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Le libre-arbitre

Dans quelques heures aura lieu le premier tour des élections présidentielles.  Sincèrement, j’ai peur de ce qui va nous tomber dessus. Et en même temps, la démocratie c’est ça : devoir accepter que la volonté de la majorité l’emporte. Même si elle nous paraît des plus absurdes.

Et dans nos croyances ? Un jour, je me suis amusée à chercher les différentes clairières druidiques sur le net. Comment dire …..

J’ai vu une clairière dont le discours me rappeler le christianisme, une autre limite facho, une qui se vantait d’avoir « l’élite » des druides, une qui prône l’orthopraxie (au moins j’aurais appris un mot) basé sur les rites védiques,  certaines qui ont l’air franchement très cool (dans le bon, comme dans le mauvais sens), etc. Donc, il faut se retrouver dans toutes ses clairières et accepter que ces groupes religieux aient des divergences de l’un à l’autre dans leurs systèmes de croyances.

Sachant qu’un groupe est composé d’individus, chacun unique en fonction de qui il est, son vécu, son ressenti, son expérience, son savoir et sa compréhension.

=> bon ça, c’est dans n’importe quel groupe humain, quelque soit le domaine.

Seulement, j’imagine que comme moi, lorsqu’on se lance dans le paganisme, on a une soif de vérité, de connaissance. De lumière, j’ai envie de dire ! Alors on écoute, on lit . Et il faut beaucoup lire si on veut se forger son propre avis. Cela aide également à ne pas hésiter à se remettre en question, à avoir un regard plus critique.  Il m’est arrivé de lire des textes qui me semblaient d’une telle évidence que je les brandissais comme la seule vérité.  Pas bon, je peux vous le dire. Car, on peut découvrir assez vite d’autres textes tout aussi intéressant, sonnant tout aussi juste et qui pourtant donne un autre point de vue.

Je pourrais me contenter de lire toujours le même auteur et de le prendre comme guide spirituel. Ou de dire que c’est la dernière personne qui a parlé/écrit qui a raison. Mais non ça ne me convient pas.

Viens aussi les rencontres, avec d’autres païens. Avec des discussions sur des thèmes généraux au paganisme (le rapport à la nature par exemple) ou plus précis selon la voie choisie (comme le druidisme pour moi). Ces discussions peuvent être vraiment enrichissantes et m’ont, par exemple, souvent permise, en formulant ce que je voulais dire, de préciser ma pensée. Et il y a les confrontations.  J’ai parfois eu envie d’étrangler mes interlocuteurs. Enfin d’avoir un sac de boxe pour me défouler dessus. Quand j’ai pu lire ce qui me paraissait des absurdités, de non-sens, d’incohérences et d’incompréhensions. Oui, sauf que c’est mon point de vue. Et si je ne tolère pas qu’on me retire mon libre arbitre, qui suis-je pour vouloir le supprimer à mon interlocuteur ?

Le libre-arbitre est à la fois une liberté et une prison.  Maintenant, quand je vois qu’une discussion tournera court ou virera en pugilat verbal, je préfère y mettre fin. J’ai donné mon avis, j’ai écouté celui de l’autre et basta ! J’ai autre chose à faire que d’user mon énergie dans du vent. Et qu’on me sorte que je ne sais pas débattre ne me pose aucun problème.  Les débats stériles où seul l’ego s’exprime ne me dérange pas. C’est par contre parfois douloureux de voir de quelle personne ça vient …

Oui, mais au sein d’un groupe. Au sein d’une nation qui a élu son président. Que faire ?

Ma seule réponse est une forme d’individualisme.

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J’aime cette phrase de sagesse. Je remplace seulement le début par le nom d’une divinité que j’honore ou le terme général de « Dieux et Déesses » ou « Ô Divinités ». Si ce qui arrive autour de moi ne me plaît pas mais que j’ai aucun moyen d’action pour le changer, je me concentre sur ma personne, mon cheminement, mes valeurs.  Si je me retrouve dans d’autres personnes, cool. Regroupons-nous. Néanmoins que cela se fasse naturellement, sans forcing. Si les similitudes sont superficielles, le reste n’évoluera pas en profondeur.

Suivre mon chemin de vie, encore et toujours. Travailler à la transformer pour arriver à mon projet, pour acquérir plus de connaissance, évoluer, me remettre en question. Ne pas hésiter à m’opposer, même pacifiquement,  avec sagesse et diplomatie.  Et que si une personne me dit « ta croyance est erronée », si un druide me dit « ce que tu dis/crois/fais est faux », accepter son libre-arbitre. Mais ne jamais renoncer au mien.

Obscurément vôtre

Cet article fait suite à mon article Ombre et Lumière et est une première tentative de réponse. Car je sens bien, qu’une seule réponse ne sera jamais insuffisante.

Je suis une affective. Ce qui, en psychologie, signifie que je suis une personne dans l’affect et l’émotionnel. Je vous laisse imaginer les situation délicates dans laquelle je me suis retrouvée à cause de cette forte partie de moi-même et de mon manque de lucidité dans certaines situations. D’ailleurs, quand j’arrive à prendre du recul et à retrouver ma lucidité, c’est dans ses moments que je décide de forts changements dans ma vie ou que je décide de couper les ponts avec des personnes « toxiques ».  Particulièrement dans le milieu païen.

Ce terme « toxique » en parlant de gens m’a souvent dérangée.  C’est un jugement. Une vision très réductrice. C’est voir la personne tout en noir. Or, les êtres vivants ne sont pas blanc ou noir, mais une vraie palette de couleurs.  Cependant, il faut appeler un chat « un chat ». J’ai  côtoyé des personnes adorables et foncièrement gentilles. Néanmoins, elles se sont avérées « toxiques » pour moi. Pour de multiples raisons. Elles sont perdues et sont très demandeuses d’attentions, d’énergies. Elles ne savent pas retrouvées seules leurs énergies et pour vivre sont de véritables « vampires énergétiques » (ce peut être de manière totalement inconsciente).  Elles ont simplement évolué de leur côté et plus rien ne nous unit. Essayer de maintenir à tout prix un lien qui n’existe plus peut devenir  « toxique ».  Et puis, bien entendu, il y a le lot de manipulateurs, mythomanes et « pauvres victimes » de la société qui cherchent les problèmes « mais c’est jamais de ma faute ». Ces êtres peuvent nous pousser dans nos derniers retranchements et dans de grandes colères. Mais avec le recul, elles sont plus à plaindre qu’autre chose.

Il m’est souvent arrivé d’avoir des changement de comportements que je ne comprenais pas moi-même. Je devenais agressive, fuyante, à mettre une barrière.  Pour après culpabiliser. Pourquoi une telle attitude  ? ou un tel manque de franchise parfois ? Pourquoi cet aspect sombre de ma personnalité alors que je prône l’honnêteté dans ma vie, mes rapports aux autres, mon paganisme ?

Une amie païenne me racontait qu’elle en avait marre des gens  qui évoquent et ne cherchent que la lumière du divin, des anges, etc, etc. Alors que l’obscurité est, comme la lumière,  partout omniprésente. Saurions-nous ce qu’est la lumière si nous n’avions pas remarqué son absence dans l’obscurité ? La lumière n’est-elle pas plus puissante, plus intense justement quand on l’y trouve ?

Enfin, j’ai compris.  Mon Ombre, elle est mon instinct de survie. Je ne vous parle pas de ma part animale ou de mon cerveau reptilien. Mon Ombre est cette partie profonde de moi-même qui m’indique quand ça ne va pas et qu’il faut que j’agisse pour me préserver.  Jusqu’ici, je ne savais l’entendre et c’est pourquoi je me retrouvais soumise à mon émotionnel et à agir de façon incohérente. Mon Ombre est cette fraction qui me pousse à voir au-delà de mes croyances et des cases que je me suis fixée/figée. Elle m’oblige à être lucide, à voir ce qui est, au-delà des apparences. Et maintenant que je le sais, j’ai encore moins d’excuse pour mal me comporter. Au contraire, mon Ombre me met face à mes responsabilités et elle me pousse toujours  à me préserver, me protéger. Elle me pousse également à agir. Que ce soit dans mes relations sociales ou dans mes relations au Divin.

Nos Dieux et Déesses ont leur part d’Ombre. Même si en tant qu’être humaine, ma compréhension du Divin est limitée, je me dis que si on perturbe l’équilibre de l’Univers, la rotation de la Roue cosmique, les Divinités feront appel à leurs côtés sombres et nous éliminerons sans gamberger.

Puis, c’est arrivé. Quand j’ai enfin ouvert les yeux dans l’obscurité , faisant face à mon Ombre, j’y ai vu la plus belle, la plus limpide des clartés ; débordant  la pénombre.

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(Crédits : Flickr / MyBiggestFan)

 

[Photo prise sur cette page : Quand la science va de l’ombre à la lumière [Du 21 au 25 avril 2014] Note de la rédaction : la semaine scientifique de MyScienceWork ]

La Mort

 

En ce moment, je pense souvent à la Mort.  Avec Jafar en fond sonore 🙂 . Il faut dire que la saison s’y prête. Et mon vécu aussi. Alors non, je ne pense pas à ma mort. Je n’envisage pas non plus d’inviter la Faucheuse à prendre le thé.

Mais c’est plutôt un questionnement sur notre rapport à la mort. Nous n’y pensons plus, la nions. Certains au contraire y vouent une sorte d’adoration ou au contraire vivent avec la peur de la rencontrer à chaque coin de rue. Je ne parle pas de ces nombreuses victimes de guerre qui vivent une tragédie au quotidien. Malheureusement, beaucoup trop nombreuses. Je parle des gens qui vivent avec une peur maladive.

Il y a moins d’un siècle, encore de nombreuses femmes mourraient en couche. La moindre forte pluie, la moindre grêle avaient de graves conséquences sur les récoltes (mort du grain, des plantes) et créaient des épisodes de famine. En dehors des agriculteurs qui voient leur dur labeur détruit et qui se retrouvent en grave difficulté, qui en a encore conscience aujourd’hui ? Nous n’avons qu’à acheter des produits provenant de l’étranger (et je ne vous parle pas de la qualité ) et l’illusion est parfaite pour notre petite vie.
A mon niveau, j’ai mon adorable boule de poil pleine de vie, qui tue lézards, papillons de nuit, etc, à foison. On ne peut évoquer la Vie, sans sa compagne la Mort.

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La Vie et la Mort, Gustav Klimt

Nous n’avons pas personnalisé la Vie par un avatar. La Mort oui. Sorte d’ogre ou de grand méchant loup pour adulte ?
Tiens, revoilà l’ogre croisé parmi les Fomores, Titans et autres Géants.
Qu’en était-il chez nos Dieux ?

Tout d’abord, j’ai été surprise de découvrir que la symbolique de la faux est beaucoup plus ancienne que je ne le pensais en Europe occidentale.La Faucheuse remonte au Moyen-Âge. Je la perçois comme une sorte de contrepartie  manichéenne au Dieu monolithe, histoire de tout lui mettre sur le dos .  De mémoire, elle était souvent représentée peu avant l’an mil, car les chrétiens pensaient que ça serait l’année du Jugement dernier. Puis pendant la Peste Noire. On devine pourquoi.

J’ai découvert que :« Thanatos avait un cœur de fer, des entrailles d’airain et une âme de bronze. Les Grecs le représentaient sous la figure d’un enfant noir avec des pieds tordus, caressé par sa mère, Nyx. Quelquefois ses pieds, sans être difformes, sont seulement croisés, symbole de la gêne quand les corps se trouvent dans la tombe. Cette divinité apparaît aussi sur les sculptures anciennes avec un visage défait et amaigri, les yeux fermés, couverte d’un voile, et tenant, comme Chronos, maître de Temps, et Cronos, roi des Titans une faux à la main. Cet attribut semble signifier que la vie est moissonnée comme le blé. » (Wikipédia)

Chez les Aztèques, nous trouvons le dieu de la Mort, Mictlantecuhtlil. Il était représenté comme « un squelette couvert de taches jaunes et rouges représentant des restes de chair. Bien que sa tête soit un crâne, il a une langue, des dents, des gencives et des yeux. Sa gueule est toujours béante, prête à avaler les étoiles qui se couchent pendant la journée, et les hommes qui viennent à mourir. Il a également des oreilles, ornées de pendants en restes humains (des mains ou des os). Il est souvent dépeint avec un grand plumail et des sandales, signes de son rang de seigneur des enfers. »

Je vous copie également ces deux passages intéressants trouvés dans l’article La Mort (mythologie) sur Wikipédia :

  • Paganisme slave

    Les anciennes tribus slaves voyaient la mort comme une femme vêtue de blanc, tenant à la main des jeunes pousses qui ne fanaient jamais. Être touché par ces pousses faisait tomber dans un sommeil perpétuel. Cette représentation a survécu au christianisme durant tout le Moyen Âge, et n’a été remplacée par l’image plus répandue dans la tradition européenne d’un squelette allant et venant qu’à la fin du xve siècle.

  • Paganisme lituanien

    Les Lituaniens appelaient la Mort Giltinè, du mot « gelti » qui signifie « piquer ». Giltinè était représentée sous les traits d’une vieille femme laide, avec un long nez bleu et une langue empoisonnée. La légende raconte que Giltinè était une jolie jeune femme enjouée qui fut emprisonnée durant sept ans dans un cercueil. La déesse de la Mort était la sœur de la déesse de la Vie et de la Destinée, Laima, ce qui symbolisait les relations entre le début et la fin de la vie.

    Par la suite, les Lituaniens ont adopté la vision chrétienne de la Mort, avec sa robe noire et sa faux.

 

Pour le panthéon celtique, il y a le Dagda en Irlande et Sucellos en Gaule qui possèdent tous deux un maillet. Quand ils frappent d’un côté, ils donnent la mort. Quand ils frappent de l’autre, ils (re)donnent vie. Malgré leurs fortes similitudes, on ne peut complètement remplacer un dieu par un autre. L’Irlande et la Gaule, même si celtes toutes deux, n’ont pas eu la même évolution. En Irlande, il y a également Morrigane. Une déesse dont au fond je sais bien peu de chose. Elle est liée à la mort, à la guerre, à la fureur guerrière. Elle désigne les guerriers qui vont mourir et vient récupérer leurs âmes sur le champs de bataille sous la forme d’une corneille (sous le nom de Bodb). Mais elle est également la Grande Reine et elle est liée à la sexualité. En Irlande, plusieurs mythes évoquent le mariage de rois avec des reines légendaires, qui sont en réalité la Souveraineté. Mariage nécessaire pour le pouvoir et l’autorité du roi, ainsi que la fertilité de la terre. En cas, de mauvaises récoltes, on reprochait au roi qu’il ne faisait pas ce qu’il fallait (auprès des Dieux , de l’ordre cosmique) pour assurer la prospérité  à son peuple.Ces reines légendaires, ne seraient-elles pas un aspect de Morrigane ?

Bref, pour en revenir au sujet, je pourrais continuer à faire le tour des panthéons pour montrer toutes les variantes de la représentations de la Mort ou de ses divinités. Je n’ai pas trouvé d’avatar de la Vie. Je pourrais vous parler de la première fois où j’ai découvert l’image de la Santa Muerte.

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Je ressentis un véritable choc. Pour moi, mélange d’irrationnel, d’horreur et de tabou. Mais l’est-ce vraiment ?

Je pourrais vous parler sur les Gaulois  et leur rapport à la Mort.

 » Le point essentiel de leur doctrine (celle des druides)est l’immortalité de l’âme »,  « Ils enseignent qu’après la mort elle passe dans d’autres corps » , « Cette conviction, d’après eux, excite particulièrement au courage, en faisant mépriser la peur de la mort ». Extrait de la Guerre des Gaules de César.

« Le seul dogme qu’ils enseignent publiquement, c’est l’immortalité de l’âme et l’existence d’une autre vie » , Pomponius Mela.

« Unis selon une règle qui a pour elle l’autorité de Pythagore, par les liens étroits d’une vie en commun, sont arrivés, par leurs recherches sur les mystères les plus profonds, à une hauteur d’où, contemplant l’humanité, ils ont proclamé l’immortalité de l’âme  » ,  Ammiens Marcellin (en parlant des druides).

Mais qu’en est-il dans notre quotidien. Il m’a fallu une balade en forêt pour formuler et intégrer une évidence.

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La Vie se nourrit de la Mort.

Je me suis sentie bête après. Il n’y a qu’à voir ce que je mets dans mon assiette pour l’observer. Cependant, dans ce monde de la négation, mon steack en barquette, même si j’ai connaissance des scandales qui l’entourent, j’y voyais le rouge vif du sang, de la vie qu’il m’apporte. Pas la mort. Oui, je connais le cycle de la vie, cette image de l’herbe broutée par un zèbre, mangé par un lion, qui mort retourne à la terre.  Néanmoins, tout cela restait au niveau de l’intellect.

La Mort, pour être, se nourrit de la Vie à son tour. En cette magnifique forêt, je me suis allongée sur son sol couvert de feuilles mortes en décomposition, au sein d’une clairière. Futur humus nourricier pour la Terre et ses habitants. Un rapace noir au bout des ailes blancs est passé. Un grand calme, une profonde sérénité. Il n’y a pas de véritable séparation, tout est lié.  Nous sommes autant porteur de vie que de mort. Complémentaires et intrinsèquement liées.

Lumière et ombre. Lumière, l’extraversion, l’action, le conscient. Ombre, l’introversion, la réflexion, l’inconscient.

Lumière, la vie, la naissance . J’en aime que plus cette expression « Donner le jour ». Peut-être est-ce ça que finalement certains hommes nous reprochent de manière inconsciente.  Il faut un mâle et une femelle pour avoir un petit. Mais c’est la femelle qui donne le jour. (Et pour ceux qui pensent aux hippocampes, seul mâle à ma connaissance à donner naissance à ses petits ; il a tout d’abord fallu que la femelle dépose les œufs fécondés dans sa poche ventrale).

Ombre, la mort, la survie. Mes dernières réflexions m’ont amenée à cette pensée. Une fois qu’on retire les parures de l’ombre, telles que bêtise et méchanceté gratuites auxquelles s’adonnent beaucoup de personnes superficielles, il nous reste l’instinct de survie. Cet instinct ne répond à aucune morale. Car il connaît la Mort. La Mort n’est pas juste, n’est pas morale. Elle est peut-être la seule chose  qui existe qui est égale pour tous. Notre instinct de survie est notre puissance, enfouie au plus profond de nous.  Il peut accepter la Mort ou au contraire, décider de se battre pour la repousser dans le temps. Car notre force sait qu’elle ne lui échappera jamais définitivement . Notre instinct de survie peut nous mener à faire des choses contraire à nos valeurs, à nos principes. Comme donner la mort à un autre être vivant. Et il n’est point besoin d’effusion de sang pour cela.

Le gui, plante sacrée des druides, est une plante parasite qui affaiblit son arbre-hôte. Ce dernier peut donc finir par tomber malade et mourir.

Mon travail actuel est de prendre conscience que la Mort est omniprésente et de l’accepter. Je ne deviens pas morbide et mortifère. J’accepte ce qui est, j’observe. Et je n’en découvre que plus la réalité de la Vie. La Vie et la Mort dansent. Une valse sans fin, continuelle. A moi d’accepter d’entrer dans cette danse.

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La Vie demanda à la Mort : Mort, pourquoi les gens m’aiment mais te hais ? La Mort répondit : Parce que tu es un merveilleux mensonge et je suis une douloureuse vérité.

Été d’abondances

Nous approchons de la fin des grandes chaleurs et cet été fut pour moi riches en action, en émotion, en réflexion et autres bienfaits.

En juillet, je découvrais cette vidéo qui me parlais beaucoup :

J’y retrouve ma propre conception. Si on veut changer le monde, il faut commencer par soi-même. Et avec beaucoup de respect pour l’autre, l’univers et nous-même.  Par contre, je n’ai pas été autant emballée sur le livre de Laurent Gounelle. Très sympa, une touche de joie simple et d’espoir.  Mais personnellement, un mot gentil, une attention, une écoute active sont des gestes du quotidien que je m’évertue à appliquer quand je rencontre quelqu’un.  Que ce soit une passante dans la rue ou le caissier de la supérette ou même une plante que je trouve magnifique (oui, je confirme, passée pour une folle est une habitude chez moi 😀 ). Car oui, si on transmet respect, joie et sérénité; ce ne peut être que transmis à son tour. Si chaque être humain sur Terre appliquait juste les règles de politesse (Bonjour – s’il vous plaît – merci- au revoir) avec le respect envers autrui, notre Monde aurait un tout autre visage j’en suis certaine 🙂 . Car quelque soient nos histoires personnelles, croyances, religions, divinités ; ce qu’il y a de plus important, de plus sacré, c’ est l’étincelle de vie et divine en chacun des  êtres vivants. Et ces simples petits gestes permettent de la valoriser.

De plus, cette vidéo est tombée au moment où je commençais mon grand tri. Effectué l’année dernière, je l’ai refait cette année. Car oui, faire du vide fait un bien fou ! Et laisse la place à tant d’autres choses qui ont plus de valeur. Cela permet aussi de remplir un peu sa cagnotte en en revendant ou faire un bon geste simplement en donnant à des associations !  Cette année, mon tri est plus radical. Et donc loin d’être fini. Néanmoins, j’ai pu investir dans ce que j’aime, déjà rien qu’en gagnant beaucoup de place , et je vais pouvoir encore plus m’investir dans mon paganisme 😀 .

Cet été fut également l’occasion d’un rapprochement de Mère Nature. Balades, grand air, cueillette de myrtilles et de framboises sauvages, sieste bienfaisante et régénératrice pendant un orage, ….

 

Framboisiers, achillées, hêtres et bouleaux.  Ou encore, plantain, ronces, laurier à grappe, sorbier, noisetier et frêne. Travailler à les reconnaître, les retenir et en découvrir d’autres.

Mais aussi fabrication de confiture maison et de petits pains au lait dont les esprits de la nature ont eu droit à leur part. Restons en bon voisinage 🙂

Je crois même avoir aperçue une sylphe !

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J’y ai tout de suite vu une être féminin, courant les cheveux au vent . Allez savoir 😉

Et pour finir, j’ai retrouvé mes Celtes adorés. J’ai pu profiter d’un petit festival celte local avec marché artisan, musique et bonne ambiance. J’y ai trouvé deux merveilles qui vont m’accompagner un bon bout de chemin sur ma voie spirituelle !

Bilan : j’aborde septembre avec force et sérénité et je continue dans ma démarche.

  1. Continuer à cuisiner sain (et pas que des petits pains !)
  2. Continuer d’aller au Locavorium, même si c’est de manière ponctuelle. C’est un magasin qui se situe à St Jean-de-Védas, dans l’Hérault, qui vend  d’excellents produits de producteur locaux. Forcément, c’est un peu plus cher, car on paye la qualité, mais aussi un revenu décent pour les producteurs. Mais on a rien sans rien 🙂
  3. Utiliser les jolies serviettes hygiéniques lavables que j’ai acquise, quand je ne me sers pas de ma moon cup. Quel confort !
  4. Prochaine étape dans ma fabrication de produit ménager, faire ma propre lessive quand le bidon que j’utilise sera terminé. Je ne sais pas pourquoi, je sens que ça va être comique !

 

 

Ombre et Lumière

On lit souvent dans le milieu païen, voire même dans des articles de psychologie, que nous avons tous une part d’ombre et de lumière. Nous sommes des êtres humains, donc des êtres imparfaits. Il est donc inutile de se culpabiliser inutilement de ne pas être la personne demandée par la société.

Ceci dit, selon la société,  il faudrait être gentil(le) tout en ouvrant sa bouche, tout en respectant autrui, tout en n’hésitant pas à mal agir si c’est pour se protéger, mais sans pour autant choquer le politiquement correct … Argh ! Incorporer vos croyances païennes dans la recette et vous êtes bon pour l’asile.

Pour en revenir au sujet païen, certaines personnes ont l’air de s’en contreficher pas mal, car pour eux c’est du domaine de développement personnel et ils n’en voient pas là l’utilité. D’autres au contraire   » adorent  » explorer leurs côtés obscurs pour montrer qu’ils n’ont pas peur de qui ils sont eux et, que de toute façon, même les Dieux ont une part sombre d’abord ! Entre ces deux gros clichés qui comptent un certain nombre de partisans, nous avons la majorité des païens dans tout ce qu’il y a de nuances, de ressentis, de différences de compréhensions et d’interprétations. Ce que j’apprécie, c’est qu’on les entend de plus en plus s’exprimer.

Personnellement, j’ai longtemps culpabiliser de ne pas être celle qu’on me demandait d’être. Finalement, c’est le jour où tu annonces  » c’est comme ça que je suis, que  tant que je ne te manque pas de respect TU n’as rien à me dire et que tant tu ne me manques pas de respect, JE n’ai rien à te dire « , que les choses changent. Les personnes si sûres d’elles-même sur comment vous deviez être deviennent muettes et vous montrent qu’elles ne savent même pas qui elles sont elles-mêmes.

Lorsque j’ai débuté dans le paganisme avec les cours de Morgane Lafey, il y avait un long et fastidieux travail pour apprendre à nous connaître dans nos aspects positifs et nos aspects négatifs. Elle partait du principe que nos croyances ne durent pas que le temps d’une cérémonie. Au contraire, elles sont  un mode de vie, une manière de concevoir notre existence et qu’au-delà des belles paroles, il fallait agir et les vivre.  J’avais adoré ! Point d’hypocrisies et de faux-semblants !

Donc, ce fut une lente, longue et douloureuse remise en question avec mise en application du célèbre  » Connais-toi toi-même « . A l’époque, je me disais que je n’y arriverai jamais. Petit bilan quelques années plus tard, j’en ai bavé, mais j’ai bien avancé. Alors je me suis dit, que même si c’est le travail d’une vie, je pouvais un peu lâcher du lest.  BAM ! Si toi, tu oublies, la Vie, les Dieux ne l’oublient pas et ne te ratent pas. Je me suis relâchée, je me suis faite avoir et j’ai mal agi .

Tes erreurs, tu les payes, tu les assumes. Tes expériences, tu les apprends et tu avances. On éjecte la personne malintentionnée, on garde les véritables ami(e)s . Et retour à la case départ.

Mais est-ce que mes défauts, les mauvais aspects de ma personnalité, mes erreurs sont ma part d’Ombre ?

Petite révélation du soir, bonsoir. Et bien non. C’est pas bien joli, je ne les affiche pas au grand jour, c’est dans l’ombre. Mais ce n’est pas mon Ombre

Tous les ans, après Lugnasadh, tous les petits cailloux d’indices que j’ai croisé sans rien comprendre m’arrivent tous d’un coup en pleine figure. Cette année, il faut croire que j’ai pris de l’avance. Pour la première fois, j’ai vraiment rencontré mon Ombre. Ce n’est pas faute de l’avoir souvent côtoyé. Je viens de comprendre qu’à chaque fois que je pensais l’aborder, je ne faisais que lui imposer le filtre de  » c’est pas bien de faire ça, penser ça, etc  » et que ça m’en éloignait. Mon Ombre n’est rien de tout ça.

Mon Ombre me terrifie. Car je suis arrivée au point de non retour où je ne peux plus l’esquiver et que je suis obligée de la traverser. Mais la franchir signifie pour moi  » mourir « . Certains diront plutôt « mûrir ».

Je suis assise au bord de la falaise et je ne sais pas si je dois descendre en rappel, au risque de m’écorcher ou plonger dans le tréfonds de l’eau glacée, au risque de suffoquer.  Mon Ombre est une partie souterraine de mon moi intérieur dont je ne soupçonnais pas l’existence et encore moins la force.  Je vais être hachée menue, réduite à néant, pour mieux renaître la même et toute différente. Bilan dans un an.

Le Grand Vent

Il y a peu, j’ai découvert cette chanson que je trouve très païenne, joliment interprétée par le groupe Laïs. Elle m’évoque une multitudes de choses qui se croisent et s’entrecroisent. Ce n’est sûrement que très subjectif. C’est pourquoi si d’autres personnes ont d’autres idées, je suis intéressée 😀

« Laïs (du nom d’un poème d’amour courtois du Moyen Âge) est un groupe de musique belge originaire de Kalmthout, dans la province d’Anvers.[…] il est aujourd’hui composé de trois chanteuses […] Ces chanteuses interprètent, majoritairement en vieux flamand ou en français mais aussi en suédois ou en latin, des chants du répertoire traditionnel de différents pays d’Europe, de la chanson contemporaine  (Jacques Brel,…) ou des polyphonies de la Renaissance, ainsi que quelques créations originales, mêlant des influences folk, pop et rock.  » (extrait de Wikipédia).

Les paroles sont de Gabriel Yacoub. Il semblerait que ce serait également le chanteur présent sur cette chanson.

Paroles :
Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

Trois demoiselles y vont danser
Elles ont mangé mon cœur
Elles m’ont mis la tète l’envers
Et m’ont montré toutes les couleurs
Du grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La première est vêtue de blanc,
J’aurai son cœur
Je ne veux qu’elle et si je mens,
C’est qu’elle a mêlé les couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse l’eau et les serments
La nuit entre mes mains,
Les promesses des amants,
Les regrets du matin,
Dans le grand vent qui vente.

S’il veut les trois, il n’aura rien,
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La deuxième est vêtue de bleu,
J’aurai son cœur,
Avec les autres si je peux,
Je mêlerai les couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse la joie et le doute,
Les perles de rosée,
Pour les arbres sur les routes,
Les amitiés,
Dans le grand vent qui vente.

S’il veut les trois il n’aura rien
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La troisième est vêtue de noir,
J’aurai son cœur,
Je n’aurai besoin d’aller voir
Aucune autre couleur,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse la cendre et le feu,
Les lendemains,
Mon amant est devenu trop vieux,
Et il s’est éteint,
Dans la grand vent qui vente.

S’il veut les trois il n’aura rien
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

Trois demoiselles sont parties,
Elles ont mangé mon cœur,
Elles n’ont laissé que leurs habits,
Ils ont perdus leurs couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré

Sur la mer il y a un pré

Sur la mer il y a un pré ….

Ce que cette chanson m’évoque ….

Dès la première ligne, j’ai pensé à Manannán mac Lir. Lorsqu’on rencontre ce Dieu de la Mer dans les mythes, montant son cheval ou sur son char, il se déplace comme s’il était sur terre. Je crois même me rappeler que la mer est comparé à un champs à ces moments du récit.

Les trois demoiselles aux robes de couleurs différentes, et  ce qu’elles expriment chacune à leur tour, m’ont forcément fait penser à la Triple Déesse. Ses trois visages, ses trois âges. Même si à la place d’une robe bleue, la deuxième avec une robe rouge m’aurait plus parlé. Quand la troisième vêtue de noire évoque son amant trop vieux qui s’éteint, je comprends que nous avons atteint la fin d’un cycle. La demoiselle redeviendra vierge et trouvera un nouvel amant, pour perpétuer ce cycle.

Elles viennent danser, comme dans les légendes des cercles de fées ou de korrigans. Cercle dont il ne faut surtout pas approcher, si nous ne voulons pas y être entraînés de force et danser jusqu’à mourir d’épuisement.

Ces demoiselles, près de la mer, m’ont aussi fait penser aux sirènes. Pas les ondines scandinaves. Mais les sirènes grecques, séductrices et dévoreuses de matelots.

Cette fixation qu’a l’homme sur les robes me rappelle la lecture d’un manga de mes années lycées, Ayashi no ceres. Un manga basé sur la légende des femmes célestes (ou d’un autre monde) dont les hommes volent la robe pour les empêcher de repartir, les épouser et parfois même acquérir richesse et prospérité. Il semblerait que c’est une légende qu’on retrouve sur plusieurs continents. Les femmes-cygnes, les selkies, etc. Mais ces trois demoiselles ne sont pas ces  » fragiles  » jeunes filles de l’Autre Monde , manipulées et/ou manipulables par les hommes.

D’ailleurs, l’homme au début se méfie de ces femmes. Puisque pour la première, s’il est pris en mensonge, c’est que ça vient d’elle, non de lui. Ou alors, il fait preuve d’une formidable mauvaise foi 😛 .Et tout le long, cette voix de … sagesse ? conscience ? du conseil qui est donné au héros pour survivre à l’épreuve et la remporter comme on retrouve dans les contes,  pourtant le prévient : « S’il veut les trois il n’aura rien,
Que le grand vent qui vente. »
  Mais il se laisse emporter par ses désirs et succombe.

Au final, ces robes ne sont qu’illusions, puisqu’elles sont abandonnées et sans couleur.Seul reste le Grand Vent et un homme au cœur dévoré.

J’aimerais trouvé d’autres musiques de ce genre pour me faire un répertoire de chansons païennes, riches de sens.

 

 

Mère Nature

 

Cette vidéo a circulé sur Facebook et il se peut que beaucoup la connaisse déjà. J’ai été touchée par la beauté des image, la force du message, la musique envoûtante et j’ai été séduite par la voix de Sophie Marceau, à la fois jeune et mature, mère et femme.

Mais j’ai également été émue, car la Nature, Mère Nature, fut la compagne de mon enfance.  Oups, formulée comme ça on pourrait croire, qu’elle est venue me tenir la main. Pas vraiment. De plus, enfant dans une famille athée avec une lointaine grand-mère catholique, je n’avais pas vraiment la notion de ce qui est sacré.  Mais la terre où je marchais devenait mon royaume, j’en connaissais les recoins, les arbres étaient une tour imprenable, un confident  ou le lieu où j’y déposai mes rêves. Avec le temps, beaucoup de souvenirs se sont effacés et j’y ai associé beaucoup d’images d’Épinal. Mais je me rappelle : ces longues balades en famille, quelques paysages, les trésors ramassés, …. La Mort aussi. Comme ce serpent en train d’avaler une grenouille encore vivante. Ou l’incendie,  au-dessus de notre maison. Et ce tronc calciné au bord de la route, comme un rappel de cette nuit-là. Pour le voir plus tard se couvrir de plantes et de fleurs  ! Ce tronc m’a tellement marqué  ! Première découverte du cycle Vie-Mort-Régénération. Mais je n’avais pas mis encore cette notion dans mon esprit. Je n’avais pas le recul, ni la réflexion pour ça. Trop jeune.   Ou encore quand nous allions devant ces immenses cerisiers du voisin et que nous revenions des sacs entiers remplis de cerises juteuses. J’étais liée à cette terre. J’en observais les changements, je me sentais unie à elle. Ces images m’ont marquée. Mais je ne me posais pas de questions. Je  le vivais tout simplement. J’ai grandi, j’ai déménagé et j’ai perdu le lien avec le lieu de mon enfance. Quand je m’en rendis compte, j’en éprouvais une grande peine.

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Et quand j’ai découvert le paganisme dix ans plus tard, quand j’ai découvert la Grande Déesse, tout m’a semblé soudain d’une telle limpidité. Cette sensation de quiétude et d’harmonie,  ce besoin sans cesse renouvelé de le recréer. Me poser et admirer le ciel, la course des nuages poussés par le vent.  Les cueillettes des champs alentours qui rythmaient les saisons : mimosas, genêts, cerises, olives , … Enfant, sûrement comme beaucoup d’autres,  je n’avais pas de notion du temps. Surtout linéaire. Je ne me fiais pas à l’année, mais je voyais les saisons. Je réalise qu’enfant, j’étais pleinement dans un temps cyclique, que j’ai perdu  aujourd’hui et auquel j’ai encore parfois du mal à m’attacher.

Pas de séparation Profane-Sacré, le temps cyclique, vivre l’instant présent,…. Peut-être que les enfants ont tout compris. Et que nous devons nous-même redevenir des enfants. Je ne parle pas de l’enfant intérieur, celui qui est notre part d’innocence et d’émerveillement, celui qui nous pousse à tout voir avec un œil neuf, à nous amuser et à jouer comme des enfants pour rire , se détendre.  Non, je ne parle pas de cette enfant qui appartient à notre identité.  Mais redevenir des enfants dans le vécu, la perception, le ressenti. Laisser partir notre imagination,  vivre pleinement et accepter de parfois se laisser porter.

Toujours j’ai chéri la Nature, les éléments m’interpellaient déjà, et lui donner   le visage d’une mère m’a toujours semblé naturel. Et pourtant quelle mère terrible parfois !  J’aime le nom que lui ont donné les Grecs, Gaïa.  Je l’ai souvent appelé ainsi. J’aime d’ailleurs son mythe et j’aime parfois m’y replonger. Je lui donne aujourd’hui un nom celtique. Cependant, je ne lui ai pas renié le nom de Gaïa qui sonne si doux à mon oreille.  Mais parfois, j’oublie les noms que lui ont donné les civilisations. Je cherche à m’approcher de son essence, celle qui n’a ni frontière ni identité.  Elle me fait peur, elle me rend forte.  Elle m’abasourdit, elle me remplit d’un Amour sans limite.  Longtemps, je n’ai pas voulu intégrer de tradition païenne particulière. De peur de m’engager trop vite pour me rendre compte que je me suis trompée. Mais également pour ne pas la perdre. Ne pas lui attribuer de nom qui la limiterait au lieu de prendre sa globalité.

Après, je ne dois pas me voiler la face ….  Je ne me suis jamais trouvée dans une situation de survie au sein de la Nature. Je profite bien du confort moderne.  Même si je le voulais, mon esprit humain ne voit pas assez large pour apprendre, comprendre et tout assimiler.  Mère Nature reste sauvage, insaisissable  et elle suit ses propres règles. J’ai parfois le sentiment que lui donner un nom de divinité, c’est vouloir mettre de côté cet aspect craint et inconnu. Néanmoins, ce n’est peut-être qu’une vision moderne de ma part.

J’ignore comment réellement l’honorer. Alors j’essaie de la respecter par des actes écologiques : trier les déchets, fabriquer mes produits ménagers pour qu’ils soient le moins polluants possibles, économiser mes trajets en voiture ou parfois faire du covoiturage, etc.  Cependant, ce n’est pas suffisant. En même temps, j’ai le sentiment étrange que si je me concentre sur cette divinité, à la fois commune à beaucoup de civilisations et à part, je risque de me perdre. Elle est présente, omniprésente et en même temps si lointaine de nos vies actuelles.  Ne devrais-je pas plutôt m’avouer que c’est par facilité que je privilégie son aspect maternel ? Pourvoyeur de bienfaits matériels et spirituels ? Elle qui donne aussi souvent la mort ? Le documentaire La Vie Sauvage passé récemment à la télé le démontre bien. Même si je sais de ce qui l’en est sur la dure vie sauvage, le voir m’a sacrément chamboulé.

En cet instant, il me vient une curieuse idée …. Et si la Grande Reine, Morrigane, en était l’un de ses aspects sombres ? Une nouvelle piste à travailler ….

 

Voir ma page Bibliographie et

  • Le Langage de la Déesse de Marija Gimbutas : livre d’archéologie et d’interprétation sur les statuettes féminines préhistoriques. Ce livre a été très contesté. Malgré tout, le livre est passionnant et le point de vue très intéressant.

 

Je n’aime pas le Féminin Sacré….

Mais je tiens à préciser que c’est à titre personnel. Je ne vais pas critiquer les femmes qui s’y intéressent et qui le pratiquent.

Pourtant, c’est un sujet qui m’a intéressé il fut un temps. Période où j’avais besoin de prendre confiance en ma féminité. Période également où je prenais conscience que la féminité ne se résumait pas à être un objet de séduction, mais qu’elle pouvait avoir une véritable profondeur et me rattacher à ma spiritualité et aux cycles.

J’ai même tendance à croire que les hommes ont plus de mal à comprendre l’aspect cyclique de la vie, du faites que nous la vivons pleinement. Oui, j’ai une tendance à être un peu gynocrate 😛 (ce mot n’existe pas, mais zut ! S’il n’y a même pas d’antonyme à « phallocrate », moi je l’invente !)

Je suis même assez féministe.  Quand je vois tous les clichés, les injustices, les propos déplacés que subissent les femmes au quotidien, cela m’insupportent pleinement ! Mais je peux remplacer le mot  » femmes », par  » handicapés »,  » personne de couleur « , « pauvre », etc. En faites, c’est l’injustice dans son ensemble que je ne supporte pas.

J’aime cette idée de femmes qui se réunissent, s’unissent, partagent des expériences autour du Féminin Sacré. Mais étrangement cela me dérange aussi.  Pour moi, en intégrant un tel groupe, sûrement très enrichissant d’ailleurs, j’aurais le sentiment de me couper complètement d’une partie de moi-même.

De ma partie masculine ? Même pas. Je sais que nous avons tous une part masculine et une part féminine. Mais je me vois avant tout comme une et entière. Au-delà de ce découpage des genres intérieurs. J’aurai le sentiment de me détourner des Divinités masculines que j’honore, de ne pas écouter mon être et mon ressenti dans son ensemble.

Je reste une grande fan des soirées entre copines (les hommes, vaut mieux que vous deveniez sourds plutôt que de nous entendre ! 😀 ) et je pense que c’est un temps nécessaire à prendre dans ma vie quotidienne comme dans ma vie spirituelle. Néanmoins, je ne me souhaite pas m’enfermer dans l’aspect féminin.

Après; il y a peut-être un dernier aspect qui me refroidit dans le Féminin Sacré, c’est le mythe du matriarcat.  J’ai eu ma période où je l’ai fantasmé . Mais en grattant un peu le sujet, il s’avère que toutes les personnes, plus ou moins sérieuses, qui ont abordé le sujet, en définissant le matriarcat comme le plein pouvoir aux femmes, ont fait valoir leur opinion sans réel argument ou preuve. Il s’agissait avant tout d’une interprétation personnelle. Attention ! Je ne dis pas que ça n’a jamais existé ! Mais si le matriarcat a été une forme de pouvoir par le passé, je crains que ce fut beaucoup plus limité dans le temps et l’espace qu’on ne le pense.

Par contre, je crois en la lignée matrilinéaire qui a prévalu par le passé. A l’origine, il n’est pas dit que nos lointains ancêtres faisaient le lien entre sexualité et naissance.  Est-ce que les femmes étaient monogames ? Nous étions sûrs de la mère, mais du père ? Les lignées matrilinéaires se retrouvent encore de nos jours dans certaines cultures. Et je crois que s’il n’y avait pas de matriarcat dans les premières civilisations, il ne devait pas pour autant y avoir de patriarcat. Chacun devait s’associer au meilleur de ses capacités  pour réussir le but ultime : survivre.  Vous remarquerez que je n’ai également aucun argument ou preuve à vous avancer. Il s’agit surtout d’une interprétation personnelle de mes lectures et de mes réflexions.

Articles Wikipédia :

  • Liste des sociétés matrilinéaires
  •  Matriarcat => « D’autres théoriciens soutiennent qu’il n’implique pas de domination des femmes sur les hommes. » Si la matriarcat est pris sous cette définition, alors oui, je crois au matriarcat.

S’il y a le Féminin Sacré, il doit égalementy avoir le Masculin Sacré. S’il y a le féminin,il y a toujours son pendant masculin. Et ben là, c’est un truc qui me dépasse totalement. Moi qui critique souvent les hommes de ne rien comprendre et de ne faire aucun effort pour se mettre à la place des femmes,  pourraient me faire un beau retour de bâton à ce sujet. Pour moi, c’est le vide intersidéral. Je n’ai aucune idée à quoi ça pourrait correspondre.Une sorte de confrérie guerrière ? Mouais, un peu réducteur pour le Masculin. Si un jour, un païen veut me dire ce qu’il en pense, je suis toute ouïe.

Ce qui est pour moi réellement sacré, c’est l’étincelle de vie qui nous habite. Après travailler le Féminin ou le Masculin, pourquoi pas. Mais ériger le genre en sacré, c’est pour moi le mettre dans une case. Brrrrrr.

Du coup, je me sens toujours en décalage avec les païennes qui prônent le Féminin Sacré. Elles sont très intéressantes et souvent passionnées :-D, mais communiquer avec elles sur le sujet est plutôt embarrassant pour moi. Je ne voudrais pas toucher aux croyances au risque de blesser par une parole maladroite. Et hélas, dans ce genre là, je peux être douée.

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Peut-être que c’est parce que je me sens plus Solaire que Lunaire et que jusqu’ici, c’est l’aspect lunaire que j’ai vu privilégié. En dehors de mes menstrues, le sujet de la Lune me parle peu. Peut-être que
cela vient tout simplement de ma conception de croyances. Peut-être parce que j’ai plusieurs divinités masculines bien présentes dans mon panthéon personnel, en plus de Déesses, et que je vois ces Dieux bien plus qu’avec la fonction de partenaire de la Déesse. Ou alors, je n’ai rien compris. 😛 C’est possible aussi .

Petit Bilan personnel : développement personnel, chakras, valeurs

Who we want to be

Cela va faire plus de 15 ans que j’ai découvert le paganisme. Le chemin fut long, hésitant, plein de doutes et de revirements. A peu près 10 ans que j’ai réellement découvert que mes Dieux et Déesses étaient celtes et gaulois.  Et à peine plus de 3 ans que j’ai mis un pied dans le druidisme.

En 15 ans, j’aurais pu en faire des choses. J’aurais peut-être pu devenir quelqu’un. En faites, j’ai vraiment pris mon temps. Enfin, j’ai surtout douté et me suis pas mal remise en question. Et je suis devenue Moi. 🙂

De ce que je lis et entends dans le monde païen, certains y voient le développement personnel comme la base. D’autres n’y voient pas l’intérêt. Pour ma part, j’ai compris que ce développement personnel n’était pas la cause, ni la finalité, mais un moyen essentiel et nécessaire à mon cheminement. Je ne peux détacher qui je suis, ce que je pense, ce que je dis et la manière dont j’agis de ma spiritualité.  Chez moi, j’ai un autel, dont je ne m’occupe pas aussi souvent que je le devrais. Mais je considère qu’être, penser, dire, agir est une forme de dévotion personnelle.  Si la séparation entre le profane et le sacré n’est que virtuelle, il doit en être de même en moi.

Je redécouvre et me réapproprie mon corps, qui, à tort, s’est retrouvé coupé de mon esprit.  Pendant des années, ce fut la danse qui m’a redonné cette vie. Que je ne peux plus trop pratiquer pour le moment, mais rien n’est perdu. 🙂 Mais depuis peu, un travail avec un praticien, m’a permis de ….. Comment pourrais-je le dire … Reprendre vie ? Je sens de nouveau l’énergie couler à flot. Quelle douce ivresse, exaltante exubérance intérieure quand au dehors la Nature reprend vie.

Mais intérieur/extérieur sont-ils vraiment définis ?

Cette (re)découverte de l’énergie s’est accompagnée d’une découverte des chakras. Disons plutôt de leurs ressentis. J’avais une vague idée de ce que sont les sept chakras. Jusqu’ici, je ne m’en étais pas plus intéressée. Ce qui est fabuleux avec le paganisme, c’est que c’est un monde vaste, sans limite autre que celle de notre esprit. L’inconvénient, c’est de justement ne pas s’y perdre. Les Chakras, trop hindouistes à mon goût, me semblaient trop lointain pour les joindre à ma pratique. Seulement voilà, après tout ce temps je les ressens. Et ils font sens.

Baba Nam Kevalam

Fruit de mes lectures, rencontres et discussions, ce qui m’a permise d’y être plus perceptible.   Je ne souhaite pas pour autant me lancer dans la lecture de grands traités sur le sujet,  écrit par de grands sages du continent indien.  Mon mode de penser, de percevoir le monde n’est pas le leur. Et je ne souhaite pas me forger une conception de bric et de broc pour essayer d’y coller, sans me désavouer. Je me contente donc pour le moment de mes ressentis, recherches et lectures personnelles.Je ne nie pas qu’on retrouve des similitudes entre des mythes indiens et des mythes européens.  Après pas mal de réticences, je n’hésite plus à y jeter même un coup d’œil. Mais cela ne fait pas tout.

Pour en revenir aux chakras, je ressens vraiment ce canal dans lequel l’énergie circule, à la fois du Ciel et de la Terre. Pour la visualiser, j’imaginechakras une colonne ascendante  qui tourbillonne dans le sens de la rotation de la Terre, qui se fond avec une colonne descendante qui tourbillonne dans le sens des aiguilles d’une montre ( le sens où l’on
visualise la course du soleil donc). Cette visualisation ne me satisfait pas, car au fond ce flot d’énergie n’a pas de limite physique. Montant, descendant, est-ce vraiment ce qui se passe ? Ou ma manière personnelle de l’interpréter avec mes propres mots ? Mais cette représentation est celle qui me convient le mieux pour l’instant.  Durant la période sombre, j’ai même cru ressentir une inversion de polarité lorsque la nuit tombait.  Mais je ne l’ai pas assez approfondi pour avoir une réelle idée de ce que c’était. A revoir plus tard si cela se reproduit.

Tout ceci m’a permis de me reconnecter au monde qui m’entoure et à mon être profond.

[Pour ceux qui veulent aborder le sujet sans se retourner le cerveau, je conseille La Bible des Chakras de Patricia Mercier et Antonia Leibovici.  Le nom de « bible » est un peu présomptueux et certains sujets pourraient être approfondis. Néanmoins, on y a aborde plusieurs thèmes par chakra, telle que la fonction du chakra, les problèmes de santé qui peuvent y être liés, sa symboliques, etc. C’est un bon point de départ pour aborder le sujet. J’y ai beaucoup appris et je me sers de ce livre comme instrument de base.]

Mon développement personnel, la perception de mes chakras sont liés au travail sur mon passé et mes blessures. C’est quand même étrange de constater, que oui, on a des blessures, mais vraiment pas de quoi fouetter un chat (pôv bête !). On trouvera toujours LA personne qui a vécu des événements très difficiles, à côté de qui nos soucis font bien pâles figures. Bien sûr, l’intérêt n’est pas de se comparer à autrui. Mais plutôt de remettre les choses à leur place. Oui, j’en ai souffert. Oui, ce n’est pas anodin. Et non, ce n’est pas la fin du monde. Alors pourquoi est-il parfois si difficile de les dépasser ? de s’en relever ? Une trop grande sensibilité ? Oui, bon d’accord. D’où mon décalage régulier et souvent douloureux  avec le monde qu’on veut nous imposer dans la société.  Mais n’est-ce pas la réponse de facilité ? Ne serait-ce pas plus simple de s’endurcir un peu ? Seulement voilà, c’est cette  » sensibilité  » qui me permet de ressentir ce qui m’entoure, le divin, les êtres, etc. Je vous parlais de flot d’énergie à l’instant. Ressentir , pour moi, n’est pas toujours un ressenti sous forme d’énergie qui circule ou de légère pression dans l’air.  C’est même rare. Cela peut-être tout simplement une émotion. Une émotion qui m’est extérieure et que j’intègre pleinement.  Je repense notamment à l’une de mes pierres que j’ai prise un jour dans mes mains et qui m’a  fait ressentir sa tristesse. Étrange expérience.. Une première pour moi avec une pierre. Et une des rares fois où je ne me suis même pas posée la question de savoir si je délirais ou pas. Cela était.

Inception

De tout ce travail de longue haleine, il en est sorti des valeurs. Celles qui me sont intrinsèques et primordiales. Celles qui sont étroitement liées à ma conception de l’être, et donc à ma spiritualité profonde. Celles qui définissent mon chemin de vie dont je ne saurais me détacher sans me trahir.Celles qui me présentent aux Dieux et dont je ne saurais les tromper. Le Respect, l’Honnêteté.  Je pourrais également vous parler de l’Amour. Cependant, aussi grande soit cette valeur en moi et mon côté Bisounours hyper-développé,  la citer en priorité serait nier ma part d’obscurité bien présente. Et m’aveugler sur celle de mon panthéon. Néanmoins, si parfois je souhaite privilégier le côté  » amour » des divinités, qu’on me laisse donc faire. C’est mon problème.

Je pourrais vous parler de la Tolérance.  Mais je suis d’une grande intolérance, menant parfois à la violence verbale, face aux étriqués d’esprits. Ironique paradoxe.  Les personnes qui me connaissent me trouvent « gentille « . Oui, je le suis. Car je veux l’être et que face à tout ce qui nous plombe le moral, je ne tiens pas à y ajouter ma couche personnelle. Parce que j’ose encore  croire bêtement que si tout le monde y mettait un peu du sien, cela inverserait la tendance et les énergies positives prendraient la relève. Partout, j’entends parler de changement. Il faut changer la société, le gouvernement, la vision du paganisme auprès du public, les mentalités, etc (rayez la mention inutile.) Forcément je suis d’accord ! Pagan Power ! Yeah !!!!  Mais si avant de voir grand, on commençait par soi -même ? Et si chacun d’entre nous prenait vraiment le temps d’appliquer les valeurs qu’ils prônent ? Vu le temps que  personnellement ça me prend, je pense qu’on occuperait sûrement notre temps différemment et bien mieux 😛 .

Mais parce que je suis  » gentille « , les gens me pensent manipulables et influençables.  Je ne suis plus adolescente. Je suis adulte. Je ne prends plus sur moi, je fais la part des choses. Je ne suis pas une sainte,  je suis païenne. Si supporter une personne, de quelques manières que ce soient, touche à mon intégrité, mes valeurs, mon être spirituel, je l’éjecte ni plus ni moins de ma vie. Même si je suis souvent longue à prendre ma décision 😛

C’est pourquoi je suis patiente. Je prends le temps de découvrir la personne, ses valeurs, son comportement. J’ai des amis complètement opposés qui n’ont aucune infinité. Cela ne me pose aucun problème. Mais déjà que les problèmes d’ego empoisonnent nos vies tous les jours . Dans le monde païen,  cette difficulté semble être totalement amplifiée. Si une personne  est incohérente, entre ses belles paroles de « pseudo-sagesse » du fond de tiroir et son attitude déplorable,  elle ne me prendra pas pour une idiote bien longtemps. Je ne vois pas pourquoi l’effort d’amabilité et de cordialité se ferait à sens unique. Si cette même personne s’en prend à mes amis  par mensonges, manipulations, tromperies, qu’elle ne s’étonne point que je me détourne d’elle. Si elle croit en ses propres histoires, qu’elle se fasse donc consulter pour sa mythomanie. Je ne prends pas de décision à la légère. Rompre un lien n’est pas une chose aisée et sans douleur. Ne sommes-nous pas tous liés d’une manière ou d’une autre ? Cette part divine en chacun de nous ? Alors je fais le bilan, j’analyse, je réfléchis, je me remets en question. N’est-ce pas moi qui ait mal compris ? Mal interprété ? N’ai-je pas mal réagi suite à ma mauvaise humeur ? Je n’hésite pas à prendre le problème sous un autre angle et à agir différemment. Mais quand c’est définitif, il n’y a point de retour possible.

Je ne pensais pas que c’était encore possible à mon âge.  Entendre des personnes regrettées mon amitié parce que je « me » suis faite manipulée. Je pensais que ce genre de déclaration se terminait au Lycée. Et je ne suis vraiment pas convaincue par leur définition de « l’amitié ». A ces personnes, j’ai envie de leur faire remarquer deux choses. La première, si je suis si manipulable, on devrait me remercier d’être partie. Parce qu’une personne influençable dans son entourage  n’est pas fiable. Ce n’est donc pas une amie. La deuxième, c’est que si à leurs yeux, je me suis faite manipuler, n’est-ce pas justement parce qu’ils pensaient eux-même me manipuler ? Être gentille, n’a jamais empêché de penser par soi-même. Et qu’on me reproche plutôt à moi ce qui ne va pas, plutôt que de se servir de moi pour s’en prendre à mes amis. Une attitude adulte, mature et responsable quoi .

J’ai l’innocence (ou la bêtise ?) de croire qu’être païen, c’est agir en pleine conscience des causes et conséquences, assumer ses choix dans le bon comme dans le mauvais.  Ne pas se voiler la face sur qui nous sommes vraiment et ne pas alimenter le néfaste qu’on critique tellement. Être païen, c’est suivre un code de conduite.  Pas un code moral. Un ensemble de valeurs que l’on prône et que que l’on diffuse autour de nous, comme une prière ininterrompue au Divin.

Laboratorium Pieśni – Sztoj pa moru (Што й па мору)

 

 

 

 

 

 

Equinoxe paradoxe

Cette période de l’année est toujours délicate pour moi. Comme beaucoup de personnes sensible à la luminosité,  je vis difficilement le raccourcissement des journées que l’on peut ressentir dès la fin août.

Et pourtant, je ne me suis jamais aussi bien sentie moralement depuis longtemps.

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L’équinoxe d’automne fait écho aux célébrations de Luginaissatis. A Luginaissatis, nous honorons la mémoire de la mère adoptive de Lugus, Talantio, une déesse de la Terre. Nous la remercions également d’avoir défriché les terres afin de permettre les cultures et les récoltes. L’équinoxe d’automne est, pour moi, l’apothéose de ses remerciements car les récoltes ont été faites, engrangées, stockées.  Et là où j’aurais dû remercier pour tous ces dons, je me suis retrouvée dans l’incapacité de faire des offrandes. Point de générosité et de multitude, que faire …….. J’ai les classiques offrandes d’eau, d’encens, de lumière. Mais point de pain ou de gâteau maison, point de fruits de saisons ……

J’ai donc fait le ménage « rituel » de mon autel. J’ai fabriquer de nouveau une rouelle maison (comme je l’ai fait pour le sanctuaire de Corent), mais cette fois-ci avec des rameaux de noisetiers ramenés d’Auvergne. Etant donné que c’est la période de récolte des noisettes, je me suis dit que ce bois pouvait symboliser ces récoltes.  La forme de la Rouelle pour symboliser la Roue de l’Année. Cette fois-ci, j’ai un peu galéré pour fixer les rayons. Et mes deux assistantes félines ont adoré chahuter mes fines branches lorsque j’en enlevais l’écorce. 🙂

J’ai préparé mes offrandes et j’ai fait mon petit rituel maison. Pas de long rituel, de grandes phrases, d’ouverture de cercle ou autre. Quand je suis seule, je vais au plus simple.  Mais je me prépare toujours mentalement et physiquement avant pour être en pleine conscience et dans l’instant présent. Le « physiquement » consiste juste en quelques mouvements articulaires et étirements. Rien de bien méchant puisque  je n’ai pas la condition physique d’une sportive. Pour me recentrer, j’ai toujours besoin de m’ancrer de nouveau dans mon corps par les sensations, de le réintégrer.  C’est une étape pour moi nécessaire car sinon  je reste dans le mental et je passe totalement à côté du rituel.

Me voilà donc en train de célébrer cette équinoxe. Et une fois de plus, au bout de quelques instants passés devant mon autel, je sens une douce euphorie monter en moi. J’évite de me poser désormais des questions pendant mon court rituel afin de ne pas rebasculer dans le mental.

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Mais ce sentiment d’euphorie me pose question …….. Lorsque je regarde la définition dans le Larousse, voici ce que j’y trouve :

  • Sensation intense de bien-être, d’optimisme.
  • Sentiment de grande joie, de satisfaction, de contentement

L’intensité n’en est pas si grande, même s’il m’est arrivée de la ressentir par le passé. Mais tout ce qui est décrit, je le ressens bel et bien. Je me suis demandée si c’était juste moi qui me programmait en quelques sortes pour ressentir cette euphorie.  Genre : « je veux  me connecter au divin, donc je crois ressentir le divin « . Et avec le recul, je sais que c’est ce que je faisais au début de ma vie païenne. De plus, je ne me rappelle pas avoir ressenti ce genre d’euphorie lors des rituels de groupe en clairière, sauf le jour de mon entrée dans la voie sacerdotale. Je n’allais pas me priver de cette joie intense 😉

Me voici donc dans le troisième paradoxe de cet article :  savoir se faire confiance et se fier à son ressenti et son intuition pour éviter de se cloîtrer dans le mental. Tout en ne basculant pas dans l’effet inverse de quitter toute raison et d’imaginer tout ce que je désire.

Alors, en ce 23 septembre que s’est-il passé ? Je crois tout simplement m’être harmonisée à l’instant que je voulais sacré, avoir crée une sorte de vibration que je voulais projeter comme une prière pour les Divinités. Et si j’ai projeté de la joie et du bien-être, je me dis que c’est pas si mal.

Pour en revenir à l’équinoxe d’automne, c’est donc une célébration de la Déesse de la Terre, de la Nature et des remerciements pour les biens matériels et spirituels qu’elle nous a apporté.  Et en même temps une période de nostalgie débute. (Du moins pour moi, car j’ai lu à plusieurs reprises des païens et païennes  qui au contraire se sentaient heureux au moment de l’équinoxe.) Nous prenons soin de faire nos réserves pour pouvoir passer le cap de la période sombre. Le Dieu-Soleil dont le déclin se fait déjà ressentir depuis Luginaissatis, s’apprête à entamer sa course dans la période sombre avant sa future renaissance. Je prépare mon foyer tel un cocon pour mieux me retrouver en prévision de la période qui suivra Samonios.

 

Certains termes que j’utilise sont des termes gaulois, qui ne sont peut-être pas connu par certains.

Luginaissatis pou Lugnasad, Talantio pour Tailtiu, Lugus pour Lugh, Samonios pour Samain