« Dans la forêt étrange, c’est la nuit ;
C’est comme un noir silence qui bruit ;

Dans la forêt, ici blanche et là brune,
En pleurs de lait filtre le clair de lune »

Extrait de En forêt, de Germain Nouveau (Premiers poèmes).

Le weekend dernier, c’était la pleine lune.  Ce fut l’occasion également d’une réunion de famille. Nous n’étions pas nombreux. Mais l’affection et l’attachement y étaient.

Sur la route j’ai vu des étendues de verdures, des terres labourées parées de pourpres, des arbres ornés d’or, des ramures écarlates. La Terre n’est pas encore endormie.La Terre est si belle que j’en suis toujours éblouie.  J’ai vu des veaux tétant leurs mères et admiré le vol gracieux des buses. J’ai entendu la pluie, perçu le froid,  je suis devenue aveugle dans le brouillard.

Je me suis enthousiasmée sous un ciel d’un bleu infini et j’ai admiré le Soleil dans son dernier éclat. J’étais seule face à lui, seule à ce moment précis. J’ai pourtant sentie près de moi une douce et rassurante compagnie. Beaucoup de chaleur aussi.  Merci.

J’ai  cueilli des herbes fraîches pour nourrir des poules dont j’ai mangé les œufs. Et j’en ai conçu une grande joie pour une chose pourtant si simple. J’ai été émerveillée par la beauté des Asters qui résistent malgré tout au froid de l’altitude.

aster_amellus

Aster 

(Photo : Par Ghislain38 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0,)

J’ai ri, j’ai partagé des souvenirs. J’en ai crée de nouveau. J’ai aimé et j’ai été aimée.

Après une semaine de maux de tête et fatigue, ce weekend fut pour moi béni. Béni de l’Amour des Miens, de la Bienveillance des Dieux, de la Beauté de la Nature.

Et lorsque la Lune pleine s’est levée, parée de tant de lumière, nous sommes allés marcher. Venant de la ville, je suis toujours surprise par son intense blancheur lorsqu’elle est à l’apogée de sa croissance.  Les étoiles en deviennent timides. Et je suis passée sous l’ombre des arbres ….. en pleine nuit. Je me suis sentie légère, pleine de vie. Je ne ressentais pas le froid, ni la fatigue l’ascension. Nous avons cheminé ainsi un moment. Exprimant notre enchantement, évoquant la peur que parfois provoque la nuit. Puis nous nous sommes tus. Nous n’avons rien entendu. La Nature dormait. Ce sommeil je ressentis le besoin de le respecter. Nous avons continué en silence, les chiens devant nous.

Au début de la forêt, un chien s’est emballé et a disparu dans les fourrés

–  Tu as vu la forme noire qui s’enfuyait ?! De la taille d’un chien.

Non, je n’ai rien vu.  Un renard sûrement. Il a sifflé pour rappeler le chien. J’ai sifflé à mon tour. Derrière nous, un bruit étrange, comme une voiture au loin, puis un sifflement.

– Quelqu’un a répondu à ton sifflement ?!

Je n’ai pas rêvé ! Tu l’as entendu ?! On est en pleine nuit, en plein campagne, éloigné des habitations. Sûrement …. le vent ?

Le chien est revenu comme si de rien n’était. Nous avons rebroussé chemin. Une fois rentrée, minuit passé, je ne voulais plus dormir. Emplie de l’énergie revigorante de la Pleine Lune, j’aurais presque eu envie de danser. Mais quand même ce sifflement… C’est alors que je me suis rappelée … les contes et les récits sur le petit peuple. Souvent les paysans racontaient qu’il fallait se méfier. La nuit, feux follets et autres farfadets n’hésitaient pas à nous perdre dans la forêt.

 

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