Archives mensuelles : mai 2016

Le Grand Vent

Il y a peu, j’ai découvert cette chanson que je trouve très païenne, joliment interprétée par le groupe Laïs. Elle m’évoque une multitudes de choses qui se croisent et s’entrecroisent. Ce n’est sûrement que très subjectif. C’est pourquoi si d’autres personnes ont d’autres idées, je suis intéressée 😀

« Laïs (du nom d’un poème d’amour courtois du Moyen Âge) est un groupe de musique belge originaire de Kalmthout, dans la province d’Anvers.[…] il est aujourd’hui composé de trois chanteuses […] Ces chanteuses interprètent, majoritairement en vieux flamand ou en français mais aussi en suédois ou en latin, des chants du répertoire traditionnel de différents pays d’Europe, de la chanson contemporaine  (Jacques Brel,…) ou des polyphonies de la Renaissance, ainsi que quelques créations originales, mêlant des influences folk, pop et rock.  » (extrait de Wikipédia).

Les paroles sont de Gabriel Yacoub. Il semblerait que ce serait également le chanteur présent sur cette chanson.

Paroles :
Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

Trois demoiselles y vont danser
Elles ont mangé mon cœur
Elles m’ont mis la tète l’envers
Et m’ont montré toutes les couleurs
Du grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La première est vêtue de blanc,
J’aurai son cœur
Je ne veux qu’elle et si je mens,
C’est qu’elle a mêlé les couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse l’eau et les serments
La nuit entre mes mains,
Les promesses des amants,
Les regrets du matin,
Dans le grand vent qui vente.

S’il veut les trois, il n’aura rien,
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La deuxième est vêtue de bleu,
J’aurai son cœur,
Avec les autres si je peux,
Je mêlerai les couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse la joie et le doute,
Les perles de rosée,
Pour les arbres sur les routes,
Les amitiés,
Dans le grand vent qui vente.

S’il veut les trois il n’aura rien
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

La troisième est vêtue de noir,
J’aurai son cœur,
Je n’aurai besoin d’aller voir
Aucune autre couleur,
Dans le grand vent qui vente.

Je danse la cendre et le feu,
Les lendemains,
Mon amant est devenu trop vieux,
Et il s’est éteint,
Dans la grand vent qui vente.

S’il veut les trois il n’aura rien
Que le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré, Et le grand vent y vente (x 2)

Trois demoiselles sont parties,
Elles ont mangé mon cœur,
Elles n’ont laissé que leurs habits,
Ils ont perdus leurs couleurs,
Dans le grand vent qui vente.

Sur la mer il y a un pré

Sur la mer il y a un pré

Sur la mer il y a un pré ….

Ce que cette chanson m’évoque ….

Dès la première ligne, j’ai pensé à Manannán mac Lir. Lorsqu’on rencontre ce Dieu de la Mer dans les mythes, montant son cheval ou sur son char, il se déplace comme s’il était sur terre. Je crois même me rappeler que la mer est comparé à un champs à ces moments du récit.

Les trois demoiselles aux robes de couleurs différentes, et  ce qu’elles expriment chacune à leur tour, m’ont forcément fait penser à la Triple Déesse. Ses trois visages, ses trois âges. Même si à la place d’une robe bleue, la deuxième avec une robe rouge m’aurait plus parlé. Quand la troisième vêtue de noire évoque son amant trop vieux qui s’éteint, je comprends que nous avons atteint la fin d’un cycle. La demoiselle redeviendra vierge et trouvera un nouvel amant, pour perpétuer ce cycle.

Elles viennent danser, comme dans les légendes des cercles de fées ou de korrigans. Cercle dont il ne faut surtout pas approcher, si nous ne voulons pas y être entraînés de force et danser jusqu’à mourir d’épuisement.

Ces demoiselles, près de la mer, m’ont aussi fait penser aux sirènes. Pas les ondines scandinaves. Mais les sirènes grecques, séductrices et dévoreuses de matelots.

Cette fixation qu’a l’homme sur les robes me rappelle la lecture d’un manga de mes années lycées, Ayashi no ceres. Un manga basé sur la légende des femmes célestes (ou d’un autre monde) dont les hommes volent la robe pour les empêcher de repartir, les épouser et parfois même acquérir richesse et prospérité. Il semblerait que c’est une légende qu’on retrouve sur plusieurs continents. Les femmes-cygnes, les selkies, etc. Mais ces trois demoiselles ne sont pas ces  » fragiles  » jeunes filles de l’Autre Monde , manipulées et/ou manipulables par les hommes.

D’ailleurs, l’homme au début se méfie de ces femmes. Puisque pour la première, s’il est pris en mensonge, c’est que ça vient d’elle, non de lui. Ou alors, il fait preuve d’une formidable mauvaise foi 😛 .Et tout le long, cette voix de … sagesse ? conscience ? du conseil qui est donné au héros pour survivre à l’épreuve et la remporter comme on retrouve dans les contes,  pourtant le prévient : « S’il veut les trois il n’aura rien,
Que le grand vent qui vente. »
  Mais il se laisse emporter par ses désirs et succombe.

Au final, ces robes ne sont qu’illusions, puisqu’elles sont abandonnées et sans couleur.Seul reste le Grand Vent et un homme au cœur dévoré.

J’aimerais trouvé d’autres musiques de ce genre pour me faire un répertoire de chansons païennes, riches de sens.

 

 

Beltaine 2016

Cette année, je n’ai pas pu fêté Beltaine en clairière. De plus, je n’étais pas chez moi.

Par contre, j’étais loin de tout en pleine nature. Un vrai dépaysement et une belle recharge pour les batteries :-D.

Sachant que la météo s’annonçait difficile pour le 1er mai, j’ai réalisé mon petit acte personnel pour marquer cette fête la veille. Il est dit qu’à Beltaine, la frontière entre le monde des êtres humains et celui du Petit Peuple et élémentaux est si mince que nos mondes  peuvent s’interpénétrer. J’ignore exactement d’où vient cette tradition. Il faudra que je cherche. Mais je ne suis pas surprise, car sur la Roue de l’Année, Beltaine est le « miroir » de Samhain, fête où c’est la frontière avec le monde des morts qui est la plus mince. D’un côté, la saison sombre, la mort, les ancêtres.  Alors de l’autre, la saison claire, la vie et des êtres qui y participent. Je me suis dit que ne pouvant vraiment ritualiser, il serait bon que pour une fois je me concentre sur le Petit Peuple.

Je me suis rappelée ce que j’avais lu dans ce livre que je vous conseille de nouveau : A la rencontre des esprits de la Nature de Loan Miège. Je l’ai un peu adapté. Néanmoins, avant de partir en week-end, j’ai fait mes petits préparatifs. Deux jolies pierres vertes cristallisées et de l’huile essentielle d’encens d’Oliban. J’adore le parfum de cet encens qui m’apaise et m’aide dans mes méditations.

Le 30 avril donc, entre deux averses et une belle éclaircie, je suis partie marcher vers la Forêt. C’est un endroit où la mousse est si épaisse que son moelleux est un véritable bonheur sous nos pas. Le souffle du vent, le chant des oiseaux berçaient l’espace. Je me suis dirigée vers l’endroit auquel je pensais. J’ai fait un tour et j’ai trouvé ce que je voulais. Un lieu approprié pour laisser mes offrandes, un endroit qui me parlerait. Ce fut la souche d’un arbre. 😀

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A mon arrivée, de loin, elle avait déjà attiré mon regard. Quand j’ai fini mon tour et que je me suis approchée …. Waow ! Pur hasard ? Pure imagination ? Moi, j’y ai vu le visage d’un habitant de la Forêt. Un air bonhomme et bienveillant.  Je me suis sentie accueillie. Si je savais bien dessiner, j’aimerais en faire un portrait pour montrer ce que je vois.

J’y ai déposé mes offrandes, formulé mes remerciements et prière. Mais la pluie commençait de nouveau à s’abattre. J’ai dû faire vite et pas aussi bien que je l’aurai souhaité. Enfin, je suis repartie.   Il faudra que je retourne le voir, discuter avec lui. Et surtout écouter ce qu’il voudra bien me dire de lui, de son lieu de vie et de ses habitants 😉 .