Corent, un sanctuaire arverne

Cet été, j’ai eu l’occasion de passer quelques jours au sud de l’Auvergne.

La tentation était trop grande de prendre ma voiture et de remonter vers le nord, pour aller visiter ce lieu que je voulais tellement voir.

Corent est une commune située une vingtaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand. Sur le sommet du plateau, un oppidum gaulois de la période milieu du IIème siècle au milieu du Ier siècle avant Jésus Christ. Vous trouverez plein d’informations intéressantes sur ce site : Luern. Vous pourrez même y visiter une reconstitution en 3D de la ville gauloise 😉

Y aller début septembre m’a permis d’éviter la foule et d’y croiser peu de monde.

Lorsque je suis arrivée à proximité, j’ai bien ri. Il faut traverser le village « Le Pont des Goules » avant d’arriver à Corent. C’est un nom qui ne s’invente pas !  Puis nous montons une bonne pente, traversons Corent, avant d’arriver au plateau du sommet. Normal pour le site d’un oppidum. Mais jusqu’ici les photos que j’avais vu du site ne laisser pas voir ce relief.

A mon arrivée, juste deux personnes au loin. Des nuages qui flânent devant le soleil. Sur ma droite, au loin, on aperçoit le Puy de Dôme. Pour avoir passé des vacances à proximité et être montée à son sommet il y a deux ans, je trouve sa silhouette familière rassurante.

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Devant mois les fameux poteaux rouges qui marquent les dimensions de la place publique et du sanctuaire.

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« Le sanctuaire gaulois (100 – 50 av. J.C.) est une construction monumentale de terre et de bois, d’environ 50 mètres de côté, comprenant une galerie périphérique ouverte et deux petits temples.[…] Dans cet espace se tenaient régulièrement des banquets qui ont engendré de nombreux vestiges. » (Texte extrait d’un panneau d’information du site).

Les quatre poteaux symbolisent l’entrée monumentale.

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Le cadre magnifique, le calme, le fait d’avoir pris le temps de faire le vide dans ma tête en arrivant, m’ont rendu ce moment très précieux.  Ce lieu sacré que je voulais découvrir depuis quelques années, j’y étais enfin.

Après en avoir fait le tour, je me retrouve seule sur le site. Parfait. Je sors mes offrandes du sac : rouelle en bois maison, un morceau de pain au céréales et des tartelettes aux fraises de la Drôme (petit clin d’œil à un ami cher qui partage mes croyances).  Je m’adresse aux éléments, aux Dieux et Déesses, je salue la mémoire des Arvernes ayant vécu ici, je remercie sous les rayons du soleil. Après un court moment de recueillement, j’entends une portière qui claque et un homme qui appelle son enfant. Je m’empresse de mettre mes offrandes  à l’abri, afin qu’elles ne soient pas dérangées. Il était temps, un couple de personnes âgées vient d’arriver.

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Puis, je me suis assise sur le bord pour prendre  le temps de savourer cet instant. Quel paix. Un pur bonheur. Loin du tourbillon de la ville, des prises de têtes quotidiennes.

Et puis j’ai essayé de m’imaginer le sanctuaire à l’époque gauloise.  La grande place publique était-elle bruyante ? Entendait-on le bruit du bétail les jours de marché ? Le galop des cavaliers qui traversait la place ?

« La fondation du sanctuaire débute par la délimitation de son enceinte. Cette limite symbolique est matérialisée par un profond fossé creusé dans la roche volcanique, dans lequel était implantée une palissade en bois haute de 4 à 6 mètres. Elle s’interrompt à l’Est, pour ménager un dispositif d’entrée orienté en direction du soleil levant et du Puy  Saint-Romain. Cette première enceinte est rapidement remplacée par une galerie monumentale, d’environ 50 mètres de côté, pour 7 à 8 mètres de hauteur. Sa toiture est supportée, à l’extérieur par un puissant mur continu et en façade, par une colonnade de 12 à 13 gros poteaux de bois. » (Panneau d’information du site)

J’ai du mal à imaginer une structure de 7 à 8 mètres de haut ! L’équivalent d’une maison d’un étage. Une fois à l’intérieur, plus de panorama sur le Puy de Dôme donc. Et la hauteur devait masquer le bruit extérieur. L’image est maladroite, mais je ne connais pas d’équivalent. Entrer dans le sanctuaire devait être semblable à l’impression d’entrer dans le silence d’une église. Le ciel ouvert en plus 🙂 . Il semblerait que le sanctuaire était dédié aux divinités protectrice de la cité.  Que ressentait-on lorsqu’on banquetait à l’intérieur en communauté à la gloire de nos Dieux ? Quand on partageait la viande du sacrifice et le vin entre le divin et le clan ? M’y serai-je sentie aussi bien qu’en cet instant où j’apprécie de laisser ma peau à la caresse de vent et de laisser mon regard parcourir l’horizon ?

Quelle pouvait-être la vie quotidienne du (ou des) officiant(s) du sanctuaire ? Quels étaient les rites quotidiens ?  Beaucoup de questions, encore et toujours. 🙂  Dans tous les cas, je reviendrai.

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