L’Eau, la mer, la vie – Histoire élémentale

Je travaille actuellement sur l’élément Eau.
J’ai une base écrite. Un des textes que m’a donné un des druides de la Clairière de Ialos Ar Mor en Bretagne, responsable du Collège de la Kredenn Geltiek . Je ne le remercierai jamais assez pour m’avoir fournie tous ces cours, qui sont en eux-même un travail énorme de recherche, de regroupement d’informations et qui me servent de référence pour étudier et démarrer mes recherches et travaux personnels. J’avoue manquer de régularité et de constance dans mon travail. Mais j’ai besoin d’un certain état d’esprit et d’énergie pour m’y plonger.
Alors que nous souffrions de la canicule dans ma région, j’ai un peu travaillé sur l’Air. J’aurais pu travailler le Feu, la saison et le temps s’y prêtait. Mais j’avais tellement envie de souffle qui allégerait la température que je me suis naturellement tournée vers l’Air, le vent. Les jours suivants, le vent s’est levé. Quel soulagement ! Notre région subit régulièrement le souffle du Mistral et de la Tramontane. Mais ils se laissaient désirer ….. Ce travail sur l’Air est loin d’être terminé. Je sais que j’y retournerai le temps venu.
Pour mon travail sur les éléments, je ne sais jamais trop par où commencer. Alors je le fais à l’instinct. Je cherche ce que je peux trouver en lien avec la pensée celtique dans mes livres : vocabulaires, symboliques, etc, puis j’essaie de passer à pratique. Je vis à une vingtaine de kilomètres de la mer. La mer, j’y ai passé des heures et des heures durant mon enfance. J’ai un rapport presque charnel avec elle. Sauf que de nos jours, il y a un tel afflux de touristes, de difficultés à trouver une place pour se garer, sur la plage, ……. que je fuis tout ceci. C’est simple, je ne suis allée que deux fois à la plage cette année. Samedi et lundi derniers. Ne pas y aller de l’été m’aurait rendue malade. La mer est pour moi nécessaire. Une bouffée d’oxygène. L’approcher et sans même la voir, sentir l’iode dans la brise, entendre la respiration des vagues, quel bonheur…… Alors quand j’ai commencé à travailler l’Eau, quand j’ai eu cette discussion amicale où j’abordé le sujet de mon éventuel déménagement vers le centre de la France, aller voir la mer m’est devenu irrésistible.

mer

Ce samedi, arrivant en fin d’après-midi, j’étais surprise d’y voir encore tant de monde. Mais rien à voir avec le pic des touristes. Heureusement. L’eau était bonne, brouillée par le sable, malgré l’absence de vent et le peu de vague. Mais agréable. Je m’y suis plongée avec délice …… J’ai déposé une offrande dans l’eau. 3 billes de verre bleues, souvenirs de mon enfance où je les collectionnais et où le bleu de la mer me fascinait. Une pour mon amour pour elle, une pour mon respect et une pour le bien-être en retour qu’elle m’accorde et que j’aimerais lui accorder en retour. J’ai hésité sur la nature de cette offrande. N’était-ce pas la polluer ? Et j’ai eu le sentiment que non. Verre obtenu à partir du sable, qui retournera au sable.

Puis je m’y suis laissée allée. J’ai senti tout d’abord mon corps se détendre, mon esprit s’apaisait. Le regard tourné vers l’horizon, j’observais avec fascination les ondulations rider la surface de l’eau. Au loin, quelques voiliers, quelques bateaux à moteur bruyant qui passaient, et deux mouettes qui plongeaient pour pêcher. Quand je me sentis soulagée dans mon corps et mon âme, je me suis sentie  » me dissoudre  » dans la vaste étendue d’eau. Je me laissais bercée. Je mis même un moment avant de me rendre compte que je m’étais mise à chantonner. Peu de monde dans l’eau. J’étais moi, mais cela n’avait plus d’importance. Je me fondais dans l’immense masse marine, source de vie, lieu des origines. Je retrouvais ce sentiment oublié de faire partie d’un tout. Plus de frontière, plus de limite.
Puis,au bout d’un long moment, tout naturellement, comme si cela faisait partie de l’ordre des choses, je me suis réunie en moi-même. Je retrouvais les limites de mon épiderme. Quelle sensation à la fois douce et forte. Je me sentais purifée. Tracas, soucis, tensions internes et externes s’étaient dissoutes dans le sel de la mer. Je me sentais de nouveau régénérée, pleine de vie. Envie de rire pour rien, pour tout, juste là comme ça, maintenant. Un grand merci au fond du coeur, je suis sortie me sécher. J’ai mis du temps à partir, j’ai mis du temps à lui dire au revoir. Je voyais les vagues prendre de l’ampleur, la marée monter (oui, la marée existe en mer Méditerranée 😉 ) et j’ai réalisé que c’était l’action de la pleine lune qui s’éveillait. Je suis partie. Pour me rendre compte, plus loin sur la route, que j’avais raté de peu le lever de la lune au-dessus de la mer 😦 . Si javais su qu’elle se lèverait au sud, je serai restée l’admirer.

L’Eau abreuve, désaltère, hydrate.
L’Eau lave, purifie, raffraîchit ou réchauffe.
L’Eau salée dissous, nous ramène à la masse océanique des origines.

Et je me suis posée des questions sur mon rapport à la mer. Pour moi, la mer est féminine. Puissante, généreuse, violente. Donneuse de vie, donneuse de mort.  Cependant, je suis une fille ancrée à la Terre. Je suis une mauvaise nageuse et dès que je perds pied, je dois lutter contre la peur de couler, de l’inconnu, de mon imagination qui se représente les pires choses venir par en-dessous. Je fantasme la mer, je l’idéalise. Lieu de bénédiction et d’épanouissement, lieu de rêve et de beauté. Néanmoins, aurais-je le même rapport avec elle si j’étais fille de pêcheur ? Si je redoutais les disparitions d’un être cher au coeur d’une tempête ?

 » Ce n’est pas l’homme qui prend la mer,
C’est la mer qui prend l’homme « 

Et puis je me suis intéressée aux divinités liées à la mer. Celles que je connais : Neptune, Poséidon, Mannanan Mac Lyr, Yemanja. Trois dieux pour une déesse. La mer ou l’Océan sont-ils vu avant tout comme des divinités masculines ?
En cherchant un peu nous trouvons :
– chez les Grecs : Pontos le Flot (un des fils sans père de Gaïa, dieu archaïque), Océan (fils de Gaïa la Terre et d’Ouranos le ciel) mais aussi son épouse et soeur Thétys, Poséidon fils de Cronos et Rhéa (eux-même enfant d’Ouranos et Gaïa), son épouse Amphitrite, les néréides, etc. De nombreuses divinités sont liées à la mer, mais la primauté semble toujours attribuées à des divinités masculines.
– chez les Mésopotamiens : Apsou , dieu des eaux douces et Tiamat, déesse des eaux salées (et donc de la mer)
– chez les vikings : Njörd, dieu de la Mer et des Vent, un des dieux Vanes
– chez les chinois : Mazu, déesse féminine de la mer et des marins
Etc.

Finalement, les divinités de la mer peuvent être féminine ou masculine.
Je suis particulièrement touchée par la figure de Yemanja.
La première fois que j’ai découverte cette divinité, ce devait être dans le film Woman on top, film culinaire avec Pénélope Cruz qui débute au Brésil et passe par les USA.  Ce n’est pas un grand film mais j’avais adoré la bande originale de bossa nova.

[Si vous voulez écouter la bande annonce => Bande annonce Woman on Top ]

Il y a une scène où tout le monde est vêtu de blanc et lance des corbeilles de roses blanches et autres offrandes à la mer. A Yemanja. C’est simple, c’est beau et la ferveur des croyant est touchante.

Yemanjá statue
Déesse mère originaire d’Afrique, mère de toute vie, Yemanja fut ramenée avec les esclaves au Brésil. Devenue déesse du monde aquatique, elle est la protectrice des mères, des enfants et des pêcheurs. Elle est une déesse qui par la suite a été identifiée à la vierge Marie.
Pour en savoir plus, voir ici => Yemanja sur Wikipédia

Cette vision de déesse marine, avec mon ressenti et mon rapport à la mer, me parle énormément. Mes prières sont le plus souvent adressée à la Terre-Mère. Mais j’aime l’idée que cette grande Déesse-Mère, chère à mon cœur, soit également la Terre-Mer, car d’elle naît toute vie. Mais je ne renie pas pour autant le dieu Mananann Mac Lyr.

Et l’Eau douce ? Le rapport est ….. différent. Lorsque j’ai eu l’occasion de m’y baigner cet été, une eau claire et fraîche, c’était surtout dynamisant. L’eau douce est à la fois apaisante et revitalisante. Je n’y éprouve pas ce sentiment de me dissoudre dans la masse. Mais je laisse partir dans le courant ce à quoi je veux bien renoncer. Ce n’est pas toujours évident de lâcher prise sur ce qui est néfaste pour nous. Mais quand on l’accepte, l’Eau l’emporte avec amusement.

Il y aurait encore tant à dire sur l’élément de l’Eau, élément de la mémoire, des émotions, des illusions. Comme chaque élément, il a des aspects positifs et des aspects négatifs. Mais je vois également tous les Eléments comme des intermédiaires entre nous et le divin. A la fois dans notre monde et le leur, ils lui donnent matière pour permettre à notre corps physique de vivre. Ils nous apportent des enseignements sur nous-même, le monde qui nous entoure, mais également sur le divin. Ils nous aident à nous connecter et à nous transcender.

Lorsque je suivais les enseignements de Morgane Lafey, il y avait tout un travail à faire pour voir la part de chacun des éléments en nous. Un des exercices qui fut pour moi très difficile. Il n’est pas toujours évident d’être objectif et juste nous concernant.
Je suis Terre et Eau. Quelle surprise 😉 . Mais l’Air, élément de l’intellect et de la raison, y est également très présent. Par contre, le Feu est déséquilibré chez moi. Ce n’est peut-être pas pour rien, si je ne me suis pas sentie capable de l’aborder encore …….

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