Archives mensuelles : mars 2016

Je n’aime pas le Féminin Sacré….

Mais je tiens à préciser que c’est à titre personnel. Je ne vais pas critiquer les femmes qui s’y intéressent et qui le pratiquent.

Pourtant, c’est un sujet qui m’a intéressé il fut un temps. Période où j’avais besoin de prendre confiance en ma féminité. Période également où je prenais conscience que la féminité ne se résumait pas à être un objet de séduction, mais qu’elle pouvait avoir une véritable profondeur et me rattacher à ma spiritualité et aux cycles.

J’ai même tendance à croire que les hommes ont plus de mal à comprendre l’aspect cyclique de la vie, du faites que nous la vivons pleinement. Oui, j’ai une tendance à être un peu gynocrate 😛 (ce mot n’existe pas, mais zut ! S’il n’y a même pas d’antonyme à « phallocrate », moi je l’invente !)

Je suis même assez féministe.  Quand je vois tous les clichés, les injustices, les propos déplacés que subissent les femmes au quotidien, cela m’insupportent pleinement ! Mais je peux remplacer le mot  » femmes », par  » handicapés »,  » personne de couleur « , « pauvre », etc. En faites, c’est l’injustice dans son ensemble que je ne supporte pas.

J’aime cette idée de femmes qui se réunissent, s’unissent, partagent des expériences autour du Féminin Sacré. Mais étrangement cela me dérange aussi.  Pour moi, en intégrant un tel groupe, sûrement très enrichissant d’ailleurs, j’aurais le sentiment de me couper complètement d’une partie de moi-même.

De ma partie masculine ? Même pas. Je sais que nous avons tous une part masculine et une part féminine. Mais je me vois avant tout comme une et entière. Au-delà de ce découpage des genres intérieurs. J’aurai le sentiment de me détourner des Divinités masculines que j’honore, de ne pas écouter mon être et mon ressenti dans son ensemble.

Je reste une grande fan des soirées entre copines (les hommes, vaut mieux que vous deveniez sourds plutôt que de nous entendre ! 😀 ) et je pense que c’est un temps nécessaire à prendre dans ma vie quotidienne comme dans ma vie spirituelle. Néanmoins, je ne me souhaite pas m’enfermer dans l’aspect féminin.

Après; il y a peut-être un dernier aspect qui me refroidit dans le Féminin Sacré, c’est le mythe du matriarcat.  J’ai eu ma période où je l’ai fantasmé . Mais en grattant un peu le sujet, il s’avère que toutes les personnes, plus ou moins sérieuses, qui ont abordé le sujet, en définissant le matriarcat comme le plein pouvoir aux femmes, ont fait valoir leur opinion sans réel argument ou preuve. Il s’agissait avant tout d’une interprétation personnelle. Attention ! Je ne dis pas que ça n’a jamais existé ! Mais si le matriarcat a été une forme de pouvoir par le passé, je crains que ce fut beaucoup plus limité dans le temps et l’espace qu’on ne le pense.

Par contre, je crois en la lignée matrilinéaire qui a prévalu par le passé. A l’origine, il n’est pas dit que nos lointains ancêtres faisaient le lien entre sexualité et naissance.  Est-ce que les femmes étaient monogames ? Nous étions sûrs de la mère, mais du père ? Les lignées matrilinéaires se retrouvent encore de nos jours dans certaines cultures. Et je crois que s’il n’y avait pas de matriarcat dans les premières civilisations, il ne devait pas pour autant y avoir de patriarcat. Chacun devait s’associer au meilleur de ses capacités  pour réussir le but ultime : survivre.  Vous remarquerez que je n’ai également aucun argument ou preuve à vous avancer. Il s’agit surtout d’une interprétation personnelle de mes lectures et de mes réflexions.

Articles Wikipédia :

  • Liste des sociétés matrilinéaires
  •  Matriarcat => « D’autres théoriciens soutiennent qu’il n’implique pas de domination des femmes sur les hommes. » Si la matriarcat est pris sous cette définition, alors oui, je crois au matriarcat.

S’il y a le Féminin Sacré, il doit égalementy avoir le Masculin Sacré. S’il y a le féminin,il y a toujours son pendant masculin. Et ben là, c’est un truc qui me dépasse totalement. Moi qui critique souvent les hommes de ne rien comprendre et de ne faire aucun effort pour se mettre à la place des femmes,  pourraient me faire un beau retour de bâton à ce sujet. Pour moi, c’est le vide intersidéral. Je n’ai aucune idée à quoi ça pourrait correspondre.Une sorte de confrérie guerrière ? Mouais, un peu réducteur pour le Masculin. Si un jour, un païen veut me dire ce qu’il en pense, je suis toute ouïe.

Ce qui est pour moi réellement sacré, c’est l’étincelle de vie qui nous habite. Après travailler le Féminin ou le Masculin, pourquoi pas. Mais ériger le genre en sacré, c’est pour moi le mettre dans une case. Brrrrrr.

Du coup, je me sens toujours en décalage avec les païennes qui prônent le Féminin Sacré. Elles sont très intéressantes et souvent passionnées :-D, mais communiquer avec elles sur le sujet est plutôt embarrassant pour moi. Je ne voudrais pas toucher aux croyances au risque de blesser par une parole maladroite. Et hélas, dans ce genre là, je peux être douée.

298381_1

Peut-être que c’est parce que je me sens plus Solaire que Lunaire et que jusqu’ici, c’est l’aspect lunaire que j’ai vu privilégié. En dehors de mes menstrues, le sujet de la Lune me parle peu. Peut-être que
cela vient tout simplement de ma conception de croyances. Peut-être parce que j’ai plusieurs divinités masculines bien présentes dans mon panthéon personnel, en plus de Déesses, et que je vois ces Dieux bien plus qu’avec la fonction de partenaire de la Déesse. Ou alors, je n’ai rien compris. 😛 C’est possible aussi .

Publicités

Petit Bilan personnel : développement personnel, chakras, valeurs

Who we want to be

Cela va faire plus de 15 ans que j’ai découvert le paganisme. Le chemin fut long, hésitant, plein de doutes et de revirements. A peu près 10 ans que j’ai réellement découvert que mes Dieux et Déesses étaient celtes et gaulois.  Et à peine plus de 3 ans que j’ai mis un pied dans le druidisme.

En 15 ans, j’aurais pu en faire des choses. J’aurais peut-être pu devenir quelqu’un. En faites, j’ai vraiment pris mon temps. Enfin, j’ai surtout douté et me suis pas mal remise en question. Et je suis devenue Moi. 🙂

De ce que je lis et entends dans le monde païen, certains y voient le développement personnel comme la base. D’autres n’y voient pas l’intérêt. Pour ma part, j’ai compris que ce développement personnel n’était pas la cause, ni la finalité, mais un moyen essentiel et nécessaire à mon cheminement. Je ne peux détacher qui je suis, ce que je pense, ce que je dis et la manière dont j’agis de ma spiritualité.  Chez moi, j’ai un autel, dont je ne m’occupe pas aussi souvent que je le devrais. Mais je considère qu’être, penser, dire, agir est une forme de dévotion personnelle.  Si la séparation entre le profane et le sacré n’est que virtuelle, il doit en être de même en moi.

Je redécouvre et me réapproprie mon corps, qui, à tort, s’est retrouvé coupé de mon esprit.  Pendant des années, ce fut la danse qui m’a redonné cette vie. Que je ne peux plus trop pratiquer pour le moment, mais rien n’est perdu. 🙂 Mais depuis peu, un travail avec un praticien, m’a permis de ….. Comment pourrais-je le dire … Reprendre vie ? Je sens de nouveau l’énergie couler à flot. Quelle douce ivresse, exaltante exubérance intérieure quand au dehors la Nature reprend vie.

Mais intérieur/extérieur sont-ils vraiment définis ?

Cette (re)découverte de l’énergie s’est accompagnée d’une découverte des chakras. Disons plutôt de leurs ressentis. J’avais une vague idée de ce que sont les sept chakras. Jusqu’ici, je ne m’en étais pas plus intéressée. Ce qui est fabuleux avec le paganisme, c’est que c’est un monde vaste, sans limite autre que celle de notre esprit. L’inconvénient, c’est de justement ne pas s’y perdre. Les Chakras, trop hindouistes à mon goût, me semblaient trop lointain pour les joindre à ma pratique. Seulement voilà, après tout ce temps je les ressens. Et ils font sens.

Baba Nam Kevalam

Fruit de mes lectures, rencontres et discussions, ce qui m’a permise d’y être plus perceptible.   Je ne souhaite pas pour autant me lancer dans la lecture de grands traités sur le sujet,  écrit par de grands sages du continent indien.  Mon mode de penser, de percevoir le monde n’est pas le leur. Et je ne souhaite pas me forger une conception de bric et de broc pour essayer d’y coller, sans me désavouer. Je me contente donc pour le moment de mes ressentis, recherches et lectures personnelles.Je ne nie pas qu’on retrouve des similitudes entre des mythes indiens et des mythes européens.  Après pas mal de réticences, je n’hésite plus à y jeter même un coup d’œil. Mais cela ne fait pas tout.

Pour en revenir aux chakras, je ressens vraiment ce canal dans lequel l’énergie circule, à la fois du Ciel et de la Terre. Pour la visualiser, j’imaginechakras une colonne ascendante  qui tourbillonne dans le sens de la rotation de la Terre, qui se fond avec une colonne descendante qui tourbillonne dans le sens des aiguilles d’une montre ( le sens où l’on
visualise la course du soleil donc). Cette visualisation ne me satisfait pas, car au fond ce flot d’énergie n’a pas de limite physique. Montant, descendant, est-ce vraiment ce qui se passe ? Ou ma manière personnelle de l’interpréter avec mes propres mots ? Mais cette représentation est celle qui me convient le mieux pour l’instant.  Durant la période sombre, j’ai même cru ressentir une inversion de polarité lorsque la nuit tombait.  Mais je ne l’ai pas assez approfondi pour avoir une réelle idée de ce que c’était. A revoir plus tard si cela se reproduit.

Tout ceci m’a permis de me reconnecter au monde qui m’entoure et à mon être profond.

[Pour ceux qui veulent aborder le sujet sans se retourner le cerveau, je conseille La Bible des Chakras de Patricia Mercier et Antonia Leibovici.  Le nom de « bible » est un peu présomptueux et certains sujets pourraient être approfondis. Néanmoins, on y a aborde plusieurs thèmes par chakra, telle que la fonction du chakra, les problèmes de santé qui peuvent y être liés, sa symboliques, etc. C’est un bon point de départ pour aborder le sujet. J’y ai beaucoup appris et je me sers de ce livre comme instrument de base.]

Mon développement personnel, la perception de mes chakras sont liés au travail sur mon passé et mes blessures. C’est quand même étrange de constater, que oui, on a des blessures, mais vraiment pas de quoi fouetter un chat (pôv bête !). On trouvera toujours LA personne qui a vécu des événements très difficiles, à côté de qui nos soucis font bien pâles figures. Bien sûr, l’intérêt n’est pas de se comparer à autrui. Mais plutôt de remettre les choses à leur place. Oui, j’en ai souffert. Oui, ce n’est pas anodin. Et non, ce n’est pas la fin du monde. Alors pourquoi est-il parfois si difficile de les dépasser ? de s’en relever ? Une trop grande sensibilité ? Oui, bon d’accord. D’où mon décalage régulier et souvent douloureux  avec le monde qu’on veut nous imposer dans la société.  Mais n’est-ce pas la réponse de facilité ? Ne serait-ce pas plus simple de s’endurcir un peu ? Seulement voilà, c’est cette  » sensibilité  » qui me permet de ressentir ce qui m’entoure, le divin, les êtres, etc. Je vous parlais de flot d’énergie à l’instant. Ressentir , pour moi, n’est pas toujours un ressenti sous forme d’énergie qui circule ou de légère pression dans l’air.  C’est même rare. Cela peut-être tout simplement une émotion. Une émotion qui m’est extérieure et que j’intègre pleinement.  Je repense notamment à l’une de mes pierres que j’ai prise un jour dans mes mains et qui m’a  fait ressentir sa tristesse. Étrange expérience.. Une première pour moi avec une pierre. Et une des rares fois où je ne me suis même pas posée la question de savoir si je délirais ou pas. Cela était.

Inception

De tout ce travail de longue haleine, il en est sorti des valeurs. Celles qui me sont intrinsèques et primordiales. Celles qui sont étroitement liées à ma conception de l’être, et donc à ma spiritualité profonde. Celles qui définissent mon chemin de vie dont je ne saurais me détacher sans me trahir.Celles qui me présentent aux Dieux et dont je ne saurais les tromper. Le Respect, l’Honnêteté.  Je pourrais également vous parler de l’Amour. Cependant, aussi grande soit cette valeur en moi et mon côté Bisounours hyper-développé,  la citer en priorité serait nier ma part d’obscurité bien présente. Et m’aveugler sur celle de mon panthéon. Néanmoins, si parfois je souhaite privilégier le côté  » amour » des divinités, qu’on me laisse donc faire. C’est mon problème.

Je pourrais vous parler de la Tolérance.  Mais je suis d’une grande intolérance, menant parfois à la violence verbale, face aux étriqués d’esprits. Ironique paradoxe.  Les personnes qui me connaissent me trouvent « gentille « . Oui, je le suis. Car je veux l’être et que face à tout ce qui nous plombe le moral, je ne tiens pas à y ajouter ma couche personnelle. Parce que j’ose encore  croire bêtement que si tout le monde y mettait un peu du sien, cela inverserait la tendance et les énergies positives prendraient la relève. Partout, j’entends parler de changement. Il faut changer la société, le gouvernement, la vision du paganisme auprès du public, les mentalités, etc (rayez la mention inutile.) Forcément je suis d’accord ! Pagan Power ! Yeah !!!!  Mais si avant de voir grand, on commençait par soi -même ? Et si chacun d’entre nous prenait vraiment le temps d’appliquer les valeurs qu’ils prônent ? Vu le temps que  personnellement ça me prend, je pense qu’on occuperait sûrement notre temps différemment et bien mieux 😛 .

Mais parce que je suis  » gentille « , les gens me pensent manipulables et influençables.  Je ne suis plus adolescente. Je suis adulte. Je ne prends plus sur moi, je fais la part des choses. Je ne suis pas une sainte,  je suis païenne. Si supporter une personne, de quelques manières que ce soient, touche à mon intégrité, mes valeurs, mon être spirituel, je l’éjecte ni plus ni moins de ma vie. Même si je suis souvent longue à prendre ma décision 😛

C’est pourquoi je suis patiente. Je prends le temps de découvrir la personne, ses valeurs, son comportement. J’ai des amis complètement opposés qui n’ont aucune infinité. Cela ne me pose aucun problème. Mais déjà que les problèmes d’ego empoisonnent nos vies tous les jours . Dans le monde païen,  cette difficulté semble être totalement amplifiée. Si une personne  est incohérente, entre ses belles paroles de « pseudo-sagesse » du fond de tiroir et son attitude déplorable,  elle ne me prendra pas pour une idiote bien longtemps. Je ne vois pas pourquoi l’effort d’amabilité et de cordialité se ferait à sens unique. Si cette même personne s’en prend à mes amis  par mensonges, manipulations, tromperies, qu’elle ne s’étonne point que je me détourne d’elle. Si elle croit en ses propres histoires, qu’elle se fasse donc consulter pour sa mythomanie. Je ne prends pas de décision à la légère. Rompre un lien n’est pas une chose aisée et sans douleur. Ne sommes-nous pas tous liés d’une manière ou d’une autre ? Cette part divine en chacun de nous ? Alors je fais le bilan, j’analyse, je réfléchis, je me remets en question. N’est-ce pas moi qui ait mal compris ? Mal interprété ? N’ai-je pas mal réagi suite à ma mauvaise humeur ? Je n’hésite pas à prendre le problème sous un autre angle et à agir différemment. Mais quand c’est définitif, il n’y a point de retour possible.

Je ne pensais pas que c’était encore possible à mon âge.  Entendre des personnes regrettées mon amitié parce que je « me » suis faite manipulée. Je pensais que ce genre de déclaration se terminait au Lycée. Et je ne suis vraiment pas convaincue par leur définition de « l’amitié ». A ces personnes, j’ai envie de leur faire remarquer deux choses. La première, si je suis si manipulable, on devrait me remercier d’être partie. Parce qu’une personne influençable dans son entourage  n’est pas fiable. Ce n’est donc pas une amie. La deuxième, c’est que si à leurs yeux, je me suis faite manipuler, n’est-ce pas justement parce qu’ils pensaient eux-même me manipuler ? Être gentille, n’a jamais empêché de penser par soi-même. Et qu’on me reproche plutôt à moi ce qui ne va pas, plutôt que de se servir de moi pour s’en prendre à mes amis. Une attitude adulte, mature et responsable quoi .

J’ai l’innocence (ou la bêtise ?) de croire qu’être païen, c’est agir en pleine conscience des causes et conséquences, assumer ses choix dans le bon comme dans le mauvais.  Ne pas se voiler la face sur qui nous sommes vraiment et ne pas alimenter le néfaste qu’on critique tellement. Être païen, c’est suivre un code de conduite.  Pas un code moral. Un ensemble de valeurs que l’on prône et que que l’on diffuse autour de nous, comme une prière ininterrompue au Divin.

Laboratorium Pieśni – Sztoj pa moru (Што й па мору)

 

 

 

 

 

 

Les Étrusques, écrit et objets de croyances

Les Étrusques, j’en entends parler depuis que je suis petite. Sans vraiment les connaître. Comme un lointain Oncle d’Amérique évoqué parfois lors d’une discussion.

Sauf que là, ils se trouvent loin dans le passé, mais juste au-delà des Alpes.De lointains ancêtres hypothétique et mystérieux.  Je revois mon père, à moitié toscan, plongeait dans ses livres d’histoire sur eux. Ou la fois où il a voulu visiter une nécropole. Cerveteri ou Tarquinia (Nécropoles étrusques de Cerveteri et de Tarquinia – Unesco).Je ne suis plus sûre, j’étais bien petite.  Il faisait chaud, les chemins caillouteux blancs, les  chênes verts, et ses tumulus qu’on apercevait derrière un grillage. Grande déception pour mon père. On a fini par rentré sur le site par une ouverture dans le grillage. On fit un rapide tour avant de repartir sans se faire remarquer.

Des Étrusques, j’ai l’image de ces grandes peintures dans les tombes ou encore des sarcophages de couples heureux.

Alors quand je me suis rendue compte que l’exposition à leur sujet au Musée Lattara se terminait le lundi 29 février, je me suis empressée de m’y rendre.

Première petite déception, pour une fois, les photos étaient interdites !  La deuxième, pas de fresques (du moins des copies) ni de sarcophages d’amoureux. Ceci dit, vu le thème, j’aurais dû m’en douter. Après il y avait un peu de monde, sûrement empressé comme moi de ne pas la manquer.

Pour résumer avant d’aller  au sujet qui m’intéresse vraiment, les Étrusques vivaient en Toscane et ont précédé les Latins et la fondation de Rome. D’ailleurs, les premiers rois de Rome étaient étrusques. Ils fondèrent une confédération de 12 Cités-Etats.  C’est eux qui fondèrent le port et la ville de Lattara, vers – 500. (qui fut par la suite récupéré par les Massaliotes, puis les Romains, etc).

Pour en savoir plus sur eux => Wikipédia

Lors de l’exposition était diffusé les extraits du documentaire ci-dessous, qui survole des thèmes intéressants tel que leur civilisation, leur commerce, les femmes presque les égales des hommes (hé hé hé !), etc . Documentaire vraiment très intéressant sur la découverte de la plus grande épave de l’époque archaïque connue en 2000.

Les Etrusques, voyage interrompu

De cette exposition, je vais vraiment garder en mémoire des objets qui m’ont fasciné.

Une petit vase noir d’une dizaine de centimètres de hauteur à la panse rebondie, sur lequel était gravé un serpent. Dans le corps du serpent était gravé la recette du philtre d’amour que devait contenir le vase. Quel dommage qu’il n’y avait pas la traduction  !

Ensuite le Liber Linteus. Sacré objet. Il s’agit du plus long texte étrusque connu à ce jour. Il s’agit d’un livre de lin avec un calendrier rituel et des prescriptions de prières. Son histoire est étonnante. On l’a retrouvé comme ….. bandelettes sur une momie ! A priori, un prêtre étrusque aurait vécu en Egypte. Son livre aurait été jeté au rebut (après la mort du prêtre sûrement), puis récupéré pour emmailloter une momie. Sans ça, il n’aurait sûrement jamais été retrouvé !  => Liber Linteus sur Wikipédia

xzagreb-mummy-02.jpg.pagespeed.ic.4HmiqnBPE9

 

Puis deux statuettes de divinités étrusques très intéressantes. Mais l’auteur de ce blog en parle beaucoup mieux que je ne le ferai.

« CULSANS et SELVANS.

On peut voir ces deux statuettes en bronze fondu à Cortone, au Museo dell’ Accademia Etrusca. Elles se ressemblent et ont sans doute été fondues par le même artisan à la même époque (vers le IIIè-IIè s. av. J.C.). Elles portent toutes deux des traces de retouches à la lime et au burin. Elles ne sont vêtues que d’un collier et de hauts botillons ( très en vogue aujourd’hui !).

Le sanctuaire de Portonaccio. Autres divinités...

Culsans, la première, offre un double visage avec une coiffure en peau de bête. Ce serait une sorte de JANUS (le gardien des portes).

Le sanctuaire de Portonaccio. Autres divinités...

La seconde, Selvans, divinité des bois ( Silvanus à Rome) et des frontières, est aussi coiffée d’une peau de panthère. Selvans, par son déhanchement, paraît plus efféminé…

Ce qui est intéressant, c’est que toutes deux portent une inscription en étrusque septentrional sur la cuisse gauche que je vais tenter de retranscrire fidèlement et de traduire en m’inspirant des indications trouvées dans l’ouvrage collectif déjà cité : Etrusques Un hymne à la vie (2013-14 p.130)

« v. cvinti. arnt/ias. culsansl/alpan. turce » 

Soit : « vel cvinti fils d’une arnti l’offrit à Culsans »

« vel cvinti. arn/tias. selan/ sl. tez. alpan/turce »

Soit : « vel cvinti fils d’une arnti l’offrit à Selvans « tez » « 

Il est vraisemblable de penser que ces statuettes étaient donc des offrandes votives d’un certain « vel cvinti » (personnage important ou magistrat dédicataire) puisqu’elles ont été trouvées près d’une sorte de monument ( une porte à deux arches où passait une route) dans une aire sacrée. Elles étaient toutes deux liées au culte des portes (Culsans) et des frontières (Selvans).

Elles proviendraient d’un atelier local et seraient datées entre le IIIè-IIè s. av. J.C. (correspondant aux dates de construction de la nouvelle porte.) »  Extrait du blog Au fil du Temps

J’y ai également vu un foie qui servait d’aide-mémoire aux haruspices. Quand j’avais entendu parlé de ces objets, je les iFoie-de-plaisancemaginais plus grand. Mais c’est un objet pratique qui tient dans la main. Chaque zone découpée correspondrait à une divinité et rappellerait l’espace qu’elle occupe dans le ciel. Les Haruspices étaient encore réputés du temps des Romains. J’ai même lu une fois que César en avait consulté un avant de se rendre au Sénat. Haruspice qui lui avait fortement conseillé de ne pas y aller. Ce fut le jour de son assassinat.

J’ai également vu le reste d’une boîte percée, recouverte d’inscription, qui pense-t-on, servait à la divination.

Il y aurait encore bien d’autres objets dont je pourrais vous parler, mais ce sont vraiment ceux-là qui m’ont le plus marqué.

Lors de l’exposition, il était bien mis en avant que l’écriture était maîtrisée par l’aristocratie et par les artisans. Il y avait un aspect très élitiste. Contrairement aux Romains, les Étrusques n’ont pas écrit sur eux et leurs histoires. Mais ils n’hésitaient pas à écrire dans la cadre de la religion.

Moi qui honore les Dieux Celtes, j’avoue que j’envie ces civilisations où on trouve des supports écrits qui parlent de religion et de divinités. Même si depuis des années, on revient sur les clichés du Gaulois analphabète. Les Gaulois utilisaient parfois l’écriture, sur leurs objets personnels ou dans le cadre du commerce par exemple. Un païen romain me charriait car ils n’avaient pas inventé d’écriture. C’est vrai. Ils n’ont pas perdu de temps à ça, ils n’ont eu qu’à emprunter l’écriture locale (oui, ça vole pas très haut 🙂 mais on aime bien se taquiner sur Romains contre Gaulois et trouver une réponse à tout prix, même si c’est pas sérieux). C’est pourquoi on a retrouvé des écritures en langue gauloise avec des alphabets ibères, étrusques, grec et latin. De l’époque gallo-romaine, nous avons les plombs du Larzac, où de mémoire ce sont des sorcières qui se maudissent . Sympa l’ambiance. J’ai un livre sur le sujet, il faudra que je m’y plonge.

Nous avons aussi de la 170px-CLUNY-Maquette_pilier_nautes_1statuaire avec quelques noms de Dieux, tel que le Pilier des Nautes, du Ier siècle après JC, trouvé dans les fondations de Notre-Dame de Paris. (Vu sur Wikipédia,on pense qu’au début de l’ère chrétienne, le site de la la cathédrale Notre-Dame était occupé par un temple païen gallo-romain dédié à Jupiter.)

Mais de l’époque antérieur, rien qui ne se rapporte au religieux ou au mythe.

César dans La Guerre des Gaules a écrit :  » Les druides ne vont point à la guerre et ne paient aucun des tributs imposés aux autres Gaulois; ils sont exempts du service militaire et de toute espèce de charges.  Séduits par de si grands privilèges, beaucoup de Gaulois viennent auprès d’eux de leur propre mouvement, ou y sont envoyés par leurs parents et leurs proches.  Là, dit-on, ils apprennent un grand nombre de vers, et il en est qui passent vingt années dans cet apprentissage. Il n’est pas permis de confier ces vers à l’écriture, tandis que, dans la plupart des autres affaires publiques et privées, ils se servent des lettres grecques.  Il y a, ce me semble, deux raisons de cet usage: l’une est d’empêcher que leur science ne se répande dans le vulgaire; et l’autre, que leurs disciples, se reposant sur l’écriture, ne négligent leur mémoire; car il arrive presque toujours que le secours des livres fait que l’on s’applique moins à apprendre par coeur et à exercer sa mémoire. »

Les hypothèses formulées par César sont intéressantes. Mais par exemple, pour la première évoquée, que « leur science ne se répande dans le vulgaire », ne me convaincs pas. Sincèrement, le taux d’alphabétisation à l’époque (sans compter ceux qui savent tout juste écrire leur nom) devait être si faible que bien peu devait pouvoir les lire. De plus, dans les autres civilisations, à ma connaissance, personne ne s’est amusée à diffuser des textes religieux ou sacrés dans le dos des prêtres. La deuxième hypothèse évoque par César, celle de la mémoire. Pourquoi pas. J’ai même lu une troisième hypothèse ailleurs. L’écriture fixe le savoir et l’empêche d’évoluer et d’être remis en question. Je crois que de toutes les raisons, c’est celle que je préfère.
Car quand le contenant, le livre, prend le dessus sur le contenu, l’écrit; on se retrouve comme aujourd’hui avec des religions du livre bloqués dans le passé et leurs contradictions.  Mais c’est une vision actuelle des religions d’aujourd’hui. Les Druides auraient-ils vraiment un tel recul à l’époque pour l’envisager ?

Je me demande vraiment donc pourquoi n’y a-t-il pas eu d’écrits religieux de la part des druides. Qui avec leurs connaissances et observations devaient également bien savoir que la mémoire se perd avec l’âge ou l’accident. Il faudrait peut-être que je fasse un détour par les cultures orales pour comprendre une manière différente de penser et qui pourrait m’apporter des éléments de réponse sur le sujet.