Archives mensuelles : janvier 2018

Entretien : fabriquer sa propre lessive

Après avoir testé deux recettes, dont celle proposée par Christelle sur le blog de Taktik-éco , je m’en suis inspirée pour créer la mienne  qui me convient complètement. Cela fait près d’un an que je l’utilise.

Attention :  

=> ne prévoyait pas de fabriquer votre lessive pour un usage le jour même. Cela prend un minimum de temps à faire, comme râper son savon. Et il faut, de plus, attendre qu’elle ait refroidie pour s’en servir.   

=> prenait du vrai de savon de Marseille, comme Marius Fabre. « Composé uniquement à base d’huiles végétales, ce savon ne contient ni parfum, ni colorant, ni conservateur. Sa composition naturelle fait de lui un produit très écologique » (Taktik-éco). Il y a naturellement  toujours la présence d’un peu de glycérine dans ces savons. Ne jamais prendre un savon où, au contraire, elle a été rajoutée. Sinon la lessive aura tendance à durcir et à laisser un dépôt sur les tissus.

 

 

Matériel : 

  • une grande casserole (au moins 2,5 L)
  • une balance
  • une spatule ou une cuillère en bois
  • un bidon de 5 litres (j’utilise un bidon de vinaigre blanc vide)
  • un entonnoir

Ingrédient :

  • 200 g de savon de Marseille râpé (je prends le vert de Marius Fabre)
  • 200 g de cristaux de soude

 

Recette :

  1. Remplir la casserole d’eau et la mettre  à bouillir . Pour gagner du temps, je mets d’abord l’eau à bouillir avec ma bouilloire électrique. De plus, il est attesté qu’on utilise moins d’énergie en la faisant bouillir une bouilloire électrique qu’en utilisant le gaz.
  2. Verser petit à petit le savon en remuant avec la spatule en bois. Si vous versez  tout d’un coup, vous risquez d’avoir un gros amas de savon qui sera difficile à faire fondre.
  3. Une fois que tout le savon est fondu, faire de même avec les cristaux de soude.
  4. Quand tout est fondu, laisser le liquide refroidir.
  5. Quand le liquide aura refroidi, il se sera épaissi.  Le mélanger à nouveau et le  verser dans le bidon de 5 litres et le compléter avec de l’eau. Secouer pour mélanger.
  6.  Les premiers jours , il faudra régulièrement secouer le bidon pour que le mélange reste homogène et ne se solidifie pas.

Pour plus de facilité, je verse ma lessive du bidon de 5 litres à un bidon de 2 litres avec un bouchon doseur. Moins lourd et plus facile à manipuler.

En pratique :

  • Pour une lessive de 5 kg, je verse deux bouchons . Soit environ 140 ml.
  • Je remplace l’adoucissant, par du vinaigre blanc. Il est recommandé de verser 100 ml de vinaigre blanc dans le bac d’adoucissant. Souvent je n’en verse que 50 ml et je trouve cela suffisant. Par contre j’en verse 100 ml , voir un peu plus dès qu’il s’agit de laver des serviettes de bains. Sinon, elles deviennent rêches.  De plus, le vinaigre blanc permet de détartrer la machine à laver. De temps en temps, je lance une lessive à vide avec 500 ml de vinaigre blanc et un programme à 90°c. Ce qui permet de supprimer les mauvaises odeurs et de détartrer la machine en profondeur.
  • Je mets deux cuillères à soupes de bicarbonate de soude dans le tambour. Le bicarbonate a également une action adoucissante et augmente le pouvoir lavant de la lessive.
  • Je rajoute une à deux cuillères à soupe de percarbonate de soude pour sa fonction de détachant et de blanchissant. Il permet au linge blanc de ne pas griser. Attention ! Il n’est efficace qu’à partir de 40 °c.
  • Quand j’ai une tâche de gras sur un vêtement, j’humidifie le tissu et je frotte au savon de Marseille puis je le mets dans la machine sans rincer. Cela a toujours bien marché jusqu’ici.
  • Bien entendu, d’un point de vue écologique, remplissez au mieux votre tambour et privilégier les programmes basses températures, afin d’utiliser le moins d’énergie possible. Dans mon cas, 40 °c car je mets toujours le cycle  » « coton » et pour l’efficacité du percarbonate. Privilégier le séchage à l’air libre.

essive2.jpglessive

 

Pour débuter : si vous êtes comme moi à mettre beaucoup du temps à mettre des changement en place, faites un pas après l’autre. Commencer déjà par remplacer votre adoucissant. Puis rajouter le bicarbonate, le percarbonate en diminuant vos doses de lessives industrielles. Enfin, faites la recette de lessive qui vous parle le plus.  Petit à petit, cela deviendra une habitude et vous ne vous poserez même plus de questions 🙂 .

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Le temps sacré

Je cours toujours après le temps.

Cependant, il m’arrive parfois de laisser le temps au temps…

Il y a des instants, pourtant éphémères, mais si riches, qu’ils semblent rattacher à l’éternité ….

Le temps du rituel est sacré . Néanmoins, est-il si différent de mon temps quotidien ?

Le temps m’interroge, m’intrigue. J’ai souvent le sentiment de tenter d’attraper un temps qui n’est déjà plus. Le temps semble même s’accélérer et la société nous impose des contraintes de temps à respecter. Au point, que simplement me poser pour lire ou admirer la quiétude du paysage me fait culpabiliser. Et pourtant, cela m’est vital pour mon équilibre et donner du sens.

Me connecter aussi, au divin qui m’entoure. Habituée à me presser, il m’est difficile de le réaliser. Les seuls moments, où je le réalise réellement, est lorsque je me promène dans la nature et que je fais de longues pauses contemplatives. Néanmoins, même cela m’est difficile.

Et pourtant …..

« Désireux de rentrer en possession de ses biens, Oengus expulse Elcmar du Brug, sa résidence de la Boyne, par ruse et jeu verbal : il y entre à Samain, en armes alors que c’est un jour de paix entre les hommes d’Irlandes, et menace Elcmar en exigeant la place et la royauté pour « un jour et une nuit ». Mais comme « c’est en jours et en nuits que le monde se passe », la prise de possession est perpétuelle. Le récit se retrouve notamment dans le Livre de Leinster (De Gabail in tSida) mais aux dépens du Dagda qui est expulsé par le même jeu verbal : « La nuit et le jour sont la durée du monde entier ». 
 (Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtiques de Philippe Jouët,  dans le texte consacrée à Oengus)

Une nuit et un jour, symbole de la vie et de la « perpétuité » du monde. C’est un concept que je ne suis pas encore sûre de comprendre. En même temps, c’est comme si quelque soit la nuit, quelque soit le jour qui le suit, le temps ne variait pas. Comme si tout était gommé,  les saisons, les célébrations à des dates particulières ….

« L’Autre Monde est non seulement « ailleurs », hors de la dimension spatiale de notre monde, il est aussi en dehors de sa dimension temporelle : en dehors du temps, dans une éternité instantanée puisqu’elle n’a pas de durée … De fait, toutes ses évocations le disent habité par des individus inamoviblement jeunes – un des ses noms irlandais est Tir na nOg, « le Pays de ceux qui sont Jeunes » -, car sa non-durée induit que l’on n’y vieillit pas et qu' »on n’y perçoit par le passage du temps ».
(Mythologie du Monde Celte, Claude Sterckx)

Après lecture de cet extrait, je comprends que le texte qui évoque Oengus concernerait uniquement l’Autre Monde. Le Monde où réside les divinités.

J’avais lu que lorsque nous ritualisons, si c’est bien effectué, nous ouvrons une porte vers l’Autre Monde et nous connectons au « temps » et à l’espace des Dieux. Passage du Divin dans notre dimension. Les quelques cérémonies où j’ai pu participer, j’ai en effet pu ressentir énormément de choses. Comme une ouverture … de mon moi intérieur vers l’infini.  Une connexion vers  une (ou des) présence(s).  Le temps, cependant, ne s’est pas arrêté, mais fut d’une grande intensité.   Plutôt qu’un passage vers l’Autre Monde, ce qui voudrait dire que les Dieux sont totalement en dehors de notre dimension, je le vois plus comme la création d’un point de connexion entre nous pour faciliter la communication.

Il y a quelques temps, j’évoquais ces notions de temps sacré avec W. Les différents calendriers connu dans le monde païen. Ceux qui collent à l’année civile ( 2 février = Imbolc, 1er août = Lughnasad, etc…). Mais le calendrier civile  est une vision du temps qui a été remaniée pendant des siècles . C’est un calendrier « actuel  » qui ne colle pas forcément à la conception ancienne des dates et du temps.  J’ai vu le calendrier d’une clairière druidique qui faisait en fonction de la date civile et de la pleine lune la plus proche pour fixer la date de ces célébrations. Je connais un collège druidique dont un des druides a énormément travailler sur le calendrier de Coligny (le seul calendrier fait par des druides de l’Antiquité, connu à ce jour). Quand on s’y penche, c’est passionnant. Néanmoins, on y trouve beaucoup de fêtes pour combler les vides, qui sont inspirées de l’Hindouisme.  Au début, j’y opposais un véto. Ok, il y a des similitudes. Cependant, les Celtes ne sont pas les hindous. Etc. En m’y intéressant un peu plus, au vu des similitudes dans certains mythes, je me suis dit pourquoi pas. Il y a une certaine cohérence dans toutes ces fêtes et font sens. Et certaines me parlent énormément.

J’expliquais également à W, que selon moi, on voulait trop se fixer sur des dates alors que certaines fêtes concernent plus des périodes au final et que je le ressens comme tel.  Comme la renaissance du Soleil. Yule pour les Asatrù.  Les 12 jours ( Joyeux Noël (et les 12 jours ?) ). Le solstice d’hiver pour un néophyte.  Pourtant, astronomiquement, le solstice d’hiver n’est pas qu’une histoire de nuit la plus longue et jour le plus court de l’année !

« Le solstice d’hiver correspond à l’instant où la longitude apparente géocentrique du Soleil est égale à 270° », précise l’IMCCE. Traduction : au moment du solstice d’hiver, la position de la Terre par rapport au Soleil va atteindre son inclinaison maximum, avec, encore une fois, un ensoleillement rasant du côté de l’hémisphère nord. » =>  Solstice d’hiver : découvrez les secrets de notre entrée dans l’hiver ! (L’Internaute)

Malgré toutes les qualités d’astronomes attribués dans les récits aux druides, j’ai quand même peu de doute sur leur capacité de calculer l’heure de cette inclinaison à 270 °. Et je trouve vraiment qu’il y a une magie dans l’air durant cette période. Pour citer d’autres périodes sacrées, Lughnassad dans les temps celtiques duraient 15 jours. J’ignore s’il y avait des cérémonies sacrées tous les jours, mais les peuples se rassemblaient à l’occasion pour des foires, des marchés, pour régler des affaires politiques et autres. Le Roi devait prouver sa capacité à régner en redistribuant les richesses. On y effectuait également des jeux funèbres en mémoires du sacrifice de Tailtiù.

Parlant de toutes ces périodes, W. me parle du calendrier des paysans sur ses terres. Ainsi, pour eux, ce n’est pas l’équinoxe de printemps qui compte, mais la lune de mars. La lune prend ici le sens de lunaison (de la nouvelle lune  à la nouvelle lune suivante). La lunaison de mars, faisant fi de notre calendrier civil, peut très bien démarrer fin février ou finir début avril. Ce qui compte c’est qu’elle comprend l’équinoxe du printemps.  Or, ce que W observe tous les ans, c’est à cette lunaison que la montée se sève commence et que tous les arbres de la famille des Prunus se réveillent. Les abricotiers vont même jusqu’à fleurir. Or, à la Pleine Lune de la lunaison de Mars, le froid tombe au risque de geler les bourgeons naissants. Et de détruire la future récolte à venir.  Au contraire à la Nouvelle Lune, les paysans se sentent  à l’abri.  « Même s’il y a un décalage dans le calendrier, cela a toujours été vérifié » m’a précisé W.

La lunaison suivante est appelée « Lune Rousse ». Même si elle est moins conséquente que celle de Mars sur les plantes, elle peut briser les jeunes pousses et les griller, leur donnant cette couleur rousse.   Ce qui correspond à peu près au moment des Saints de Glace.

De fil en aiguille, W. me reparler d’un site qu’il voudrait me montrer. Et je dois dire qu’avec ses talents de conteur, il m’en a donné vraiment envie !

L’oppidum de Sainte-Luce dans la Drôme. Site gaulois, récupéré par les Romains et qui était déjà occupé avant l’Âge de Fer. Un monastère s’y est même installée des siècles après.  A cet oppidum a été creusé dans la paroi un occulus d’environ 1,50 m de diamètre. C’est une trouée pas particulièrement impressionnante, creusée par la main de l’homme dans le roc. Au cours de l’année, le soleil le touche sans plus. Juste en contrebas se trouve un petit vallon avec une ferme. Du 1er décembre au 1er janvier, ce vallon ne reçoit aucune lumière. (Bigre ! Je ne sais pas comment ses habitants font !)

Pourtant, du 13 décembre au 25 décembre, une personne de ce vallon peut voir que le soleil se lève au centre de l’occulus et sa lumière donne sur une source du vallon. Soit plusieurs km en contrebas … Puis la le soleil dépasse la montagne pour éclairer la vallée encore plus basse ….. Wow ! Mais comment ont-ils fait ?!

Pour l’anecdote, le 13 décembre est le jour de Sainte Lucie. Lucie du latin lux, la lumière. Cela se déroule à l’oppidum de Sainte Luce.  Et, en plus de la signification de son nom, je me demandais pourquoi Sainte Lucie était associée à une fête des Lumières, célébrée en Scandinavie. Car à l’origine, Sainte Lucie est de Syracuse en Sicile Et bien, j’ai découvert ceci : « Fait surprenant, le rallongement des jours a en fait commencé depuis le 13 décembre, jour de la Sainte-Lucie : à partir de ce jour-là, le soleil s’est mis à se coucher de plus en plus tard. Un dicton imagé existe d’ailleurs, qui dit « à la Sainte Luce, le jour croit du saut d’une puce ». Il date du 14e siècle, quand l’on se référait encore au calendrier Julien instauré par Jules César… et dans lequel le solstice d’hiver avait lieu aux alentours du… 13 décembre !  » (Solstice d’hiver, L’Internaute)

Et l’éclairage par  l’occulus à lieu durant ….. 12 jours.

Pour ce qui est du rallongement du jour à compter du 13 décembre, oui mais non. 😛  A compter de cette date, le soleil se couche un peu plus tard. Mais il se lève également un peu plus tard. Donc les jours continuent à raccourcir. Puis la durée d’ensoleillement stagne quelques jours aux alentours du solstice. Enfin, ils rallongent petit à petit. Il est amusant de remarquer, que même si la Sainte Lucie ne correspond plus au solstice d’hiver depuis le passage du calendrier julien au calendrier grégorien, cette date reste quand même attachée à une évolution de la lumière solaire dans notre hémisphère.