Equinoxe paradoxe

Cette période de l’année est toujours délicate pour moi. Comme beaucoup de personnes sensible à la luminosité,  je vis difficilement le raccourcissement des journées que l’on peut ressentir dès la fin août.

Et pourtant, je ne me suis jamais aussi bien sentie moralement depuis longtemps.

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L’équinoxe d’automne fait écho aux célébrations de Luginaissatis. A Luginaissatis, nous honorons la mémoire de la mère adoptive de Lugus, Talantio, une déesse de la Terre. Nous la remercions également d’avoir défriché les terres afin de permettre les cultures et les récoltes. L’équinoxe d’automne est, pour moi, l’apothéose de ses remerciements car les récoltes ont été faites, engrangées, stockées.  Et là où j’aurais dû remercier pour tous ces dons, je me suis retrouvée dans l’incapacité de faire des offrandes. Point de générosité et de multitude, que faire …….. J’ai les classiques offrandes d’eau, d’encens, de lumière. Mais point de pain ou de gâteau maison, point de fruits de saisons ……

J’ai donc fait le ménage « rituel » de mon autel. J’ai fabriquer de nouveau une rouelle maison (comme je l’ai fait pour le sanctuaire de Corent), mais cette fois-ci avec des rameaux de noisetiers ramenés d’Auvergne. Etant donné que c’est la période de récolte des noisettes, je me suis dit que ce bois pouvait symboliser ces récoltes.  La forme de la Rouelle pour symboliser la Roue de l’Année. Cette fois-ci, j’ai un peu galéré pour fixer les rayons. Et mes deux assistantes félines ont adoré chahuter mes fines branches lorsque j’en enlevais l’écorce. 🙂

J’ai préparé mes offrandes et j’ai fait mon petit rituel maison. Pas de long rituel, de grandes phrases, d’ouverture de cercle ou autre. Quand je suis seule, je vais au plus simple.  Mais je me prépare toujours mentalement et physiquement avant pour être en pleine conscience et dans l’instant présent. Le « physiquement » consiste juste en quelques mouvements articulaires et étirements. Rien de bien méchant puisque  je n’ai pas la condition physique d’une sportive. Pour me recentrer, j’ai toujours besoin de m’ancrer de nouveau dans mon corps par les sensations, de le réintégrer.  C’est une étape pour moi nécessaire car sinon  je reste dans le mental et je passe totalement à côté du rituel.

Me voilà donc en train de célébrer cette équinoxe. Et une fois de plus, au bout de quelques instants passés devant mon autel, je sens une douce euphorie monter en moi. J’évite de me poser désormais des questions pendant mon court rituel afin de ne pas rebasculer dans le mental.

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Mais ce sentiment d’euphorie me pose question …….. Lorsque je regarde la définition dans le Larousse, voici ce que j’y trouve :

  • Sensation intense de bien-être, d’optimisme.
  • Sentiment de grande joie, de satisfaction, de contentement

L’intensité n’en est pas si grande, même s’il m’est arrivée de la ressentir par le passé. Mais tout ce qui est décrit, je le ressens bel et bien. Je me suis demandée si c’était juste moi qui me programmait en quelques sortes pour ressentir cette euphorie.  Genre : « je veux  me connecter au divin, donc je crois ressentir le divin « . Et avec le recul, je sais que c’est ce que je faisais au début de ma vie païenne. De plus, je ne me rappelle pas avoir ressenti ce genre d’euphorie lors des rituels de groupe en clairière, sauf le jour de mon entrée dans la voie sacerdotale. Je n’allais pas me priver de cette joie intense 😉

Me voici donc dans le troisième paradoxe de cet article :  savoir se faire confiance et se fier à son ressenti et son intuition pour éviter de se cloîtrer dans le mental. Tout en ne basculant pas dans l’effet inverse de quitter toute raison et d’imaginer tout ce que je désire.

Alors, en ce 23 septembre que s’est-il passé ? Je crois tout simplement m’être harmonisée à l’instant que je voulais sacré, avoir crée une sorte de vibration que je voulais projeter comme une prière pour les Divinités. Et si j’ai projeté de la joie et du bien-être, je me dis que c’est pas si mal.

Pour en revenir à l’équinoxe d’automne, c’est donc une célébration de la Déesse de la Terre, de la Nature et des remerciements pour les biens matériels et spirituels qu’elle nous a apporté.  Et en même temps une période de nostalgie débute. (Du moins pour moi, car j’ai lu à plusieurs reprises des païens et païennes  qui au contraire se sentaient heureux au moment de l’équinoxe.) Nous prenons soin de faire nos réserves pour pouvoir passer le cap de la période sombre. Le Dieu-Soleil dont le déclin se fait déjà ressentir depuis Luginaissatis, s’apprête à entamer sa course dans la période sombre avant sa future renaissance. Je prépare mon foyer tel un cocon pour mieux me retrouver en prévision de la période qui suivra Samonios.

 

Certains termes que j’utilise sont des termes gaulois, qui ne sont peut-être pas connu par certains.

Luginaissatis pou Lugnasad, Talantio pour Tailtiu, Lugus pour Lugh, Samonios pour Samain

 

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