Mère Nature

 

Cette vidéo a circulé sur Facebook et il se peut que beaucoup la connaisse déjà. J’ai été touchée par la beauté des image, la force du message, la musique envoûtante et j’ai été séduite par la voix de Sophie Marceau, à la fois jeune et mature, mère et femme.

Mais j’ai également été émue, car la Nature, Mère Nature, fut la compagne de mon enfance.  Oups, formulée comme ça on pourrait croire, qu’elle est venue me tenir la main. Pas vraiment. De plus, enfant dans une famille athée avec une lointaine grand-mère catholique, je n’avais pas vraiment la notion de ce qui est sacré.  Mais la terre où je marchais devenait mon royaume, j’en connaissais les recoins, les arbres étaient une tour imprenable, un confident  ou le lieu où j’y déposai mes rêves. Avec le temps, beaucoup de souvenirs se sont effacés et j’y ai associé beaucoup d’images d’Épinal. Mais je me rappelle : ces longues balades en famille, quelques paysages, les trésors ramassés, …. La Mort aussi. Comme ce serpent en train d’avaler une grenouille encore vivante. Ou l’incendie,  au-dessus de notre maison. Et ce tronc calciné au bord de la route, comme un rappel de cette nuit-là. Pour le voir plus tard se couvrir de plantes et de fleurs  ! Ce tronc m’a tellement marqué  ! Première découverte du cycle Vie-Mort-Régénération. Mais je n’avais pas mis encore cette notion dans mon esprit. Je n’avais pas le recul, ni la réflexion pour ça. Trop jeune.   Ou encore quand nous allions devant ces immenses cerisiers du voisin et que nous revenions des sacs entiers remplis de cerises juteuses. J’étais liée à cette terre. J’en observais les changements, je me sentais unie à elle. Ces images m’ont marquée. Mais je ne me posais pas de questions. Je  le vivais tout simplement. J’ai grandi, j’ai déménagé et j’ai perdu le lien avec le lieu de mon enfance. Quand je m’en rendis compte, j’en éprouvais une grande peine.

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Et quand j’ai découvert le paganisme dix ans plus tard, quand j’ai découvert la Grande Déesse, tout m’a semblé soudain d’une telle limpidité. Cette sensation de quiétude et d’harmonie,  ce besoin sans cesse renouvelé de le recréer. Me poser et admirer le ciel, la course des nuages poussés par le vent.  Les cueillettes des champs alentours qui rythmaient les saisons : mimosas, genêts, cerises, olives , … Enfant, sûrement comme beaucoup d’autres,  je n’avais pas de notion du temps. Surtout linéaire. Je ne me fiais pas à l’année, mais je voyais les saisons. Je réalise qu’enfant, j’étais pleinement dans un temps cyclique, que j’ai perdu  aujourd’hui et auquel j’ai encore parfois du mal à m’attacher.

Pas de séparation Profane-Sacré, le temps cyclique, vivre l’instant présent,…. Peut-être que les enfants ont tout compris. Et que nous devons nous-même redevenir des enfants. Je ne parle pas de l’enfant intérieur, celui qui est notre part d’innocence et d’émerveillement, celui qui nous pousse à tout voir avec un œil neuf, à nous amuser et à jouer comme des enfants pour rire , se détendre.  Non, je ne parle pas de cette enfant qui appartient à notre identité.  Mais redevenir des enfants dans le vécu, la perception, le ressenti. Laisser partir notre imagination,  vivre pleinement et accepter de parfois se laisser porter.

Toujours j’ai chéri la Nature, les éléments m’interpellaient déjà, et lui donner   le visage d’une mère m’a toujours semblé naturel. Et pourtant quelle mère terrible parfois !  J’aime le nom que lui ont donné les Grecs, Gaïa.  Je l’ai souvent appelé ainsi. J’aime d’ailleurs son mythe et j’aime parfois m’y replonger. Je lui donne aujourd’hui un nom celtique. Cependant, je ne lui ai pas renié le nom de Gaïa qui sonne si doux à mon oreille.  Mais parfois, j’oublie les noms que lui ont donné les civilisations. Je cherche à m’approcher de son essence, celle qui n’a ni frontière ni identité.  Elle me fait peur, elle me rend forte.  Elle m’abasourdit, elle me remplit d’un Amour sans limite.  Longtemps, je n’ai pas voulu intégrer de tradition païenne particulière. De peur de m’engager trop vite pour me rendre compte que je me suis trompée. Mais également pour ne pas la perdre. Ne pas lui attribuer de nom qui la limiterait au lieu de prendre sa globalité.

Après, je ne dois pas me voiler la face ….  Je ne me suis jamais trouvée dans une situation de survie au sein de la Nature. Je profite bien du confort moderne.  Même si je le voulais, mon esprit humain ne voit pas assez large pour apprendre, comprendre et tout assimiler.  Mère Nature reste sauvage, insaisissable  et elle suit ses propres règles. J’ai parfois le sentiment que lui donner un nom de divinité, c’est vouloir mettre de côté cet aspect craint et inconnu. Néanmoins, ce n’est peut-être qu’une vision moderne de ma part.

J’ignore comment réellement l’honorer. Alors j’essaie de la respecter par des actes écologiques : trier les déchets, fabriquer mes produits ménagers pour qu’ils soient le moins polluants possibles, économiser mes trajets en voiture ou parfois faire du covoiturage, etc.  Cependant, ce n’est pas suffisant. En même temps, j’ai le sentiment étrange que si je me concentre sur cette divinité, à la fois commune à beaucoup de civilisations et à part, je risque de me perdre. Elle est présente, omniprésente et en même temps si lointaine de nos vies actuelles.  Ne devrais-je pas plutôt m’avouer que c’est par facilité que je privilégie son aspect maternel ? Pourvoyeur de bienfaits matériels et spirituels ? Elle qui donne aussi souvent la mort ? Le documentaire La Vie Sauvage passé récemment à la télé le démontre bien. Même si je sais de ce qui l’en est sur la dure vie sauvage, le voir m’a sacrément chamboulé.

En cet instant, il me vient une curieuse idée …. Et si la Grande Reine, Morrigane, en était l’un de ses aspects sombres ? Une nouvelle piste à travailler ….

 

Voir ma page Bibliographie et

  • Le Langage de la Déesse de Marija Gimbutas : livre d’archéologie et d’interprétation sur les statuettes féminines préhistoriques. Ce livre a été très contesté. Malgré tout, le livre est passionnant et le point de vue très intéressant.

 

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