Archives mensuelles : décembre 2015

Yule nature et Petit Peuple

Depuis la célébration de Samonios de cette année, je n’ai jamais ressenti aussi fortement la Roue de l’Année. Cette célébration au sein d’une clairière druidique qui m’a invitée, fut très forte, pleine d’émotions et de ressentis. Moi qui ait tant de mal avec l’élément du Feu, je ne l’ai jamais autant souhaité que cette nuit-là. Le Feu vital, l’Étincelle de Vie. J’eus le sentiment que la flamme me fut soufflée pour mieux m’être de nouveau offerte.

Le lendemain, je vécus un événement difficile.

Ce rituel de Samonios  a donc vraiment pris tout son sens cette année. Le Monde des Morts,  la Porte ouverte entre nos  Mondes, la Mort sous plusieurs formes. La Nuit noire, le crépitement du Feu. Des connaissances que j’avais me semblent aujourd’hui d’une telle évidence que cela me surprend. Ce qui est étrange, c’est que si vous me demandiez des explications, je ne saurais pas forcément vous dire plus que ce que vous savez déjà. Disons que cela se résume à une véritable prise de conscience. Je ne suis plus simple spectatrice, mais je fais pleinement partie du cycle. Entraînez dans le flux. Et j’ai depuis un moment cette image d’un être divin qui chemine le long de la saison. Un être marchant d’un pas à la fois nonchalant et dynamique, emmitouflé dans une cape, un bâton de marche à la main. J’ai lu qu’Odin pouvait prendre le visage d’un vagabond et cheminait dans le Monde des Hommes.  J’ai même cette image  que l’on voit dans la série Viking (S1E1) qui s’en rapproche. Mais, ce n’est pas lui que je ressens.  C’est une divinité celtique. J’ai abordé le sujet avec  un druide  qui m’a apporté beaucoup d’éléments de réflexion. Je n’en dirais pas plus, car je ne suis pas encore tout à fait au clair là-dessus et que je ne voudrais pas mal retranscrire tout ceci. Disons simplement qu’il s’agit peut-être du Dagodeuos……  Puis depuis peu, j’ai une nouvelle fixation dans mes pensées.

Le Petit Peuple.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Des fixations dans mon esprit et dont je ne sais pas forcément d’où ça vient.  Une fixation qui dépasse mon esprit, comme une présence à la fois lointaine et proche. Cette fois-ci, c’est plus subtil. Faut dire qu’après les Titans et leurs nombreux signes flagrants, ça change 🙂  En même temps, cela n’est guère surprenant. Les Titans (ou plutôt les  Fomoire, ce qui s’en rapproche le plus dans la mythologie celtique) m’ont fortement conseillé de faire un choix qui pour moi est radical. Non disons le carrément. Il s’agissait de prendre la décision de détruire « Mon  » monde pour en créer un nouveau. Le pire, c’est que malgré tout, j’ai été longue à comprendre le message. Et bien le Petit Peuple accompagne d’une certaine manière ce choix, car si tout va bien, je devrais m’en rapprocher à ma façon avec ce « nouveau  » monde. Cette pensée accompagne la période de Yule (ou Genimalacta). Et après tout, pourquoi pas ?

Au solstice d’hiver, l’activité humaine se ralentit. L’espace est plus libre. Et nous célébrons une renaissance. Celle de la Lumière, celle de Bélénos. La Déesse-Mère doit apprécier de se sentir entourée du Petit Peuple en cette période de repos et pourtant délicate, car d’elle dépend la renaissance de son Fils-Soleil.  Et j’ai le sentiment que le Petit Peuple s’active avec ferveur et apprécie cette période d’espoir renaissant.

Cette fête de Yule pour moi cette année fut une douce joie. Depuis le solstice, Maponos (surnom de Bélénos quand il est jeune. Traduction gauloise du dieu gallois Mabon, le « fils divin ») joue à cache-cache avec le ciel nuageux. Sa douce lumière évoque pour moi cet enfant heureux qui s’éveille, pour mieux se rendormir, lover dans une couche nuageuse.

Le lendemain, je suis donc allée me perdre dans la nature près de chez moi. Maponos m’y a gentiment accompagnée. Bon, pas tant perdu que ça. Avec le vent, j’entendais la circulation sur l’autoroute sur l’autre versant. Et parfois j’apercevais le ruban de bitume parcouru de dizaines de fourmis métalliques.  Quelques coups de feu de chasseurs aussi.

On se serait cru en début de printemps. La terre humide, la végétation bien verte, quelques fleurs, une température clémente. Drôle d’entrée dans l’hiver. Je ne suis pas pour le réchauffement climatique. Mais je n’ai pas eu le sentiment que la Nature en souffrait. Je l’ai senti comme une parenthèse de sérénité avant les mauvais jours. Mais quels mauvais jours ? Mauvais temps ? Une nouvelle crise de société ?  Je lis  dans des articles que les plantes sont perdues, se remettent à bourgeonner, se fatiguent. ça je veux bien le croire. Mais les plantes ont des capacités d’adaptation qui me surprendront toujours.  Et n’oublions pas que dans certaines régions du monde, l’hiver froid n’existe pas. Des plantes s’y sont très bien adaptées. Seulement nous pensons à notre échelle de temps, à nos besoins aussi avec la production de fruits et légumes.

Mais la Nature elle, saura toujours y faire. Je lisais dans un texte qui m’a été donné par un druide :  » La Nature n’a de charge que de véhiculer la vie : si le véhicule est déficient, son rôle est de le détruire pour en faire une autre forme « .  ça me fend le coeur de voir ce que fait l’homme (passé-présent-futur). La pollution, la déforestation, les disparitions d’espèces animales et végétales. (Je vous épargne les horreurs que subissent elle-même  la race humaine). Cependant, si la Nature le ressent, elle fera table-rase et recommencera.  Sous une nouvelle forme.

Bien-sûr tout ce que j’écris n’est pas nouveau.  Et ça ne me réjouit pas. Mais pour une fois, je change d’angle de vision. Ce que je devrais faire plus souvent.  C’est toutes ces pensées qui s’enchaînaient alors que je marchais tranquillement.

20151223_145636

J’avais encore raté la saison des arbousiers :-/ . Je vis un rapace s’envoler face à moi, avant de disparaître de l’autre côté de la colline. J’évitais de marcher sur les nombreux turricules de vers de terre. Une bonne terre ! , pensai-je. Au milieu desquels j’ai  croisé quelques cadavres de gros vers, ce qui m’a intriguée, des champignons sur du bois mort.  La vie, la mort entremêlées.

20151223_151612

J’arrivais au Chêne vert auprès duquel j’aime me poster, arborant tel une bannière mon pendentif à tête de lutin. Cadeau que l’on m’a fait et que j’adore. 😀

12246738_902728179801513_8687684897032082128_n

Pendentif lutin (Fantastic Dragons)

C’était ma manière personnelle de montrer aux Esprits de la Nature et autres membres du Petit Peuple ma curiosité favorable à leurs égards. Il ne se passa rien de particulier. Mais j’étais bien après cette petite marche sous un soleil timide.

20151223_152922

L’Arbre accepta ma présence et retourna à sa somnolence. Je lui  fis une offrande de sablés au miel, ainsi qu’aux éléments,aux quatre direction et aux esprits de la Nature. Après une pause bénéfique, je retournais à ma voiture. Je vis ce nuage au-dessus de Montpellier qui m’amusa. Tout d’abord, je pensais à un chapeau de fou, comme le signe d’une bonne blague. Puis à un dragon : tête à gauche regardant vers le bas, avec sa queue potelée à droite pour tenir l’équilibre.

20151223_161439-1-1

Alors que j’abordais la dernière descente, je vis surgir quatre perdrix rouges des pins sur ma gauche, pour disparaître dans le vallon sur ma droite.  Fuyant sûrement des chasseurs.

Ai-je croisé le Petit Peuple ? Je crois bien que oui. Mais je ne suis pas encore prête à réellement le rencontrer. C’est pourquoi je me replonge dans mes livres, pour essayer de mieux les appréhender :

* « Encyclopédie illustrée des Esprits de la Nature » de Jean-Paul Ronecker

* « A la rencontre des Esprits de la Nature » de Loan Miège

*  « La Petite Encyclopédie du Merveilleux » d’Edouard Brasey

et de commencer à me préparer pour mieux aller à leur rencontre.

Arriverai-je, pour une fois, à passer de la théorie à la pratique ?