont la période par excellence des dons royaux et des jeux de paroles destinées à renouveler l’année. En Irlande le cygne, sans doute image du soleil renaissant post-solsticial, était dit « fille des douze nuits ». Cette symbolique se retrouve dans le récit des Eachtra Airt :  la victoire de l’oiseau à une patte sur celui qui en a douze représente le triomphe du soleil sur les Douze Jours. On retrouve dans cette période dans le récit de la Seconde Bataille de Mag Tured : Nuada se tient debout devant Lug durant treize jours que l’on est fondé à interpréter comme les douze plus le solstice d’hiver. Il reconnaît sa primauté temporaire dans un cadre saisonnier au moment précis où la situation des Tuatha commence à se rétablir […] 

Le folklore a conservé les quêtes cérémonielles accompagnées de chants et de jeux de paroles des Douze Jours. […] Selon Grégoire de Rostrenen il s’agit en Bretagne des douze premiers jours du mois de janvier dont la qualité dénote celle des douze mois à voir. Suivant F. Vallée ce sont en haute Cornouaille les six derniers jours de décembre et les six premiers jours de janvier. »  (Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtique de Philippe Jouët)  

 

« Douze : Douze est le nombre des divisions spatio-temporelles. Il est le produit des quatre points cardinaux par les trois plans du monde. Il divise le ciel, considéré comme une coupole, en douze secteurs, les douze signes du Zodiaque, qui sont mentionnés dès la plus haute Antiquité. […] La combinaison des deux chiffres 12 x 5 donne naissance aux cycles de 60 ans, où se résolvent les cycles solaires et lunaires. Le douze symbolise dans dans son déroulement cyclique spatio-temporel. […] 

Le nombre douze ne possède pas dans le monde celtique dont les nombres clés sont trois, neuf et vingt-sept, de significatin s’éloignant du symbolisme général. La Table Ronde du roi Arthur comprend elle aussi douze chevaliers.

Douze est en définitive, toujours le nombre d’un accomplissement, d’un cycle achevé. Ainsi dans le Tarot, la lame du Pendu (XII) marque-t-elle la fin d’un cycle involutif, suivi par celle de la Mort (XIII) qu’il faut prendre dans le sens de renaissance. » (Dictionnaire des Symboles, de J. Chevalier et A. Gheerbrant).

 

Je me suis posée  la question si cette période des 12 Jours correspondaient au temps que met réellement le Soleil à agrandir sa course dans notre ciel. Car lorsqu’on prend le temps d’observer la durée d’ensoleillement, nous nous retrouvons avec des durées assez semblables sur plusieurs jours.  Pour vous donner une idée, vous pouvez consulter ce site pour le mois de décembre 2017 : Lever et coucher du soleil.

Cependant, cela ne colle pas tout à fait. D’ailleurs faut-il compter ces 12 jours à compter du Solstice ? D’une autre date ? Reprendre une période donnée dans le premier extrait cité ci-dessus ?

Pour conclure, je vous partage ce que j’ai lu aujourd’hui, sur la page Facebook d’un cercle druidique en Espagne, que j’ai beaucoup aimé : Orden Druida Fintan

« En retard, à cause d’un ennuyeux « grippe » qui m’a laissé hors de combat, je vous explique cette nouvelle étape de l’année où, toujours selon notre tradition, nous célébrons la uerdii.

Les 12 jours de calme qui marquent le cœur de l’hiver et au cours desquels se développent différents rites et pour le retour et l’autonomisation de la lumière et des tuatha dans le monde.

Les festivals ne sont pas des rites ou des cérémonies proprement dites.

Ils marquent des espaces de temps définis au cours desquels des festivals (groupe) peuvent être réalisés au sens extricto ou de simples actes privés qui, bien qu’ils coïncident entre les croyants, n’impliquent pas un festival au sens de la célébration communautaire.

Ils ont pour but de mettre en situation les croyants au moment sacré où ils se traverse, tout en rappelant les fondements religieux qui marquent ces jours-là. Ils permettent également de transmettre ces concepts religieux en perpétuation l’acte social qui générera un folklore spécifique. Ainsi, depuis le début jusqu’à la fin, le festival donne au croyant un cadre général conforme au temps sacré qui se développe pendant ce temps.

Le respect de ces actes sociaux, tant individuels que collectifs (que nous appelons indistinctement comme des festivals) est propre et exclusif de notre tradition.

Nous n’avons pas l’intention de dire qu’ils ont leur origine dans les peuples celtes de l’âge du fer, c’est-à-dire que ces périodes pourraient être observées dans l’Antiquité et que, par conséquent, leur célébration actuelle sera considérée comme une partie de la reconstruction d’une réalité plus ancienne On a essayé, oui, de fonder ces festivals sur des concepts anciens déjà existants, que ce soit dans le folklore celtique ou dans le indoeuropéens.

Les festivals sont établis dans notre calendrier pour tenter de créer dans le croyant actuel un sentiment social conforme au moment de l’année liturgique qui se passe et qui est souvent inconnu ou mal interprété. C’est donc une tentative de générer un néo-folklore qui, à la fois, est cohérent et adapté aux différents moments de l’année et aidera le croyant, dans la compréhension de celui-ci.

Il faut dire que les mêmes sont au sujet de l’étude et qu’ils seront mis en œuvre pour adapter leur dentelle et leur correction en fonction des connaissances que nous possédons. Cela signifie qu’ils peuvent être ouverts à des modifications, des annulations, des annulations ou des déplacements dans l’année si cela est jugé nécessaire.

Aujourd’hui et après la matronoxs, nous commence dans notre tradition la uerdii, une période de 12 jours pendant laquelle nous réfléchissons sur l’éthique et le comportement que tout croyant doit respecter.

Les jours consacrés se composent de 4 Triades :

(nous nous ensuite les 3 premiers jours qui se déroulent au cours des jours 22/23 * 23/24 * 24/25)

1 e triade : « comme nous devons nous comporter ».
1 ème jour
Vertu : hospitalité
Divinité : Matriarches
Danua-Anna-Dana-Danu [la grande mère créatrice céleste]
Bouenda (boucca) [la grande mère chaleur céleste]
Talantio (taltiu) [la grande mère chaleur terrestre]

C’est le jour de l’hospitalité. Nous dans à la maison avec nos mères et notre tribu. C’est ce jour, toute maison celte devrait être un foyer ouvert à tous ceux qui le cherchent. L’hospitalité est l’une des vertus fondamentales du peuple celte. En offrant notre maison, nous offrons notre centre le plus intime, notre réalité fondamentale.
C’est un jour pour être tous ensemble, autour de la table ou du feu de maison, partageant des aliments, des histoires, des sentiments et des sensations. Un jour pour les fraterniser, les hôtes et les hôtes, et être tous un même cercle. Un jour aussi pour honorer nos mères et nos grands-Mères car nous avons tous reçu l’hospitalité parfaite du ventre maternel, nous protégeant, nous protéger et nous protéger.
Nous ferons des offrandes de lait de vache chaude avec du miel, du vin chaud, du pain cuit, des céréales et du sel. À l’exception du sel et des grains, les offrandes sont faites chaudes car cette chaleur représente la chaleur de la vie, la chaleur que nos mères nous transmettent sous forme d’amour, de soin et d’alimentation.

2 ème jour
Vertu : honnêteté (sincérité)
Divinité : Lugus.

Jour consacré à la vérité, vertu capitale pour nous. Jour pour honnêteté et agir avec l’honnêteté due à la vérité dont nous sommes garants. Souvenons-nous de la maxime « avec la vérité face au monde » et défendons la vérité avec résolution en ce jour sacré.

Nous ferons des offrandes d’hydromel et des noix à lugus

3 ème jour
Vertu : générosité
Divinité : Rosmerta
En ce jour, nous allons pratiquer la générosité. Depuis L’Antiquité, cette journée a été remplie de cadeaux pour nos familles et amis. L’Abondance, la plénitude, le bonheur n’arrivent que par la générosité.

Nous sur la nécessité de donner pour pouvoir recevoir. Donner non seulement des cadeaux, mais surtout, donner de la joie, faire chaud. Donner, c’est ouvrir les bras. Embrassons pour être enlacés par rosmerta.

Nous ferons des offrandes de fruits (frais et secs), de vin, d’hydromel, de lait, de bière, de bonbons, de biscuits, de fromage, de gâteaux,…., tout ce qui suppose abondance et bonheur, mais surtout, rires et joie. »

Halloween en Ardèche

Cette virée en Ardèche, cela fait déjà longtemps que nous en parlions avec mon meilleur ami W. Le projet d’origine était sur deux jours, mais comme W n’avait pas beaucoup de disponibilité, je suis arrivée seule le 30/11/2017.

Je ne sais plus à quand remontait mon dernier petit périple de ce genre. Prendre la voiture vers une destination qui me plaît, parcourant des routes inconnues.  En chemin, j’ai découvert tout une partie du Gard que je ne connaissais pas. Je suis passée par des plaines de vignes, entre des collines percées de carrières, de beaux villages, la vallée de la Cèze.  J’ai eu un petit coup de coeur pour le village de Barjac, juste avant la frontière ardéchoise. Je n’ai pas eu le temps de m’y arrêter, mais je l’ai trouvé magnifique.

« Barjac est un village pionnier du développement durable et de la culture du bio en France. Le salon Ethic & nature fait la promotion des activités et du style de vie lié à ces choix plusieurs fois par an. À ce titre la cuisine centrale s’est axée sur l’alimentation bio depuis près de cinq ans » (Wikipédia)

Puis je me suis rendue à Vallon-Pont-d’Arc, fait un détour voir cette fameuse arche au dessus de l’Ardèche.qui est juste magnifique,pour finir par la Grotte Chauvet. Du moins sa reconstitution. Je n’ose imaginer comment c’est en période de beaux jours. Car je trouvais qu’il y avait quand même beaucoup de monde.

Le site est sympa. L’équipe est chaleureuse, disponible et professionnelle. La reconstitution est juste hallucinante. Quand la porte s’ouvre, vous avez littéralement l’impression de plonger dans une grotte.  Il y fait aussi froid, avec la même interdiction de ne rien toucher.  Nous voyons les bauges, les empreintes et les os d’ours.  Les œuvres pariétales y sont splendides. Il y a des gravures, des dessins avec de l’hématite  réduite en poudre (secteur rouge) dont des paumes de mains, des points. D’autres d’une autre époque au charbon de bois. (secteur noir) Il y a même des parois où se trouvaient de l’argile humide. Les hommes du Paléolithique en ont profité pour y tracer des dessins avec leurs doigts. Dont la seule représentation de Hibou des temps préhistoriques connue à ce jour.
Leur manière de représenter les animaux est fascinante. Simple et efficace. Et le grand panneau de la salle du fond, où l’on suppose qu’il s’agit d’une scène de chasse de lions coursant chevaux, bisons, rhinocéros est saisissante. Je voulais voir cette grotte depuis un moment. Je suis heureuse de m’y être rendue. De plus, notre guide était vraiment passionné et passionnant. J’en suis ressortie envoûtée. Imaginer ces hommes (et pourquoi pas ces femmes), se rendre dans l’obscurité de la Terre pour y peindre la vie animale qu’ils côtoyaient. Je l’ai ressentie comme une quête spirituelle .

Néanmoins, une frustration. Comme une contradiction entre mon émerveillement visuelle et mes autres sens. Pas d’odeur de terre, d’humidité sur la peau. Normal, puisqu’il s’agit d’un fac similé. Cependant, cette opposition de ressentis a fini par créer un malaise en moi.

=> Grotte Chauvet (visite virtuelle de la véritable grotte)

Le lendemain, c’était reparti. Mais à deux cette fois-ci. J’étais la passagère, je n’avais plus qu’à me laisser guider. Départ tôt de l’hôtel côté Drôme,  W et moi longeons le Rhône. Je découvre la centrale nucléaire de Tricastin et l’ironie du gouvernement. Des éoliennes à côté, et un enfant jouant, peint sur l’un des réacteurs. Passés cette ombre noire, nous traversons le Rhône pour l’Ardèche et W me fait découvrir le village de Rochemaure à flanc de collines (Rochemaure qu’il faut traduire en Rochenoire ). Le site est superbe. Nous le dépassons et nous arrêtons au dessus du village pour que je puisse prendre la silhouette du château et la vallée du Rhône en contrebas.  Nous repartons sur une petite route de campagne qui sinue entre les collines .

Un peu de Géologie. W me montre les orgues basaltiques laissaient par une ancienne coulée de lave. Il m’explique que dans les temps très anciens, le Mont Mezenc, ancien volcan situé à plusieurs kilomètres de là, eut une éruption dont la coulée de lave descendit jusqu’à Rochemaure (je vous dis tout ça de mémoire. J’espère ne pas raconter trop de bêtises). Cette coulée emplit les vallées. Quelques millénaires plus tard, avec le changement de climat, des glaciers érodèrent le sol. Sauf que le résultat de cette coulée de lave est du basalte. Une roche noire très dure. Ce sont donc les parties non recouvertes par le basalte qui ont été érodées. Les anciennes vallées recouvertes de basaltes sont devenues sommets et les anciennes montagnes  de roches sédimentaires sont érodées et devenues vallées. Et voilà un beau relief inversé !  La coulée de lave forme actuellement le plateau de Coiron ( voir sur Wikipédia qui vous expliquera tout ça peut être mieux que moi).

De détours en détours, après être montés sur le plateau, nous en descendons un peu. Et je découvre une roche plus tendre et plus claire sous le basalte. « De la marne », me dit W. Niché dans un de ses détours, le joli petit village d’Aubignas. Son château, son lavoir et sa fontaine. J’ai rempli ma gourde. Cette eau était délicieuse. Nous repartons et en chemin, nous longeons Sceautres et son impressionnant neck (le plus grand d’Europe selon Wikipédia).

Beaucoup d’Histoire. Puis W a roulé en direction d’Aubenas pour nous arrêter à l’oppidum de Jastres.  Celui de Jastres-Nord exactement. Car il y a l’oppidum de Jatres-Sud sur le territoire de la commune de Lavilledieu, et celui de Jastres-Nord sur la commune de Lussas. Selon les lectures de W, Jastres-Sud avait plus une fonction commerciale avec marché, etc. Jastres-Nord avait une fonction plus défensive. Les gens se réfugiaient derrière ses remparts en cas d’attaque.

Nous sommes ici en territoire Helvien .Peuple gaulois qui occupait un territoire qui correspond plus ou moins au département actuel de l’Ardèche. Les Helviens étaient clients des Arvernes. « Rien ne permet de préciser la date et les conditions dans lesquelles les Helviens furent annexés à la Province Transalpine mais y a tout lieu de penser en bonne logique que c’est à la suite de la défaite  subie par les Arvernes et leurs clients (121 avant J.C.) que les Helviens furent détachés de la mouvance arverne pour être intégré au nouvel espace politique que Rome était en train de mettre en place et qui allait former la Provincia. Ce fut là proablement le prix à payer pour le maintien de l’indépendance arverne au sein du nouvel équilibre. […] les Helviens, qui faisaient alors partie depuis plus de deux générations de la Provincia et se montraient dévoués aux Romains, eurent à souffrir lors du soulèvement dirigé par Vercingétorixx. Attaqués par les Gabales en 52 avant J.C., ils furent mis en déroute et, après avoir perdu au combat une grande partie de leurs meilleurs guerriers, dont leur chef Domnotaurus, fils de Caburus, ils furent contrains de s’enfermer dans leurs places fortes en attendant l’arrivée des renforts romains. » (Les Peuples fondateurs à l’origine de la Gaule)

Le nom de Jastres vient du « rocher » sur lesquels sont bâtis les oppida. « Il ne serait pas impossible que le chef-lieu primitif des Helviens, […], ait été l’oppidum de Jastres-Nord, situé à 18 kilomètres à l’ouest d’Alba. Remontant à la fin du II ème siècle avant J.C. D’une superficie de 5 hectare, le site en contre-bas des Cévennes, domine du sommet d’une falaire de 150 mètres le cours moyen de l’Ardèche « . (idem) Les deux oppida, distantes de seulement d’un kilomètre, placés à mi-chemin entre la vallée du Rhône et le Massif Central, contrôlaient l’une des principales routes antiques reliant ces deux zones géographiques.

La première chose qu’on découvre en arrivant, c’est cette portion de rempart assez imposante avec une alternance de tours carrées et rondes. Puis quand on les dépasse , cette vue impressionnante du haut de la falaise vers la rivière de l’Ardèche. Ce genre de vue me donne l’envie d’être un oiseau et de me lancer dans le vide.  En dehors des remparts, le terrain est peu aménagé et on se perd vite au milieu des pierres, des semblants de murs, des herbes folles et des chênes.

Puis avec W, nous reprenons la voiture et la route qui surplombe la coulée de lave du plateau de Coiron.

Passionnément de la Beauté. Et je comprends enfin pourquoi W tenait tant à me faire découvrir cette route. Nous grimpons, grimpons et surplombons le paysage. Un virage, nous découvrons les vallées sur notre gauche. La voie continue sinueuse et c’est l’autre côté de la crête que nous découvrons. Les arbres ont disparus depuis longtemps. Seule reste l’herbe rase. Un froid ! Mais une vue, des paysages de toute beauté. La Nature dans toute sa splendeur.

Nous nous arrêtons au col de la Soulière pour pique-niquer. L’air est vif. Heureusement que le Mistral des jours précédents s’est levé. Nous pouvons y voir une magnifique coulée de lave à nue, figée dans ses plissements. Et un … sarcophage ?! Creusé à même un blog de basalte ! Ce pourrait être un abreuvoir, mais vu comme il penche et comment il est situé, il n’a pas l’air pratique. W qui me déclare s’être toujours demandé ce que cela pouvait être et pourquoi c’était là …. Au milieu de nulle part.  Comment dire …. La coupe est même bien entamée pour le séparer du rocher et dessine un beau rectangle. Notre hypothèse du moment, la commande d’un riche excentrique annulée avant la fin.

Nous reprenons la route et nous dirigeons au Mont Jerbier.  Car à son pied se trouve la source de la Loire. Enfin, deux sources situées dans deux bâtiments, distancés de quelques centaines de mètres avec des panneaux bien touristiques « ICI LA VRAIE SOURCE DE LA LOIRE ».  W. ne s’arrête pas et prends une route qui redescend pour s’arrêter un kilomètre plus loin.  Nous faisons quelques pas et nous nous retrouvons à la jonction de trois sources. Celles citées ci-dessus. Et une troisième, celle que W considère comme la véritable source. Il l’a remonté jusqu’à sa résurgence. Le niveau de l’eau est tristement bas, mais l’énergie y est bien présente. A la fois douce et vitalisante.

Enfin, nous rebroussons chemin.  Je découvre alors un autre aspect du département de l’Ardèche, avec ses vallées très encaissées. Au point que le fond n’est pas visible et semble toujours dans l’obscurité.

Nous avons fini par nous arrêter dans un joli petit village dont hélas, je ne retrouve plus le nom. Nous avons marché entre des maisons en pierres, certaines inhabitables, avons grimpé sur le clocher sans toiture, pour admirer la vue et avons fini par déguster une bonne glace à la terrasse d’un café. Malgré la fraîcheur et le soir qui tombait, c’était vraiment agréable.

Cette journée m’a épuisée. Cependant, elle fut riche de beautés, d’apprentissages, de découvertes. Et j’ai la chance d’avoir W comme guide. En plus de connaître les lieux, il a toujours une anecdote à me raconter 😀

 

Un été …… particulier

Il y a eu la canicule ….

Il y a eu les petits soucis de santé. Merci  le laboratoire Merck, tes actionnaires, les lobbyistes et notre gouvernement si performant, si humain, toujours à l’écoute (bandes de crétins) ….

Il y a eu, malgré tout, le mois d’août  avec son bilan annuel, ses remises en questions, la finalisation des leçons, le lâcher-prise ….

J’ai été moins investie dans ma quête spirituelle.  J’ai au contraire travailler plus à mon avenir professionnel. J’ai eu comme des fulgurances, des pistes de réflexion, de nouveaux points de vue sur des sujets à aborder, mais qui sont restés à l’état d’idées pour mes prochaines recherches spirituelles. En même temps, en me consacrant à mon avenir pro, en lui donnant un sens  conforme à mes besoins, mes valeurs, mes envies, en choisissant la vie que je veux,  j’ai le sentiment de travailler à ma vie spirituelle.  Si je suis en accord avec moi-même, si je fais quelque chose qui me plaît, je serai plus en harmonie avec moi-même. Je vivrais plus selon mes croyances.

Un été particulier …. pour un avenir prometteur 😀

 

 

 

Obscurément vôtre

Cet article fait suite à mon article Ombre et Lumière et est une première tentative de réponse. Car je sens bien, qu’une seule réponse ne sera jamais suffisante.

Je suis une affective. Ce qui, en psychologie, signifie que je suis une personne dans l’affect et l’émotionnel. Je vous laisse imaginer les situation délicates dans laquelle je me suis retrouvée à cause de cette forte partie de moi-même et de mon manque de lucidité dans certaines situations. D’ailleurs, quand j’arrive à prendre du recul et à retrouver ma lucidité, c’est dans ses moments que je décide de forts changements dans ma vie ou que je décide de couper les ponts avec des personnes « toxiques ». Particulièrement dans le milieu païen.

Ce terme « toxique » en parlant de gens m’a souvent dérangée. C’est un jugement. Une vision très réductrice. C’est voir la personne tout en noir. Or, les êtres vivants ne sont pas blanc ou noir, mais une vraie palette de couleurs. Cependant, il faut appeler un chat « un chat ». J’ai côtoyé des personnes adorables et foncièrement gentilles. Néanmoins, elles se sont avérées « toxiques » pour moi. Pour de multiples raisons. Elles sont perdues et sont très demandeuses d’attentions, d’énergies. Elles ne savent pas retrouvées seules leurs énergies et pour vivre sont de véritables « vampires énergétiques » (ce peut être de manière totalement inconsciente). Elles ont simplement évolué de leur côté et plus rien ne nous unit. Essayer de maintenir à tout prix un lien qui n’existe plus peut devenir « toxique ». Et puis, bien entendu, il y a le lot de manipulateurs, mythomanes et « pauvres victimes » de la société qui cherchent les problèmes « mais c’est jamais de ma faute ». Ces êtres peuvent nous pousser dans nos derniers retranchements et dans de grandes colères. Mais avec le recul, elles sont plus à plaindre qu’autre chose.

Il m’est souvent arrivé d’avoir des changement de comportements que je ne comprenais pas moi-même. Je devenais agressive, fuyante, à mettre une barrière. Pour après culpabiliser. Pourquoi une telle attitude ? ou un tel manque de franchise parfois ? Pourquoi cet aspect sombre de ma personnalité alors que je prône l’honnêteté dans ma vie, mes rapports aux autres, mon paganisme ?

Une amie païenne me racontait qu’elle en avait marre des gens qui évoquent et ne cherchent que la lumière du divin, des anges, etc, etc. Alors que l’obscurité est, comme la lumière, partout omniprésente. Saurions-nous ce qu’est la lumière si nous n’avions pas remarqué son absence dans l’obscurité ? La lumière n’est-elle pas plus puissante, plus intense justement quand on l’y trouve ?

Enfin, j’ai compris. Mon Ombre, elle est mon instinct de survie. Je ne vous parle pas de ma part animale ou de mon cerveau reptilien. Mon Ombre est cette partie profonde de moi-même qui m’indique quand ça ne va pas et qu’il faut que j’agisse pour me préserver. Jusqu’ici, je ne savais l’entendre et c’est pourquoi je me retrouvais soumise à mon émotionnel et à agir de façon incohérente. Mon Ombre est cette fraction qui me pousse à voir au-delà de mes croyances et des cases que je me suis fixée/figée. Elle m’oblige à être lucide, à voir ce qui est, au-delà des apparences. Et maintenant que je le sais, j’ai encore moins d’excuse pour mal me comporter. Au contraire, mon Ombre me met face à mes responsabilités et elle me pousse toujours à me préserver, me protéger. Elle me pousse également à agir. Que ce soit dans mes relations sociales ou dans mes relations au Divin.

Nos Dieux et Déesses ont leur part d’Ombre. Même si en tant qu’être humaine, ma compréhension du Divin est limitée, je me dis que si on perturbe l’équilibre de l’Univers, la rotation de la Roue cosmique, les Divinités feront appel à leurs côtés sombres et nous éliminerons sans gamberger.

Puis, c’est arrivé. Quand j’ai enfin ouvert les yeux dans l’obscurité , faisant face à mon Ombre, j’y ai vu la plus belle, la plus limpide des clartés ; débordant la pénombre.

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(Crédits : Flickr / MyBiggestFan)

[Photo prise sur cette page : Quand la science va de l’ombre à la lumière [Du 21 au 25 avril 2014] Note de la rédaction : la semaine scientifique de MyScienceWork ]

Au cœur de la Terre (et « l’universalité » de nos divinités)

Hier, je suis tombée sur l’émission Au cœur de la Terre sur France 5. J’ai tout de suite était happée par cette émission fascinante qui date de 2009.

Au coeur de la terre

 » On pense souvent que l’énergie nécessaire aux différents organismes vient du Soleil. Certes, ce gigantesque réacteur nucléaire réchauffe l’atmosphère, influe sur la météo et permet aux cultures de pousser.  Sans lui, la faune et la flore disparaîtraient et nous avec. Mais les forces de l’intérieur de notre planète jouent un rôle tout aussi essentiel. La vie est possible grâce à un équilibre délicat entre l’énergie du Soleil à la surface de la Terre et celle qui est générée par le noyau terrestre.  » (voir à 6 min 30 dans la première vidéo ci-dessous)

Dans mon article La tête dans les étoiles, j’évoquais mon questionnement sur les connaissances à acquérir si je veux avancer dans la voie sacerdotale du druidisme. J’y évoquais surtout le côté science avec la Cosmologie.

Ici, je n’ai plus la tête dans les étoiles. Au contraire, je garde les pieds sur Terre. Je plonge même en son cœur. Cette émission m’a rappelée mes cours sur le volcanisme et la géomorphologie.

J’y ai également appris énormément. De la surface au noyau. Notre planète est fascinante et « vivante ». Il se déroule tellement de choses sous nos pieds dont on a pas conscience et qui nous sont pourtant vitales ! Terre-Mère est pleine de surprises .

« Ce qui a amené les scientifiques à se poser la question suivante : et si la vie n’avait pas commencé sur terre, mais sous la terre ? » (24 min 12 dans la première vidéo).

Une fois j’ai lu que, lorsque Cronos émascula Ouranos et que ce dernier se retira de Gaïa, laissant un espace dégagé entre la Terre et le Ciel, cela représentait symboliquement le moment où la lumière put surgir dans l’Univers. Soit vers 380 000 ans après le Big Bang. Or, quand on lit la théorie ci-dessus, on pourrait également dire que l’épisode de l’émasculation correspond au moment où la vie souterraine a surgi en surface sur notre planète. Ce mythe pourrait-il se lire à plusieurs échelles ? Je le pense sincèrement. Cela se recoupe avec ma conception des Fomores, Titans et autres Géants (ou la quête du mythe de la création), qu’il ne faut pas hésiter à voir nos mythes et connaissances avec différents angles de vue.

Je continue à m’intéresser aux sciences pour mieux comprendre le monde qui m’entoure.  Et il m’arrive souvent d’y trouver des échos dans mes croyances. Je ne cherche pas à adapter mes croyances aux sciences ou l’inverse.  J’apprends ce qui est connu à l’heure actuelle (ne pas oublier que cela ne cesse d’évoluer, quelque soit le domaine étudié). Et s’il m’arrive de sentir un lien avec mon paganisme, j’en suis ravie, puis j’essaie d’y réfléchir, de l’approfondir. Dans cette émission par exemple, le côté maternel (donneuse de vie) de la Déesse-Terre ne me paraît que plus évident ! Et beaucoup plus complexe ! Si au contraire, j’y vois une grande divergence, je le mets temporairement de côté. Afin d’y repenser quand d’autres éléments de réflexion me parviennent.

J’avoue que pour le moment, en dehors des grandes lignes assez généralistes du paganisme, j’éprouve tout de même une certaine frustration. Les mythes grecs de création m’intéressent grandement et me parlent. Je m’y réfère souvent quand je lis des articles de sciences. Mais j’aimerais tellement savoir quels étaient ceux des Celtes et des Druides ? Il va falloir que j’accepte que LE mythe de création celte n’existe pas/plus. Et que néanmoins, avec du travail, je peux voir effleurer des informations dans les mythes irlandais, gallois et britanniques existants.

Une autre question qui parfois me turlupine. La Grande Déesse est Terre-Mère (en tout cas, elle l’est pour moi). Mais se limite-t-elle à notre planète ? Je ne pense pas que nos Dieux aient des frontières physiques de ce genre. Pour l’exemple de notre planète ou encore de celle qu’on appelle Mère-Nature, ce ne sont qu’un aspect de la Déesse-Mère. Mais les Dieux régissent-ils l’Univers dans son entier ? En ce cas, pourquoi avons-nous sur Terre, à travers l’histoire, des Dieux limités à un peuple et/ou un espace géographique ? Le Dagda était connu en Irlande, mais pas en Gaule ou à Rome ? Le Shintoïsme est japonais. Il y a donc une notion de divinités locales (que ce soit la source locale ou le pays) qui existent.

« Les inscriptions et les textes nous ont livré les noms d’environ 400 divinités celtes dont probablement les 3/4 correspondent à des dieux locaux. Il ne semble pas, en effet, que le monde celte ait eu de véritable panthéon officiel, comme l’Olympe pour les Grecs et les Romains. […] En tout cas, la plupart des divinités celtes étaient des genii loci ou « esprits locaux », associés à un endroit précis. » (* voir annotation en bas de page)

Y aurait-il une forme de hiérarchie d’influence  chez nos dieux comme chez les catholiques et orthodoxes (Dieu, anges, saints nationaux, saints locaux, etc) ? Je commence à le croire, quand on découvre la quantité de divinités locales qui existent. Cependant, je crois aussi que certaines divinités sont au-dessus de tout ça, même si leurs noms et certains de leurs attributs et fonctions changent. Je pense notamment à Bélénos, Taranis, et Ana.  Je crois que la Roue Cosmique dont Taranis est le gardien, n’est pas celle de la Terre seule, mais de l’Univers entier. Je crois que Bélénos se retrouve en chaque étoile. Je crois qu’Ana prend forme dans chaque planète. Qui sait, peut-être que sur une autre planète, un Dieu-Soleil  comme le percevait les Celtes est honoré, alors que la planète voisine l’honore comme  Amaterasu  au Japon ?

Cela reste pour l’instant un point de vue bien trop vaste pour mon petit cerveau humain pour que je prenne position et à éclaircir complètement le sujet.

 

(* extrait de L’Aube mystique en Europe – Les Celtes, collection Time Life. La première édition de ce livre date de 1997 et aurait besoin d’une sacrée mise à jour vu les clichés passéistes qui y sont écrits. Mais je suis d’accord avec le passage que je vous ai cité ci-dessus)

Le Lys

Il y a quelques jours, on m’a offert un bouquet de fleurs de lys. Des lys d’un joli rose pâle.

Ce n’est pas la saison des lys, donc je vais éviter de penser d’où ils viennent et de la pollution occasionnée. Ce que je retiens c’est la beauté de l’attention et la gentillesse du geste. Ces fleurs égayent mon salon et plusieurs d’entre elles ont ouvert leurs pétales gracieuses , laissant leur doux parfum prendre place.

Cela m’a alors rappelé que le lys blanc est un symbole de la Vierge Marie.

lys-paques

Le lys blanc dans le langage des fleurs signifie pureté et  virginité.  Je regardais mes jolis lys, à me demander si j’aurais pu les associer à cette symbolique. Pas du tout ! 🙂

lys-rose

J’y ai vu une très jeune femme , mais bien plus âgée que son apparence laisse à penser. J’y ai senti un être qui séduit par son sourire et sa légèreté. Comme une bouffée d’oxygène. Ce genre de personnes qui peut nous attirer, car elle semble avoir l’étrange pouvoir d’alléger nos vies et de nous aider à nous épanouir avec un simple éclat de rire.  Un être qui aime à nous faire redécouvrir les plaisirs de la vie,simples et profonds.  J’y ai vu une très jeune femme séduisante, avec ce parfum à la fois subtil et envoûtant qui touche à notre intime. Une jeune femme qui éveille nos sens et révèle notre sensualité. Mais qui jamais ne se donnera. Au contraire, elle nous guidera vers la personne qui nous est destinée.

Elle n’est pas jeune fille, tout en étant sans ride. Elle n’est pas mère, tout en étant affectueuse. Elle n’est pas vieille, tout en étant sage. Nous, humains, ne sommes pas prêts à écouter tous ses enseignements,  venant d’une longue expérience dans le temps. Elle restera encore à ce jour mystérieuse. Mais son parfum nous entêtera encore longtemps.

Voici l’étrange histoire que m’a racontée ce superbe bouquet de fleurs. 🙂

 » Chaque individu est un microcosme où cohabitent la conscience collective de l’espèce, l’Esprit du Végétal, les Esprits « soigneurs » et les Esprits ayant élu domicile dans ou autour de celui-ci. « 

Il s’agit d’un extrait du livret qui accompagne l’Oracle des Esprits de la Nature de Loan Miège. Dans ce cas, il s’agit de la carte 1, l’Arbre. Mais cette remarque s’applique à tous les végétaux. Peut-être ai-je perçu l’Esprit du Végétal …. 

P.S. :

Lis (ou lys). Le lis est synonyme de blancheur et, en conséquence, de pureté, d’innocence, de virginité. On le trouve chez Boehme ou chez Silesius comme symbole de la pureté céleste […]. Toutefois, le lis se prête à une interprétation toute différente. Il serait le terme de la métamorphose d’un mignon d’Apollon, Hyacinthos, et rappellerait à ce titre des amours interdites : mais il s’agit ici du lis martagon (lis rouge). C’est en cueillant un lis (ou un narcisse) que Perséphone fut entraînée par Hadès, épris d’elle, dans une ouverture soudaine du sol,  jusqu’en son royaume souterrain ; le lis pourrait à ce titre symboliser la tentation ou la porte des Enfers. Dans sa Mythologie des plantes, Angelo de Gubernatis estime qu’on attribue le lis à Vénus et aux Satyres, sans doute à cause du pistil honteux et, par conséquent, le lis est un symbole de la génération ; ce qui, selon cet auteur, l’aurait fait choisir par les rois de France comme symbole de prospérité de la race . […]

Les éléments et leurs directions.

Lorsque j’ai découvert la Wicca, j’ai découvert que les éléments étaient placés en fonction des points cardinaux

Nord = Terre / Est = Air / Sud = Feu / Ouest = Eau

Seulement voilà, je n’arrivais pas à les intégrer. Pour moi, l’Eau était à l’Est et l’Air à l’Ouest.  La seule explication que je trouve à cette fixation est que je suis née au printemps * et que j’adore l’Eau. Purifiante, vivifiante, porteuse d’émotions, quel bel élément pour le printemps où la vie s’éveille.

*  Car les directions et éléments sont également associés aux saisons : Nord = Hiver, Est = Printemps, Sud = Été, Ouest = Automne.

Je me suis conditionnée pour intégrer les éléments dans les bonnes directions. Ce qui est amusant, c’est que cet automne j’éprouve un grand besoin d’Air pour sa légèreté, sa capacité à prendre de la hauteur pour relativiser et voir les  choses sous un autre angle, ne pas s’alourdir avec les détails et aller à l’essentiel.

En découvrant le Druidisme, j’ai retrouvé les mêmes associations. Enfin, … au début du moins. Certaines clairières mettent l’Eau au Nord et la Terre à l’Ouest. En rapport avec les Îles au Nord du Monde des mythes irlandais si j’ai bien compris.

Un jour, j’ai lu un païen sur le net qui disait qu’il ne se reconnaissait pas du tout dans ces associations. Au contraire, il les faisait selon son ressenti et l’endroit où il vit. Et je me suis mise à réfléchir à comment je placerai les éléments si je tenais compte de mon lieu de résidence. Le Mistral ( le Maître en provençal), vent froid et puissant qui chasse les nuages, vient du Nord. J’ai la mer à quelques kilomètres au Sud. J’aurais tendance à mettre d’instinct la Terre à l’Est . Mais le Feu à l’Ouest ça ne m’emballe pas ….

Mais selon cette logique, si je change de régions du monde, les Eléments changeront de place selon la symbolique que je leur accorde et le ressenti que j’en ai.

Par contre, si je garde  les éléments et directions avec la Terre au Nord, etc, et que je change d’hémisphère, cela ne colle plus du tout. Les zones de chaleur plus intenses étant à l’équateur, le Feu irait au Nord.

Donc leurs placements sur la roue de l’année, des saisons, avec les points cardinaux sont-ils vraiment importants ? Car au fond, les Eléments sont présents partout. Leurs influences se chevauchent pendant les saisons.  Pourquoi les mettre à tout prix dans une direction donnée ?

Au début, j’ai pensé au besoin de l’être humain de classer, ordonner des notions, pour s’y retrouver plus facilement. Puis, en m’intéressant aux éléments et ce qu’on y attache de valeurs, qualités, enseignements ; en cherchant à comprendre les liens qui existent avec les directions et la roue de l’année ; j’ai compris qu’il s’agissait de notre manière de concevoir notre monde spirituel, son cycle,son histoire, ses symboles. Cela a pris encore plus sens quand l’été de l’année dernière, j’ai vécu une belle expérience à la mer.

J’en suis arrivée à la conclusion que le plus important n’est pas d’apprendre bêtement tout ceci, mais de lui donner un réel sens et une cohérence. Après peu importe si une personne intervertit la Terre et l’Eau ou tout autre élément, si cela a vraiment un sens et une cohérence pour elle. Et qu’elle ne cherche pas à l’imposer comme LA vérité.

La représentation des éléments dans l’espace qui me parle le plus est la toute première que j’ai cité. Et à moins que je me retrouve avec une clairière avec une autre représentation pendant ses rituels, je vais la garder.

Les éléments ailleurs dans le monde.

  • traditions sahariennes et d’Afrique occidentale : Nord = Terre, Est = Feu, Sud = Air, Ouest = Eau (extrait de Mythologie du Monde Entier, sous la direction de Roy Willis)
  • en Inde, selon le Vastu Shastra qui  » est l’art d’organiser l’espace de vie tout en harmonisant son fond vibratoire et énergétique » : Nord-Est = Eau / Sud-Est = Feu / Sud-Ouest = Terre /  Nord-Ouest = Air. ( voir Vastu Shastra )

 

La Mort

 

En ce moment, je pense souvent à la Mort.  Avec Jafar en fond sonore 🙂 . Il faut dire que la saison s’y prête. Et mon vécu aussi. Alors non, je ne pense pas à ma mort. Je n’envisage pas non plus d’inviter la Faucheuse à prendre le thé.

Mais c’est plutôt un questionnement sur notre rapport à la mort. Nous n’y pensons plus, la nions. Certains au contraire y vouent une sorte d’adoration ou au contraire vivent avec la peur de la rencontrer à chaque coin de rue. Je ne parle pas de ces nombreuses victimes de guerre qui vivent une tragédie au quotidien. Malheureusement, beaucoup trop nombreuses. Je parle des gens qui vivent avec une peur maladive.

Il y a moins d’un siècle, encore de nombreuses femmes mourraient en couche. La moindre forte pluie, la moindre grêle avaient de graves conséquences sur les récoltes (mort du grain, des plantes) et créaient des épisodes de famine. En dehors des agriculteurs qui voient leur dur labeur détruit et qui se retrouvent en grave difficulté, qui en a encore conscience aujourd’hui ? Nous n’avons qu’à acheter des produits provenant de l’étranger (et je ne vous parle pas de la qualité ) et l’illusion est parfaite pour notre petite vie.
A mon niveau, j’ai mon adorable boule de poil pleine de vie, qui tue lézards, papillons de nuit, etc, à foison. On ne peut évoquer la Vie, sans sa compagne la Mort.

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La Vie et la Mort, Gustav Klimt

Nous n’avons pas personnalisé la Vie par un avatar. La Mort oui. Sorte d’ogre ou de grand méchant loup pour adulte ?
Tiens, revoilà l’ogre croisé parmi les Fomores, Titans et autres Géants.
Qu’en était-il chez nos Dieux ?

Tout d’abord, j’ai été surprise de découvrir que la symbolique de la faux est beaucoup plus ancienne que je ne le pensais en Europe occidentale.La Faucheuse remonte au Moyen-Âge. Je la perçois comme une sorte de contrepartie  manichéenne au Dieu monolithe, histoire de tout lui mettre sur le dos .  De mémoire, elle était souvent représentée peu avant l’an mil, car les chrétiens pensaient que ça serait l’année du Jugement dernier. Puis pendant la Peste Noire. On devine pourquoi.

J’ai découvert que :« Thanatos avait un cœur de fer, des entrailles d’airain et une âme de bronze. Les Grecs le représentaient sous la figure d’un enfant noir avec des pieds tordus, caressé par sa mère, Nyx. Quelquefois ses pieds, sans être difformes, sont seulement croisés, symbole de la gêne quand les corps se trouvent dans la tombe. Cette divinité apparaît aussi sur les sculptures anciennes avec un visage défait et amaigri, les yeux fermés, couverte d’un voile, et tenant, comme Chronos, maître de Temps, et Cronos, roi des Titans une faux à la main. Cet attribut semble signifier que la vie est moissonnée comme le blé. » (Wikipédia)

Chez les Aztèques, nous trouvons le dieu de la Mort, Mictlantecuhtlil. Il était représenté comme « un squelette couvert de taches jaunes et rouges représentant des restes de chair. Bien que sa tête soit un crâne, il a une langue, des dents, des gencives et des yeux. Sa gueule est toujours béante, prête à avaler les étoiles qui se couchent pendant la journée, et les hommes qui viennent à mourir. Il a également des oreilles, ornées de pendants en restes humains (des mains ou des os). Il est souvent dépeint avec un grand plumail et des sandales, signes de son rang de seigneur des enfers. »

Je vous copie également ces deux passages intéressants trouvés dans l’article La Mort (mythologie) sur Wikipédia :

  • Paganisme slave

    Les anciennes tribus slaves voyaient la mort comme une femme vêtue de blanc, tenant à la main des jeunes pousses qui ne fanaient jamais. Être touché par ces pousses faisait tomber dans un sommeil perpétuel. Cette représentation a survécu au christianisme durant tout le Moyen Âge, et n’a été remplacée par l’image plus répandue dans la tradition européenne d’un squelette allant et venant qu’à la fin du xve siècle.

  • Paganisme lituanien

    Les Lituaniens appelaient la Mort Giltinè, du mot « gelti » qui signifie « piquer ». Giltinè était représentée sous les traits d’une vieille femme laide, avec un long nez bleu et une langue empoisonnée. La légende raconte que Giltinè était une jolie jeune femme enjouée qui fut emprisonnée durant sept ans dans un cercueil. La déesse de la Mort était la sœur de la déesse de la Vie et de la Destinée, Laima, ce qui symbolisait les relations entre le début et la fin de la vie.

    Par la suite, les Lituaniens ont adopté la vision chrétienne de la Mort, avec sa robe noire et sa faux.

 

Pour le panthéon celtique, il y a le Dagda en Irlande et Sucellos en Gaule qui possèdent tous deux un maillet. Quand ils frappent d’un côté, ils donnent la mort. Quand ils frappent de l’autre, ils (re)donnent vie. Malgré leurs fortes similitudes, on ne peut complètement remplacer un dieu par un autre. L’Irlande et la Gaule, même si celtes toutes deux, n’ont pas eu la même évolution. En Irlande, il y a également Morrigane. Une déesse dont au fond je sais bien peu de chose. Elle est liée à la mort, à la guerre, à la fureur guerrière. Elle désigne les guerriers qui vont mourir et vient récupérer leurs âmes sur le champs de bataille sous la forme d’une corneille (sous le nom de Bodb). Mais elle est également la Grande Reine et elle est liée à la sexualité. En Irlande, plusieurs mythes évoquent le mariage de rois avec des reines légendaires, qui sont en réalité la Souveraineté. Mariage nécessaire pour le pouvoir et l’autorité du roi, ainsi que la fertilité de la terre. En cas, de mauvaises récoltes, on reprochait au roi qu’il ne faisait pas ce qu’il fallait (auprès des Dieux , de l’ordre cosmique) pour assurer la prospérité  à son peuple.Ces reines légendaires, ne seraient-elles pas un aspect de Morrigane ?

Bref, pour en revenir au sujet, je pourrais continuer à faire le tour des panthéons pour montrer toutes les variantes de la représentations de la Mort ou de ses divinités. Je n’ai pas trouvé d’avatar de la Vie. Je pourrais vous parler de la première fois où j’ai découvert l’image de la Santa Muerte.

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Je ressentis un véritable choc. Pour moi, mélange d’irrationnel, d’horreur et de tabou. Mais l’est-ce vraiment ?

Je pourrais vous parler sur les Gaulois  et leur rapport à la Mort.

 » Le point essentiel de leur doctrine (celle des druides)est l’immortalité de l’âme »,  « Ils enseignent qu’après la mort elle passe dans d’autres corps » , « Cette conviction, d’après eux, excite particulièrement au courage, en faisant mépriser la peur de la mort ». Extrait de la Guerre des Gaules de César.

« Le seul dogme qu’ils enseignent publiquement, c’est l’immortalité de l’âme et l’existence d’une autre vie » , Pomponius Mela.

« Unis selon une règle qui a pour elle l’autorité de Pythagore, par les liens étroits d’une vie en commun, sont arrivés, par leurs recherches sur les mystères les plus profonds, à une hauteur d’où, contemplant l’humanité, ils ont proclamé l’immortalité de l’âme  » ,  Ammiens Marcellin (en parlant des druides).

Mais qu’en est-il dans notre quotidien. Il m’a fallu une balade en forêt pour formuler et intégrer une évidence.

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La Vie se nourrit de la Mort.

Je me suis sentie bête après. Il n’y a qu’à voir ce que je mets dans mon assiette pour l’observer. Cependant, dans ce monde de la négation, mon steack en barquette, même si j’ai connaissance des scandales qui l’entourent, j’y voyais le rouge vif du sang, de la vie qu’il m’apporte. Pas la mort. Oui, je connais le cycle de la vie, cette image de l’herbe broutée par un zèbre, mangé par un lion, qui mort retourne à la terre.  Néanmoins, tout cela restait au niveau de l’intellect.

La Mort, pour être, se nourrit de la Vie à son tour. En cette magnifique forêt, je me suis allongée sur son sol couvert de feuilles mortes en décomposition, au sein d’une clairière. Futur humus nourricier pour la Terre et ses habitants. Un rapace noir au bout des ailes blancs est passé. Un grand calme, une profonde sérénité. Il n’y a pas de véritable séparation, tout est lié.  Nous sommes autant porteur de vie que de mort. Complémentaires et intrinsèquement liées.

Lumière et ombre. Lumière, l’extraversion, l’action, le conscient. Ombre, l’introversion, la réflexion, l’inconscient.

Lumière, la vie, la naissance . J’en aime que plus cette expression « Donner le jour ». Peut-être est-ce ça que finalement certains hommes nous reprochent de manière inconsciente.  Il faut un mâle et une femelle pour avoir un petit. Mais c’est la femelle qui donne le jour. (Et pour ceux qui pensent aux hippocampes, seul mâle à ma connaissance à donner naissance à ses petits ; il a tout d’abord fallu que la femelle dépose les œufs fécondés dans sa poche ventrale).

Ombre, la mort, la survie. Mes dernières réflexions m’ont amenée à cette pensée. Une fois qu’on retire les parures de l’ombre, telles que bêtise et méchanceté gratuites auxquelles s’adonnent beaucoup de personnes superficielles, il nous reste l’instinct de survie. Cet instinct ne répond à aucune morale. Car il connaît la Mort. La Mort n’est pas juste, n’est pas morale. Elle est peut-être la seule chose  qui existe qui est égale pour tous. Notre instinct de survie est notre puissance, enfouie au plus profond de nous.  Il peut accepter la Mort ou au contraire, décider de se battre pour la repousser dans le temps. Car notre force sait qu’elle ne lui échappera jamais définitivement . Notre instinct de survie peut nous mener à faire des choses contraire à nos valeurs, à nos principes. Comme donner la mort à un autre être vivant. Et il n’est point besoin d’effusion de sang pour cela.

Le gui, plante sacrée des druides, est une plante parasite qui affaiblit son arbre-hôte. Ce dernier peut donc finir par tomber malade et mourir.

Mon travail actuel est de prendre conscience que la Mort est omniprésente et de l’accepter. Je ne deviens pas morbide et mortifère. J’accepte ce qui est, j’observe. Et je n’en découvre que plus la réalité de la Vie. La Vie et la Mort dansent. Une valse sans fin, continuelle. A moi d’accepter d’entrer dans cette danse.

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La Vie demanda à la Mort : Mort, pourquoi les gens m’aiment mais te hais ? La Mort répondit : Parce que tu es un merveilleux mensonge et je suis une douloureuse vérité.

Fomores, Titans et autres Géants (ou la quête du mythe de la création).

 

Qui fut bercé par les contes de fées a souvent croisé des Géants. Le Petit Poucet et  Le Vaillant Petit Tailleur en sont de bons exemples.Ces géants sont souvent ogres et éveillent une indicible terreur. Ils touchent aux tabous, à l’horreur. Et le mythe grec de Cronos n’est pas bien loin.

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Saturne dévorant son enfant, de Francisco de Goya

Cronos est un Titan, fils d’Ouranos et de Gaïa. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur son mythe => Cronos sur Wikipédia

Ce mythe me dérangeait. Un premier père, Ouranos, qui empêchait ses enfants de voir le jour. Son fils Cronos, devenu à son tour père, dévorant ses enfants. Je répète ce que j’ai dit au-dessus : cela touche à l’horreur, au  monstrueux. Aux tabous de l’anthropophagie (du moins occidental puisque d’autres cultures l’ont pratiqué), de l’infanticide, etc.

Puis j’en étais resté là. Oubliant durant quelques années les mythes grecs, puis découvrant bien plus tard le druidisme dans lequel je suis tombée. Enfin, une année, au mois d’août (mon mois chamboule-tout niveau spirituel et prise de maturité), je fis une fixation sur les mythes de création. Des mythes et légendes celtes que je connais , pourquoi ne trouvais-je pas de mythe de création comme j’ai pu en lire chez les Grecs, les Asatrù et autres cultures païennes ?

On me répondit que le mythe de l’œuf de serpent en était un. Je connaissais cette histoire depuis longtemps. Mais je n’ai pas compris en quoi c’était un mythe de création. J’avoue que ma lecture des mythes et légendes est souvent du premier degré. Je comprends rarement leur sens caché toute seule.  Disons que pour un mythe de  création, je m’attends à qu’on évoque la naissance des Dieux ou la formation du monde connu.  Après réflexions, qu’il faudra que j’approfondisse comme beaucoup de sujets, je dirais que le mythe de l’œuf de serpent évoque le vol de l’étincelle de vie dans l’Autre-Monde pour le faire parvenir dans le nôtre. Les « serpents innombrables se rassemblent, enlacés et collés les uns aux autres par la bave et l’écume de leur corps » évoquent l’inconscient, le non-être, la masse informe en devenir qui donnera l’œuf de vie. L’œuf cosmique ? La rivière, l’eau évoquent souvent la frontière entre notre Monde et l’Autre-Monde. Le Cheval est un animal psychopompe (qui conduit les âmes des morts). Qui mieux que cet animal peut franchir aussi facilement la frontière entre les mondes ?  Bref, un premier élément de réponse, mais qui ne me satisfaisait pas.

D’ailleurs, je découvre l’interprétation de ce mythe sur wikipédia que je trouve très intéressante : « Les druides recherchaient l’œuf du serpent marin, il s’agissait d’une quête spirituelle car trouver cet œuf, c’était acquérir la connaissance du monde, de son essence et de sa structure. L’œuf est à la fois source et fruit de vie. » Et je ne la trouve pas contradictoire, mais complémentaire, au fait d’interpréter cette histoire comme un mythe de création.

Néanmoins, je ressentais une insatisfaction dans cette quête. J’ai cherché du côté de l’Irlande avec les récits du Livre des Conquêtes et les Batailles de Mag Tured entre les Fomores et les Tuatha Dé Danann . Bien plus tard, j’ai jeté un coup d’œil du côté du Pays de Galles et d’Yspaddaden  (Mythe de Kulwch et d’Olwen, projet d’article à venir quand j’y verrai plus clair).

La psychologue Marie-Louis Von Franz  « remarque que, lors d’une crise morale,[…] des thèmes de création ont tendance à apparaître dans les rêves, les fantasmes ou visions, proposant un modèle de réorganisation du monde psychique à partir du chaos intérieur. Cela se produit aussi lorsqu’une oeuvre créatrice est en gestation. »  

Bon bah, va pour la crise morale et le chaos intérieur 😛 . Et j’ai fini  par me rendre compte des signes.Je ne me souviens plus de l’ordre exact mais en moins d’un mois, j’ai eu droit  à : découverte d’un article sur le Titanoboa ancêtre du boa (J’ai un boa tatoué), une insomnie qui me fit découvrir à la télé le manga L’Attaque des Titans (l’humanité tente de survivre à des Titans pas très intelligents mais bouffeur d’êtres humains. Tiens donc …), la lecture d’un article sur la découverte d’un nid d’œufs fossilisés de Titanosaures (ah parce que ça existe ce dinosaure ?!), et deux ou trois trucs dont je ne me rappelle plus.

Compris, les Titans sont là. Bon, je ne suis pas devenue cannibale comme tonton Hannibal. Je n’ai pas fait de Colère de Titans et je me suis attaquée à personne. Restons civilisée. Il m’a fallu du temps. Néanmoins, j’ai bien compris le message personnel qui m’était adressé. Je me trouve même chanceuse car les salutations titanesques ont été soft. Pas de dégâts matériels, physiques, mentaux, moraux et spirituels à déclarer.

Et en parallèle, ils m’ont ouvert les yeux sur une telle évidence, que je me suis sérieusement demandée comment je n’avais rien vu.

  • Les Titans sont la première génération de divinités grecques. Ils étaient là avant les Olympiens.
  • Les Géants sont également la première génération dans les mythes nordiques.
  • Lors des Conquêtes d’Irlandes, chaque vague d’invasion (même les Tuatha Dè Danann que sont les dieux Dagda, Nuada, Ogme, etc)  dut faire face aux êtres déjà présents et bien implantés, soient les Fomores.

=> nous nous trouvons donc face à des êtres anciens, puissants. Un ami pour évoquer les Fomores parlait de démesure. Je ne parlerai pas pour les Géants nordiques, n’en sachant pas assez,  mais c’est ce que je ressens face aux Fomores et aux Titans. J’imagine des puissances instables et chaotiques, qui créent et détruisent dans la même lancée de manière ininterrompue.  (D’autres lectures contredisent ce que je viens d’écrire, cependant j’assume.) De plus, pour en revenir à quelques choses de plus terre-à-terre, dans le monde physique, cela correspond pour moi à la période de la création de notre système planétaire. De manière très simplifiée.  Notre étoile est née. Autour d’elle, un immense nuage de poussières tournent à grandes vitesses pour finir par s’agglomérer en planètes à certains endroits. Mais ce ne fut pas un long fleuve tranquille. Par exemple, l’hypothèse la plus soutenue par le corps scientifique est que la Lune a été formée lorsqu’un corps céleste de la taille de Mars  a percuté la Terre dans un impact géant, en a arraché une partie et cette dernière est devenue notre Lune. Nos astrophysiciens n’ont pas cherché bien loin. Ils ont nommé ce corps céleste impacteur Théia. La Titanide qui a donné naissance à Séléné, la déesse de la Lune. (édit du 16/01/2017 : La Lune, née d’une vingtaine d’impact sur la Terre)

Dans la même lancée :

  • Les 6 des  12 Olympiens sont les enfants  des Titans Cronos et Rhéa. Les 6 autres sont la génération suivante.
  • Odin et d’autres dieux sont descendants de Géants.
  • Lug est à moitié Fomore, à moitié Tuatha. (Par contre, il n’est pas de la deuxième génération, mais de la troisième). Dagda a pour père Elada qui est considéré comme un Fomoire.

=> il y a une forme de continuité, malgré les conflits entre Titans/Olympiens, Géants/ Ases (pour les Vanes, je n’ai pas cherché), Fomores/Tuatha Dé Danann. Et pour moi, ces mythes ont un écho dans le genre humain.

Ne serait-ce que notre évolution de l’enfant à l’adulte. Nous passons d’un enfant soumis à un « chaos » émotionnel qu’il ne sait pas gérer (par exemple la frustration. Il veut tout, tout de suite) et qui peut l’entraîner dans de grandes colères,  à un adulte « raisonnable », qui sait se gérer.  (A noter que pour l’adulte, c’est purement théorique. Vu le nombre décroissant d’adultes raisonnables dans le monde).

Mais ce que j’ignorais, c’est qu’il ne s’agissait pas d’une simple évolution /maturation psychologique. « Notre cerveau se construit tout au long de l’enfance, retraçant le chemin parcouru au cours de l’évolution de notre espèce. C’est donc le cerveau archaïque- le plus ancien, comme l’indique son nom- qui prend forme en premier : celui des instincts primitifs, de l’instincts de survie et des émotions. La structuration du néocortex survient après la maturation du cerveau archaïque. Or, cette région du cerveau assure la fonction de tempérance des instincts primaires et des émotions fortes. » (Vivre la pensée Montessori à la maison, d’Emmanuelle Opezzo). C’est inscrit dans nos gènes, notre corps. En faites, c’est pas un petit diable sur votre épaule qui vous dit : « Tant pis si c’est pas bien, fais-le si tu le veux ». C’est un mini Titan en puissance qui vous demande de succomber à vos instincts primaires, lol.

Toutefois, on le retrouve aussi dans l’histoire des civilisations.  Notre « cher » christianisme (si Jésus voyait ce qu’on en a fait, il irait se crucifier lui-même) a « conquis » les populations et envoyé en Enfer nos Dieux et croyances. Les civilisations qui nous ont précédé n’ont-elles pas fait de même ? Cherchez pas.  La réponse est oui. Dans tout bon bouquin d’histoire des religions, voire même que d’histoire, ont vous en parle. Le vainqueur cherche toujours à écraser le vaincu. Cela passe par le mode de vie, la politique et la spiritualité. Ce n’est pas pour rien que les Romains se sont acharnés sur les Druides.

Donc nos Titans, Géants et Fomores ;  n’étaient-ils pas aussi les divinités qui ont précédé ?

Je vais reprendre l’exemple de l’Inde. Les Asuras sont les noms donnés aux Dieux pré-védique. C’est à dire l’Inde avant l’invasion des Aryens et l’écriture des textes sacrés, les Védas. Or, après le déferlement et la conquête de l’Inde par les Aryens, ceux-ci imposèrent leurs Dieux. Et les Asuras devinrent des Anti-Dieux.  Un Anti-Dieu, c’est un démon, un ennemi des Dieux, « les génies, les fantômes que vénèrent les tribus aborigènes ainsi que la plupart des Dieux des autres populations non-védiques de l’Inde. »

Dans le livre d’Alain Daniélou , Mythes et dieux de l’Inde – Le polythéisme hindou :

« Les Anti-Dieux sont les aînés des Dieux, ils sont les dieux d’un monde encore dans son enfance et tous les dieux au fur et à mesure que nous progressons seront un jour pour nous des Anti-dieux.  » Les Dieux et les Anti-dieux sont les deux lignées des enfants du Progéniteur (Prajâpati). Les Dieux sont les cadets, les Anti-dieux sont leurs aînés. Ils se combattent éternellement pour la domination du monde  » (Brihaddranyaka Upanischad, 1, 2, 7.) […]

Les Dieux de l’Inde pré-védique. Le terme Asura fut souvent employé pour représenter les dieux de l’Inde pré-védique. Comme tous les autres groupes socio-religieux, les peuples qui combattirent pour la domination du continent indien, tendaient à représenter leur idéal de vie, leur morale, leur conception du bien et les puissances célestes qui protégeaient leurs demeures, leurs troupeaux, leur société, comme les vrais Dieux, et les divinités qui protégeaient l’ennemi comme des Anti-dieux, des démons. C’est pourquoi le poète védique pouvait aisément voir l’humanité divisée entre des nobles Arya-s, adorateurs des Dieux et organisateurs des sacrifices et des barbares (Dasyu-s) impies, constructeurs de cités maudites et experts dans les arts magiques. Les cieux étaient de même partagés entre les Dieux et les Anti-dieux. Il est intéressant de remarquer que ce n’était pas pour leurs vices que les Anti-dieux devaient être détruits mais à cause de leur puissance, de leurs vertus, de leur savoir qui menaçaient ceux des dieux Aryens. […]

Description des Anti-dieux . Les Anti-dieux sont des fils de la déesse Terre, la Limitée (Diti) et du sage non Aryen Vision (Kashyapa). […] Les Asura-s habitent les cavernes des montagnes dans les entrailles de la terre et dans des régions infernales où ils possèdent de vastes cités […].. Les Asura-s vivent aussi dans la mer où ils sont gouvernés par Varuna et dans le ciel où ils possèdent  trois forteresses  volantes faites de fer, d’argent et d’or d’où ils attaquent les trois mondes. Les Asura-s sont de puissants guerriers. Ils arrachent les arbres et lancent les sommets des montagnes contre leurs ennemis. Ils sont experts dans l’art magique et peuvent se transformer à leur gré, prenant les formes les plus diverses. Ils peuvent se rendre invisibles. Leurs rugissements terrifient les peuples. »

Fils de la Déesse-Terre comme les Titans. Ils vivent aussi dans la mer. Dans certaines légendes, les Fomores vivent dans les profondeurs de la Mer.

Me voilà donc face à des similitudes dans les mythes indo-européens hindous, grecs, nordiques et celtes. Est-ce que les Asuras, Titans, Géants et Fomores sont pour autant interchangeable ? Non. Ils sont propres à chaque culture/ civilisations/ peuples (rayer les mentions inutiles). De plus, certaines mythologies païennes ne font pas apparaître ces conflits de  génération. Ce n’est donc pas un thème universel. Pourtant cela me fascine. Cette histoire divine, j’en ai trouvé écho dans l’histoire de notre système planétaire, dans l’histoire humaine, dans l’évolution de l’être humain et dans le cheminement personnel.

Est- ce que j’ai trouvé mon mythe de création ? Non. Je creuse encore.

Mais je me retrouve face à des entités très anciennes, puissantes, de forces brutes, incontrôlables. Sont-elles pour autant néfastes ? J’ai été surprise de les ressentir dans ma vie. Car elles sont le désordre, le déséquilibre, celles qui mènent au Non-Être. Or dans la pensée celtique, les Dieux les combattent chaque jour pour que l’Être ne disparaisse pas. Ce sont des ennemis héréditaires et pour l’éternité. Pourtant, les Titans/Fomores m’ont rappelé un message simple et souvent oublié  : dans notre cycle de vie personnel, nous avons besoin de passer par des phases de  » destruction  » pour mieux se recréer. Seulement avec les Fomores, c’est une destruction plus radicale et violente. Ce n’est pas qu’une question d’évolution, c’est une question de survie.

Depuis tout ce temps, j’ai une pensée pour eux, parfois un mot, une prière bienveillante. Je ne me suis pas mise à les honorer dans mon panthéon personnel pour autant. Je ne tiens pas à me mettre en conflit avec mes propres divinités ou éveiller quelque chose dont je n’aurais forcément aucune maîtrise.

Il y aurait certainement encore beaucoup de choses à dire sur le sujet. Déjà, que j’espère ne pas avoir été trop embrouillée dans cet article. Mais à l’heure actuelle, je n’en ai pas les compétences, ni les connaissances d’aller plus loin.

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Et ce texte qui contredit en partie tout ce que je viens de dire  🙂 , « Chez Hésiode, deux vers des Travaux et les Jours présentent le règne de Cronos comme un âge d’or une époque heureuse où les hommes vivaient dans la paix et l’abondance, en harmonie avec les dieux : « d’or fut la première race d’hommes périssables que créèrent les Immortels habitant, habitant de l’Olympe. C’était au temps de Cronos quand il régnait encore au ciel. » (Titans).

Lectures qui m’ont inspirée, guidée  dans ma réflexion et l’écriture de cet article :

  • Alain Daniélou , Mythes et dieux de l’Inde – Le polythéisme hindou
  • Mythes et Légendes : Les Gaulois, éditions Hachette Jeunesse
  • L’Univers, les Dieux, les hommes – Récits grecs des origines, de Jean-Pierre Vernant
  • Mythologie du Monde Celte, de Claude Sterckx
  • Aux Origines du Monde, Mythes des Grandes Civilisations, Les Cahiers Science et Vie d’août 2016 (n°163)
  • Dictionnaire de mythologie et de symbolique nordique et germanique de Robert-Jacques Thibaud

 

Petit bonus

Extrait de la  Mythologie du Monde Celte, de Claude Sterckx :

« […] L’Autre Monde des démons n’est en effet pas sis dans un enfer ni une géhenne différents de l’au-delà des dieux. Les démons sont certes situés parfois « sous la terre » : aux temps les plus anciens, leurs avatars anguipèdes sont régulièrement représentés émergeant de la tête ou du torse hors du sol, soit qu’ils en sortent pour affronter les dieux, soit que la victoire de ces derniers les y renvoie ; en Irlande, la bouche de l’Autre Monde dont sortent les créatures infernales est une faille dans le sol près de la capitale royale de Connaught.  Mais les résidences des dieux sont pareillement souterraines. Leur nom (Fomhór, plur. Fomhóire) signifie en fait étymologiquement « les Spectres » ou « les Monstres » mais les Irlandais l’ont généralement compris – car il y a presque homophonie entre leur nom et l’expression « sous la mer » – comme « les Sous-Marins », et ils situaient donc ainsi leur séjour, comme parfois celui des dieux et des bienheureux, au fond de l’océan. Le plus souvent, le lieu de résidence des démons est, comme l’Autre Monde des bienheureux, une (ou des) île(s) au-delà de l’horizon. L’Autre Monde de ces démons est parfoismême représenté comme un verger au même titre que celui des dieux et des bienheureux. « 

 

Extrait de l’Encyclopédie illustrée des Esprits de la Nature de Jean-Paul Ronecker.

« Fomores, Fomorés, Fomoires ou Fomoirés : race d’élémentaire celto-irlandais, difformes et violents, qui peuplaient la verte Erin avant l’arrivée des Tuatha Dé Danann (dieux de l’Irlande, peuple de la Déesse Dana). Ils sont les ennemis de tous les occupants successifs de l’île. Ils sont aussi des génie de la mer, dont la forteresse sur la terre ferme était Tory Island. Toutes les divinités du panthéon irlandais, de même que les héros , ont un lien de parenté ou d’alliance avec les Fomores. C’est dire l’importance de ces êtres mystérieux de nature ambigüe. » 

 

Extrait du Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant : 

  • Fomoire : Personnages de la mythologie celtique, êtres maléfiques, sombres et difformes, qui syumbolisent des forces contre-initiatiques et anti-évolutives.
  • Titans : Ils symbolisent selon Paul Diel, les forces brutes de la terre et, partant, les désirs terrestres en état de révolte contre l’esprit(Zeus). Avec les Cyclopes, les Hécatonchires (géants dotés de cent bras e cinquante tête), ils représentent les bouleversements cosmiques des premiers temps, les manifestations élémentaires … les forces sauvages et indomptées de la nature naissante. Ils figurent la première étape de la gestation évolutive ; les cataclysmes par lesquels la terre se prépare à devenir le lieu propice ou s’épanouira la vie des humains. […] Les Titans ambitieux, révoltés et brutaux, adversaires de l’esprit conscient (représenté par Zeux), ne symbolisent pas exclusivement les forces sauvages de la nature. Luttant contre l’esprit, ils figures les forces indomptéesde l’âme qui s’opposent à la spiritualisation harmonisante. […]
  • Ogre : L’ogre des contes rappelle les Géants, les Titans, Cronos. Il symbolise la force aveugle et dévoratrice. […] L’ogre est-il l’image défigurée et pervertie du père, qui ne peut que servir d’épouvantail aux enfants ? Il est aussi la figure de l’Etat, de l’impôt, de la guerre, du tyran. Il se rattache ainsi à la symbolique du monstre, avaleur et cracheur, lieu des métamorphoses, d’ou la victime doit sortir transfigurée. L’idée de l’ogre , dans la perspective de Cronos et du monstre, rejoint le mythe traditionnel du temps et de la mort […].  

Mabon ???

Mabon est une divinité galloise. En gaulois, il est Maponos  » le Fils « .  Il est évoqué dans plusieurs textes, dont la légende Kullwch et Olwen (Légende dont j’espère pouvoir être capable en faire un article un jour).  Mabon évoque le Jeune Soleil, celui qui renaît chaque année au solstice d’hiver.

Je me suis toujours demandée pourquoi l’équinoxe d’automne portait ce nom alors que le Soleil est en déclin. Imbolc, Beltaine, Lughnasad, Samain sont les noms irlandais des fêtes celtiques connues. Yule est le nom de la fête du solstice d’hiver dans la tradition nordique il me semble. Pour ce qui est d’Ostara, j’avais lu un article sur un blog païen (impossible de remettre la main dessus), où le rédacteur se posait des questions sur l’origine d’Ostara/Eostre. Car aucun des textes sur cette fête, qu’on trouve de manière répétée sur le net, ne cite ses sources.

Litha suit le même chemin. Ou alors est-ce une déformation de  » Ligo  » ?  Si vous vous rappelez de mon article Les pays baltes, j’avais tout d’abord cru que Ligo était une déesse avant de comprendre qu’il s’agissait du nom d’une fête. Ligo  se prononce Ligwa et signifie  « se balancer ». Elle se fête la veille de la St Jean. Soit le 23 juin.  Voir également ce lien : Fête de Ligo en Lettonie.  Bon, c’est qu’une simple hypothèse. Et je n’ai pas assez de connaissance en linguistique et sur l’évolution de la langue. Mais au moins, ça me parle.

Pour en revenir à Mabon, je me suis trouvée une explication qui vaut ce qu’elle vaut. Donner ce nom à cette fête lui donnerait une valeur apotropaïque  et propitiatoire.   Punaise !  Je ne pensais pas que j’arriverais un jour à placer ces deux mots . Ceci-dit, c’est peut-être très mal formulé :-P.

  • apotropaïque : L’adjectif apotropaïque (du grec apotropein, « détourner ») est appliqué à ce qui conjure le mauvais sort, vise à détourner les influences maléfiques. (Wikipédia).
  • propitiatoire : Qui a pour objet de rendre propice. (Larousse)

Bref, on essaie d’écarter le danger de la période sombre à venir et de nous rendre propice le dieu Mabon pour être sûr qu’il revienne/renaisse.

Néanmoins, tout ceci n’est qu’un mélange d’un peu de réflexion, d’une goutte d’intuition et d’une pincée de lectures m’y faisant penser. Je serai vraiment curieuse de savoir ce qu’il en est réellement.

Quoiqu’il en soit, je crois que c’est la première fois  que j’ai autant aimé Mabon , la célébration, et que je m’y suis pleinement sentie connectée. Cette chose toute bête de me rendre au magasin de produits locaux m’a remise dans le cycle. Redécouvrir les fruits et légumes au fil des saisons. Discuter avec les vendeurs qui connaissent très bien le travail des producteurs.Découvrir avec un plaisir oublié le vrai goût d’une tomate, ou profiter des dernières grappes de raisin de table.  Se rendre compte qu’il y a déjà des potimarrons et butternut que j’imaginais beaucoup plus tardif.  Indirectement, j’ai retrouvé mon lien avec la Terre.

Mabon, la période de l’abondance, des récoltes, des provisions à faire en prévision de période moins prospère.  Je sais qu’on parle du ménage de printemps. Là, j’ai ressenti le besoin de faire un ménage d’automne. Ces jours-ci, j’ai lavé et purifié mon foyer, continué à trier et ranger. Je l’ai vécu comme un acte d’amour. J’ai pris soin de mon petit bout de planète à moi pour le rendre sain et accueillant à tout esprit de la Nature, Petit Peuple ou Divinité qui voudrait y passer.Mais également pour garder uniquement l’essentiel de ce qui doit être travaillé durant la période sombre qui s’annonce. J’ai cuisiné de bonnes choses de saison dont je me suis régalée.

Et pour la célébration, j’ai partagé un bon repas avec une amie païenne qui s’est terminé tard dans la nuit. Nous avons eu le bonheur de nous retrouver après une longue période. D’échanger avec richesse, affection, respect et harmonie. Le lendemain, je me rendais auprès d’une source sacrée. J’y ai déposé des offrandes et longuement médité.J’y ai rencontré  un chat aux air de panthère de neige et un écureuil . Une douce quiétude et une belle énergie depuis ce jour m’habite.

Que dire de plus à l’Univers, la Nature, mes Dieux, si ce n’est Merci. 

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Ombre et Lumière

On lit souvent dans le milieu païen, voire même dans des articles de psychologie, que nous avons tous une part d’ombre et de lumière. Nous sommes des êtres humains, donc des êtres imparfaits. Il est donc inutile de se culpabiliser inutilement de ne pas être la personne demandée par la société.

Ceci dit, selon la société,  il faudrait être gentil(le) tout en ouvrant sa bouche, tout en respectant autrui, tout en n’hésitant pas à mal agir si c’est pour se protéger, mais sans pour autant choquer le politiquement correct … Argh ! Incorporer vos croyances païennes dans la recette et vous êtes bon pour l’asile.

Pour en revenir au sujet païen, certaines personnes ont l’air de s’en contreficher pas mal, car pour eux c’est du domaine de développement personnel et ils n’en voient pas là l’utilité. D’autres au contraire   » adorent  » explorer leurs côtés obscurs pour montrer qu’ils n’ont pas peur de qui ils sont eux et, que de toute façon, même les Dieux ont une part sombre d’abord ! Entre ces deux gros clichés qui comptent un certain nombre de partisans, nous avons la majorité des païens dans tout ce qu’il y a de nuances, de ressentis, de différences de compréhensions et d’interprétations. Ce que j’apprécie, c’est qu’on les entend de plus en plus s’exprimer.

Personnellement, j’ai longtemps culpabiliser de ne pas être celle qu’on me demandait d’être. Finalement, c’est le jour où tu annonces  » c’est comme ça que je suis, que  tant que je ne te manque pas de respect TU n’as rien à me dire et que tant tu ne me manques pas de respect, JE n’ai rien à te dire « , que les choses changent. Les personnes si sûres d’elles-même sur comment vous deviez être deviennent muettes et vous montrent qu’elles ne savent même pas qui elles sont elles-mêmes.

Lorsque j’ai débuté dans le paganisme avec les cours de Morgane Lafey, il y avait un long et fastidieux travail pour apprendre à nous connaître dans nos aspects positifs et nos aspects négatifs. Elle partait du principe que nos croyances ne durent pas que le temps d’une cérémonie. Au contraire, elles sont  un mode de vie, une manière de concevoir notre existence et qu’au-delà des belles paroles, il fallait agir et les vivre.  J’avais adoré ! Point d’hypocrisies et de faux-semblants !

Donc, ce fut une lente, longue et douloureuse remise en question avec mise en application du célèbre  » Connais-toi toi-même « . A l’époque, je me disais que je n’y arriverai jamais. Petit bilan quelques années plus tard, j’en ai bavé, mais j’ai bien avancé. Alors je me suis dit, que même si c’est le travail d’une vie, je pouvais un peu lâcher du lest.  BAM ! Si toi, tu oublies, la Vie, les Dieux ne l’oublient pas et ne te ratent pas. Je me suis relâchée, je me suis faite avoir et j’ai mal agi .

Tes erreurs, tu les payes, tu les assumes. Tes expériences, tu les apprends et tu avances. On éjecte la personne malintentionnée, on garde les véritables ami(e)s . Et retour à la case départ.

Mais est-ce que mes défauts, les mauvais aspects de ma personnalité, mes erreurs sont ma part d’Ombre ?

Petite révélation du soir, bonsoir. Et bien non. C’est pas bien joli, je ne les affiche pas au grand jour, c’est dans l’ombre. Mais ce n’est pas mon Ombre

Tous les ans, après Lugnasadh, tous les petits cailloux d’indices que j’ai croisé sans rien comprendre m’arrivent tous d’un coup en pleine figure. Cette année, il faut croire que j’ai pris de l’avance. Pour la première fois, j’ai vraiment rencontré mon Ombre. Ce n’est pas faute de l’avoir souvent côtoyé. Je viens de comprendre qu’à chaque fois que je pensais l’aborder, je ne faisais que lui imposer le filtre de  » c’est pas bien de faire ça, penser ça, etc  » et que ça m’en éloignait. Mon Ombre n’est rien de tout ça.

Mon Ombre me terrifie. Car je suis arrivée au point de non retour où je ne peux plus l’esquiver et que je suis obligée de la traverser. Mais la franchir signifie pour moi  » mourir « . Certains diront plutôt « mûrir ».

Je suis assise au bord de la falaise et je ne sais pas si je dois descendre en rappel, au risque de m’écorcher ou plonger dans le tréfonds de l’eau glacée, au risque de suffoquer.  Mon Ombre est une partie souterraine de mon moi intérieur dont je ne soupçonnais pas l’existence et encore moins la force.  Je vais être hachée menue, réduite à néant, pour mieux renaître la même et toute différente. Bilan dans un an.

Les pays baltes

Estonie, Lituanie, Lettonie.

Alors que je cherchais un chant inspirant sur le soleil (cherche encore …), je suis tombée sur cette vidéo :

 

Wow ! 15 000 choristes ! Une énergie qui vibre, nous ancre dans nos tripes et nous envole aussi vers le ciel. Ce chant est dédié à la Déesse Ligo, Déesse des Ténèbres et des Brumes.

En cet instant, je les envie. Oui, ce n’est pas beau comme sentiment. Mais ces Lettons ont conservé le chant de leurs anciens dieux et déesses et qui, pour ne rien gâcher, sont d’une grande beauté. Je n’ai rien trouvé sur cette déesse. Je n’ai aucun livre sur les divinités baltes et je ne la trouve pas sur le net. C’est dommage …

Est-elle une déesse de la nuit et de l’invisible ? La brume évoque pour moi une porte sur l’Autre-Monde, sur ce qui nous est invisible. Ou alors simplement le danger. Le danger de se perdre, de ne pas retrouver son chemin au risque de mourir … Une déesse de la mort ?

Ou est-ce une divinité de la période sombre ? Car ils évoquent sa cape de laine et les roseaux brisés …. par le gel et le vent ?

Ou les deux ?

=> Je viens rajouter ce commentaire après réécoute et lecture des paroles. La chanteuse parle qu’elle marche sur l’eau du lac aussi légère qu’un oiseau. Chez les Celtes, franchir un gué  était une manière de franchir une porte vers l’Autre-Monde, car ce n’est ni tout à fait la terre ferme, ni tout à fait la primeur de l’eau sur le lieu. C’est un seuil.   Est ce également un passage vers un Autre -Monde dans ce texte ? Mais lequel ?  Celui des Dieux ? Celui des Esprits de la Nature ? Celui des Morts, dirigé par Ligo ? 

La chanteuse se dit légère comme l’oiseau. Puis parle des roseaux dorés dressés et de demander à Mara d’apprendre à comment à réparer les roseaux cassés.  En cet instant, je crois qu’il s’agit de chamanisme. Que les roseaux dorés sont le symbole des âmes des êtres vivants. Et les jeunes filles évoquées, peut-être les servantes de la déesse Ligo. Je crois que le/la chaman veut réparer des roseaux cassés, des « âmes brisées ». L’un des rôles des chamans étaient d’aller justement dans des transes pour retrouver les morceaux d’âmes qui avaient été perdus. Ce qui rendaient les gens malades. Mais il semblerait que ce chaman manque d’expérience et cherche à contacter Mara, un/une chaman décédée je suppose,  pour apprendre comment faire. 

Si une personne connaît cette divinité et connaît le message de cette chanson,  j’aurais grand plaisir à l’entendre.  Ce chant me touche beaucoup et je voudrais être sûre de le comprendre. Ou au moins me confirmer que je ne suis pas à côté de la plaque. 😛 

Ce que jaime également dans ce  chant, c’est qu’il n’y a aucune peur, aucune soumission.  Ce qui est, est acceptée et la Déesse respectée sans crainte.

Elle est fêtée le 23 juin, Līgo svētki

Le druide qui m’a fait entré dans le druidisme nous avait parlé d’un grand festival païen organisé tous les ans en Lituanie pendant un mois et que c’était possible car ce pays avait été christianisé tardivement Des souvenirs merveilleux pour lui, malgré la difficulté de la compréhension sans connaître la langue.

Petit reportage de 4 minutes qui explique la tradition bien implantée des chorales et des danses folkloriques. L’Unesco l’a reconnu comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Pour finir, Extraits d’un reportage consacré principalement aux loups-garous dans les pays baltes. On y traite également de diverses traditions païennes dans cette même partie de l’Europe. Extrait qui dure 9 minutes.  Je me rappelle avoir vu un morceau de ce reportage lors de sa diffusion. Du peu de souvenirs qu’il me reste, on y voyait un arbre avec un grand trou dans son tronc. Selon la tradition, il fallait passer à travers pour devenir un loup-garou et repasser  à travers pour redevenir humains. Les sorcières y avaient une réputation très néfastes. Par contre, les loups-garous avaient une très bonne réputation ! Ils chassaient les sorcières pour les empêcher de détruire les récoltes.

Cela pourrait bien devenir une destination qui me tente 🙂

 

Edit 03/07/2016 Après quelques recherches supplémentaires, j’ai fini par trouver quelques infos sur internet, dont ce lien donné par une amie  Fête de Ligo en Lettonie – Epoustouflant de beauté.

Il semblerait que Ligo ne soit pas le nom d’une déesse, mais celui de la fête qui a lieu la nuit de la veille de la St Jean. Marâ est la déesse lettone qui incarne la puissance de la terre (voir le lien suivant : Coutumes et traditions en Lettonie). Serait-ce Marâ la Déesse des Ténèbres et de la Brume ? Je reste toujours sur mon idée de chamanisme et de récupérer des âmes pour le sens de cette chanson. Mais à voir ….

Je vous invite à aller voir les vidéos, dont les liens sont donnés par Juluan en commentaire. La première est un chant dédié à Saule, la déesse-soleil. La deuxième est  un petit documentaire qui explique les fêtes et croyances lettones avec des chansons. Il y a des sous-titres en anglais qui m’ont permis de suivre. Très belle et instructive !

 

 

Edit du  05/07/2016 : jamais deux sans trois 🙂

Obsidienne Céleste a eu la gentillesse de me transmettre des textes et liens dans les commentaires qui confirment que Ligo est le nom de la fête, non d’une divinité. Je vous invite à aller les voir !

 

 

 

 

Inspiration hellène

Il y a plusieurs mois, on me prêtait un livre L’Univers, les dieux, les hommes. Récits grecs des origines de Jean-Pierre Vernant. Ce livre est tombé au bon moment entre mes mains. Je l’ai même acheté par la suite.

Cet historien y raconte ces mythes comme il les raconte à ses petits-enfants pour les endormir. J’ai adoré. J’ai redécouvert des mythes, découvert des variantes ou encore des éléments qui m’étaient inconnus et qui m’ont apporté beaucoup de réflexions. Cet homme a l’art de conter avec profondeur et simplicité.

Dernièrement, je me suis acheté un autre livre de J.-P. Vernant : Mythe et religion en Grèce ancienne (Essai). Un tout petit livre où l’on retrouve l’écriture simple et claire de l’auteur. Pas de fioritures, il va à l’essentiel. Ce n’est pas un livre où il reprend et expliques les mythes. Il faut avoir quelques  bases du sujet, pour comprendre à quoi il fait référence. Il y explique la conception et la pensée des Grecs dans plusieurs domaines.

Sommaire :
Introduction
Mythe, rituel, figure des dieux
Le Monde des dieux
La Religion civique
Des hommes aux dieux : le sacrifice
Le mysticisme grec

J’y ai lu des passages, notamment dans l’introduction, qui m’ont énormément interpellée sur mes propres croyances. J’imagine que ce qui est écrit se retrouve dans plusieurs religions païennes. En tout cas, je les trouve très juste pour le druidisme.

Extrait :

« […] Il y a donc du divin dans le monde comme du mondain dans les divinités. Aussi le culte ne saurait-il viser un être radicalement extra-mondain dont la forme d’existence serait sans commune mesure avec rien qui soit d’ordre naturel, dans l’univers physique, dans la vie humaine, dans l’existence sociale.Au contraire le culte peut s’adresser à certains astres comme la lune, à l’aurore, la lumière du soleil, la nuit, à un source, un fleuve, un arbre, le faîte d’une montagne et aussi bien à un sentiment, une passion (Aidôs,Eros), une notion morale ou sociale (Dikè, Eunomia). Non qu’il s’agisse chaque fois de dieux proprement dits, mais tous, dans le registre qui leur est propre, manifestent le divin de la même façon que l’image cultuelle présentifiant la divinité dans son temple peut faire à bon droit l’objet de la dévotion des fidèles.

Dans sa présence à un cosmos plein de dieux, l’homme grec ne sépare pas, comme deux domaines opposés, la nature et la surnature. Elles restent intrinsèquement liées l’une à l’autre. Devant certains aspects du monde, il éprouve le même sentiment de sacré que dans le commerce avec les dieux, lors des cérémonies qui établissent avec eux le contact. […]

[…] Entre le religieux et le social, domestique et civique, il n’y a donc pas d’opposition, ni de coupure nette, pas davantage qu’entre surnature et nature, divin et mondain. La religion grecque ne constitue pas un secteur à part, enclos dans ses limites et qui viendrait se superposer à la vie familiale, professionnelle, politique ou de loisir, sans se confondre avec elle. […] »

 

C’est ainsi que je conçois ma religion. A la lecture de ceci, je me suis rappelée ce qui était dit à propos des Gaulois : qu’ils étaient des philhellènes. Qu’ils les appréciaient tellement  que certaines riches familles n’hésitaient pas à envoyer leurs enfants apprendre auprès de maîtres grecs dans les villes telle que Massalia. A la lecture de ce texte qui me fait tant penser à la conception de la religion chez les Celtes (en tout cas, c’est de cette manière que je l’ai comprise), cela me semble même évident.

Un peu plus loin, dans le premier chapitre, nous pouvons lire :

« […] Leurs certitudes ne se situant pas sur un plan doctrinal, elles n’entraînent pas, pour le dévot, sous peine d’impiété, l’obligation d’adhérer en tout point et à la lettre à un corps de vérités définies ;  il suffit, pour qui accomplit les rites, d’accorder créance à un vaste répertoire de récits, connus depuis l’enfance et dont les versions sont assez diverses, les variantes suffisamment nombreuses pour laisser à chacun une marge d’interprétation étendue. […] »

J’ai beaucoup aimé ce passage. Car quand on essaie de rebâtir une religion alors qu’il manque tellement de pièces de puzzle, on peut avoir tendance,  (moi, la première) dans un souci de justesse,à devenir trop intransigeant et se fermer à d’autres manières de penser, d’autres versions de mythes, etc.  Je suis peut-être bien plus engoncée dans une vision monothéiste avec son idée de formatage de pensées que je ne veux l’admettre. Or, ici, on ne parle pas de tolérance, mais de liberté de penser. J’aime beaucoup cette idée.

Quand l’auteur évoque le rôle des poètes dans la civilisation grecque, avec la fonction de mémoire, de transmission, dans un cadre public, cela m’a forcément rappelé le rôle des bardes.

J’y ai même appris que les auteurs grecs n’hésitaient pas à émettre des doutes, des critiques   » sur le crédit à accorder, dans ces récits, à des épisodes scandaleux qui semblent incompatibles avec l’éminente dignité du divin ».  Personnellement, il m’est arrivé d’émettre des doutes. Par exemple, pendant la deuxième bataille de Mog Tured, Dagda se retrouve à manger dans une immense fosse et en racle même la terre pour ne pas en laisser une miette. Il a tellement mangé que sa tunique ne recouvre plus complètement son ventre rebondi et qu’on peut voir ses parties génitales. Et pourtant Dagda est un dieu-druide, un dieu puissant. Il y a de quoi se poser des questions à la lecture d’un tel récit.

Voici ce qu’en explique J.-P. Vernant et qui je pense peut également s’appliquer aux mythes celtes.

« […] Sur ce plan les solutions seront diverses, depuis le rejet, la dénégation pure et simple jusqu’aux multiples formes d’interprétation permettant de « sauver » le mythe en substituant à la lecture banale une herméneutique savante qui met au jour, sous la trame de la narration, un enseignement secret analogue, derrière le déguisement de la fable, à ces vérités fondamentales dont la connaissance, privilège du sage, livre la seule voie d’accès au divin. […] ».

Finalement, quand je lis ce livre, la Grèce ancienne me paraît moderne, voire même atemporelle dans ses mythes et sa religion. Et j’aime retrouver ceci dans mon druidisme.

 

 

Le Grand Vent

Il y a peu, j’ai découvert cette chanson que je trouve très païenne, joliment interprétée par le groupe Laïs. Elle m’évoque une multitudes de choses qui se croisent et s’entrecroisent. Ce n’est sûrement que très subjectif. C’est pourquoi si d’autres personnes ont d’autres idées, je suis intéressée 😀

« Laïs (du nom d’un poème d’amour courtois du Moyen Âge) est un groupe de musique belge originaire de Kalmthout, dans la province d’Anvers.[…] il est aujourd’hui composé de trois chanteuses […] Ces chanteuses interprètent, majoritairement en vieux flamand ou en français mais aussi en suédois ou en latin, des chants du répertoire traditionnel de différents pays d’Europe, de la chanson contemporaine  (Jacques Brel,…) ou des polyphonies de la Renaissance, ainsi que quelques créations originales, mêlant des influences folk, pop et rock.  » (extrait de Wikipédia).

Les paroles sont de Gabriel Yacoub. Il semblerait que ce serait également le chanteur présent sur cette chanson.

Paroles :
Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

Trois demoiselles y vont danser
Elles ont mangé mon cœur
Elles m’ont mis la tète l’envers
Et m’ont montré toutes les couleurs
Du grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La première est vêtue de blanc,
J’aurai son cœur
Je ne veux qu’elle et si je mens,
C’est qu’elle a mêlé les couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse l’eau et les serments
La nuit entre mes mains,
Les promesses des amants,
Les regrets du matin,
Dans le grand vent qui vente.

S’il veut les trois, il n’aura rien,
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La deuxième est vêtue de bleu,
J’aurai son cœur,
Avec les autres si je peux,
Je mêlerai les couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse la joie et le doute,
Les perles de rosée,
Pour les arbres sur les routes,
Les amitiés,
Dans le grand vent qui vente.

S’il veut les trois il n’aura rien
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La troisième est vêtue de noir,
J’aurai son cœur,
Je n’aurai besoin d’aller voir
Aucune autre couleur,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse la cendre et le feu,
Les lendemains,
Mon amant est devenu trop vieux,
Et il s’est éteint,
Dans la grand vent qui vente.

S’il veut les trois il n’aura rien
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

Trois demoiselles sont parties,
Elles ont mangé mon cœur,
Elles n’ont laissé que leurs habits,
Ils ont perdus leurs couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré

Sur la mer il y a un pré

Sur la mer il y a un pré ….

Ce que cette chanson m’évoque ….

Dès la première ligne, j’ai pensé à Manannán mac Lir. Lorsqu’on rencontre ce Dieu de la Mer dans les mythes, montant son cheval ou sur son char, il se déplace comme s’il était sur terre. Je crois même me rappeler que la mer est comparé à un champs à ces moments du récit.

Les trois demoiselles aux robes de couleurs différentes, et  ce qu’elles expriment chacune à leur tour, m’ont forcément fait penser à la Triple Déesse. Ses trois visages, ses trois âges. Même si à la place d’une robe bleue, la deuxième avec une robe rouge m’aurait plus parlé. Quand la troisième vêtue de noire évoque son amant trop vieux qui s’éteint, je comprends que nous avons atteint la fin d’un cycle. La demoiselle redeviendra vierge et trouvera un nouvel amant, pour perpétuer ce cycle.

Elles viennent danser, comme dans les légendes des cercles de fées ou de korrigans. Cercle dont il ne faut surtout pas approcher, si nous ne voulons pas y être entraînés de force et danser jusqu’à mourir d’épuisement.

Ces demoiselles, près de la mer, m’ont aussi fait penser aux sirènes. Pas les ondines scandinaves. Mais les sirènes grecques, séductrices et dévoreuses de matelots.

Cette fixation qu’a l’homme sur les robes me rappelle la lecture d’un manga de mes années lycées, Ayashi no ceres. Un manga basé sur la légende des femmes célestes (ou d’un autre monde) dont les hommes volent la robe pour les empêcher de repartir, les épouser et parfois même acquérir richesse et prospérité. Il semblerait que c’est une légende qu’on retrouve sur plusieurs continents. Les femmes-cygnes, les selkies, etc. Mais ces trois demoiselles ne sont pas ces  » fragiles  » jeunes filles de l’Autre Monde , manipulées et/ou manipulables par les hommes.

D’ailleurs, l’homme au début se méfie de ces femmes. Puisque pour la première, s’il est pris en mensonge, c’est que ça vient d’elle, non de lui. Ou alors, il fait preuve d’une formidable mauvaise foi 😛 .Et tout le long, cette voix de … sagesse ? conscience ? du conseil qui est donné au héros pour survivre à l’épreuve et la remporter comme on retrouve dans les contes,  pourtant le prévient : « S’il veut les trois il n’aura rien,
Que le grand vent qui vente. »
  Mais il se laisse emporter par ses désirs et succombe.

Au final, ces robes ne sont qu’illusions, puisqu’elles sont abandonnées et sans couleur.Seul reste le Grand Vent et un homme au cœur dévoré.

J’aimerais trouvé d’autres musiques de ce genre pour me faire un répertoire de chansons païennes, riches de sens.